LES ECHOS ET LES ARTICLES


22/03/2008

Le porte-parole de 'Sortir du nucléaire' convoqué par la DST

Document confidentiel défense sur la vulnérabilité du réacteur nucléaire EPR en cas de crash suicide.

Stéphane Lhomme convoqué par la DST, mardi 25 mars 2008 à 14h

Rassemblement de soutien mardi 25 mars à 12h30 devant les locaux nationaux de la DST
84 rue de Villiers à Levallois-Perret
Métro Anatole France (ligne 3)
José Bové sera présent ainsi que d’autres personnalités.
Un second rassemblement de soutien aura lieu devant les locaux régionaux de la DST
au 23 rue François de Sourdis à Bordeaux (ville où habite Stéphane Lhomme)


Le Réseau 'Sortir du nucléaire', Fédération de 810 associations, proteste contre la nouvelle mise en cause de son porte-parole Stéphane Lhomme par la DST (Direction de la surveillance du territoire) qui le convoque dans ses locaux de Levallois-Perret mardi 25 mars à 14h.

Il s'agit des suites de l'affaire du document 'confidentiel défense' qui reconnaît que, contrairement à ce que prétendent EDF, AREVA et les autorités françaises, le réacteur nucléaire EPR n'est pas conçu pour résister à un crash suicide réalisé avec un avion de ligne.

Le 16 mai 2006, sur ordre de la section antiterroriste du Parquet de Paris, la DST avait fait irruption à Bordeaux chez Stéphane Lhomme, porte-parole du Réseau 'Sortir du nucléaire', l'avait placé en garde à vue, soumis à interrogatoire pendant 15 heures, avait perquisitionné son appartement et saisi du matériel informatique et des dizaines de documents, dont une copie du fameux document 'confidentiel défense'.

Depuis, l'affaire semblait avoir été oubliée par la police et la justice, mais il apparaît clairement qu'il n'en est rien. Pour la seule détention de ce document'Confidentiel défense', Stéphane Lhomme risque 5 ans de prisons et 75 000 euros d'amende.

En réaction à l'intervention liberticide de la DST, le Réseau 'Sortir du nucléaire', de nombreuses autres associations, et plusieurs parlementaires avaient publié, dès le lendemain 17 mai 2006, une copie numérisée du document en question sur leurs sites web respectifs.

Le Réseau 'Sortir du nucléaire' estime que c'est pour lui un devoir absolu de faire connaître aux citoyens la vérité - fût-elle classifiée 'secret défense' - sur un sujet aussi crucial que l'énergie nucléaire et les risques extrêmes qu'elle fait courir.

La vulnérabilité du réacteur EPR en cas de crash suicide est une raison supplémentaire - en plus des tares bien connues du nucléaire : risques d'accident, production de déchets radioactifs, prolifération - pour ne pas construire ce réacteur : loin de céder devant les terroristes, il s'agit au contraire de ne pas leur offrir de cible pouvant convenir parfaitement à des gens aussi déterminés que mal intentionnés.

En conclusion, il est parfaitement injuste que Stéphane Lhomme et le Réseau 'Sortir du nucléaire' soient inquiétés par les autorités françaises et la justice :ils devraient au contraire être félicités pour exercer courageusement leur mission citoyenne en faveur de l'environnement et de la démocratie.

Contact presse (Stéphane Lhomme) : 06 64 100 333

Communiqué de presse du samedi 22 mars



21/03/2008

Inauguration du sous-marin nucléaire 'Le Terrible' : M. Sarkozy encourage la prolifération nucléaire

Comment demander à l'Iran de renoncer au nucléaire alors que la France améliore ses armes atomiques ?

Le Réseau 'Sortir du nucléaire' proteste contre le comportement irresponsable de la France qui, en améliorant continuellement ses armes atomiques, donne de parfaits prétextes à des pays, comme l'Iran ou d'autres, pour accéder à leur tour au nucléaire militaire. Ainsi, M Sarkozy inaugure le sous-marin nucléaire 'Le Terrible' à Cherbourg ce vendredi 21 mars 2008.

Avec la mise en service du sous-marin nucléaire 'Le Terrible', la mise au point du nouveau missile nucléaire M51, la construction près de Bordeaux du Laser Mégajoule pour mettre au point une nouvelle génération de têtes nucléaires, la France bafoue le Traité de non-prolifération (TNP) qu'elle a pourtant signé.

Le TNP ne se contente pas de prendre acte de ce que 5 pays (USA, Russie, Chine, Grande-Bretagne et France) ont officiellement des armes atomiques, il exige de chacun de ces pays qu'il s'engage 'à poursuivre de bonne foi des négociations sur des mesures efficaces relatives à la cessation de la course aux armes nucléaires à une date rapprochée et au désarmement nucléaire'. Il est clair que la France bafoue le TNP.

C'est donc avec un incroyable cynisme que M. Sarkozy se permet de faire régulièrement la 'morale' à l'Iran, soupçonné de vouloir accéder à l'arme atomique. Qui plus est, le président français ne comprend toujours pas que le nucléaire dit 'civil', qu'il entend développer et exporter à tout va, y compris vers des dictateurs comme M. Kadhafi, est une couverture parfaite pour un programme nucléaire militaire. Les Iraniens prétendent ainsi que leur programme nucléaire est 'civil'.

Il apparaît une fois de plus que nucléaire 'civil' et nucléaire militaire sont inextricablement liés et doivent être combattus ensemble pour donner une chance d'avenir à la planète. Les programmes du M51 et du Mégajoule devraient être stoppés, et le 'Terrible' devrait être désarmé, attribué à la recherche scientifique, et renommé : pourquoi pas le 'Pacifique' ?

Réseau 'Sortir du nucléaire' - Fédération de 810 associations - Communiqué du vendredi 21 mars 2008



19/03/2008

Mise à flot du SNLE-NG Le Terrible - Nicolas Sarkozy se jette à l'eau

Le déplacement du Président de la République à Cherbourg ce vendredi 21 mars pour une simple mise à l’eau du quatrième et dernier sous-marin nucléaire lanceur d’engins de nouvelle génération (SNLE-NG), Le Terrible, se veut un signal fort à la veille d’échéances importantes : pas de rupture dans la politique de la dissuasion nucléaire !

« L’objectif de ce déplacement est de réaffirmer la priorité de la dissuasion nucléaire de la France à coup de symbole au lieu d’ouvrir un véritable débat avec l’ensemble des citoyens sur l’utilité de l’arme nucléaire pour relever les nouveaux défis que sont, par exemple, la menace climatique ou la pauvreté ? »
souligne Patrice Bouveret, président de l’Observatoire des armements / CDRPC.

Pas question d’attendre 2010 que ce sous-marin entre en service actif pour aller le « baptiser » ! À l’heure où se préparent les derniers arbitrages au sein de la commission chargée d’élaborer le nouveau Livre blanc de la défense et de la sécurité nationale (prévu pour la mi-avril) et la nouvelle loi de programmation militaire pour les années 2009-2013… Sans compter les inquiétudes pesant tant sur les réductions d’effectifs militaires que sur la construction de nouveaux matériels, comme le second porte-avions, pour cause de coûts trop important en période de restriction budgétaire. À moins que le Président s’inquiète de l’écho favorable que pourraient rencontrer les « désobéissants » à l’occasion du troisième tir d’essai dans les Landes du futur missile nucléaire M-51, prévu pour les prochaines semaines ?

Le coût de ce quatrième SNLE-NG, va approcher les 2,5 milliards d’euros. Un montant 2,7 fois plus élevé (900 millions d’euros) que pour un SNLE de première génération. En pleine période de restriction budgétaire, les moyens affectés à la dissuasion continuent d’augmenter. Le projet de loi de finances 2008 consacre ainsi 3 367 millions d’euros en crédits de paiement ( 3 % par rapport à 2007) à l’effort de dissuasion. À ces crédits d’équipements, il faut encore rajouter notamment la part des crédits de fonctionnement de la force nucléaire, certains crédits de recherche et développement amalgamés avec d’autres lignes budgétaires…
Ce poids budgétaire va encore s’accentuer dès l’an prochain. La raison est simple : les programmes commandés au milieu des années 1990 arrivent « enfin » à leurs termes : SNLE-NG Le Terrible, missile M-51, Laser Mégajoule, missile ASMPA (air-sol moyenne portée, amélioré) emporté par les Rafale. Or toutes ces dépenses vont influer sur le report de certains programmes militaires conventionnels, comme sur la baisse d’autres budgets étatiques (culture, emploi, politique de la ville, écologie…), et donc sur le contribuable…

Face aux nouvelles menaces, la dissuasion nucléaire est-elle vraiment efficace ? Par le passé, les missiles nucléaires étaient braqués contre l’URSS et servaient à sanctuariser le territoire national. Aujourd’hui, selon le discours officiel, « la France ne se connait pas d’ennemi ». Pourtant, la France augmente la portée intercontinentale de ces missiles. Le Terrible, sera le premier SNLE-NG à être équipé des missiles M51 d’une portée d’environ 8000 kilomètres, permettant, par exemple, d’atteindre la Chine… Les scénarios d’emploi de l’arme nucléaire ne sont pas adaptés face aux nouvelles menaces (climatiques, environnementales, de mal-développement, etc.).

« Il est temps de mettre en place un véritable plan de désarmement nucléaire, comme la France s’y est engagée au sein des Nations unies notamment par sa signature du Traité de non-prolifération (TNP). »

Observatoire des armements / CDRPC



19/03/2008

La France va tester un missile nucléaire dans les Landes : des pacifistes vont tenter d’empêcher le tir

Des militants pacifistes annoncent leur intention de s’introduire sur le site militaire de Biscarrosse pour empêcher le tir du missile nucléaire M51

Biscarrosse (33), 19.03.2008.

Le gouvernement français est sur le point de procéder en secret au troisième tir d’essai du missile nucléaire M51, au Centre d’Essais et de Lancement de Missiles (CELM) des Landes, près de Bordeaux. Le tir est prévu pour jeudi ou, plus sûrement, vendredi matin, à la faveur des derniers jours des grandes manoeuvres de l’OTAN qui se déroulent depuis deux semaines au même CELM. Des militants du collectif « non au missile M51 » entendent retarder voire empêcher le tir, comme ils étaient parvenus à le faire pendant 48 heures en juin dernier, en s’introduisant sur le site militaire.

Nicolas Sarkozy doit se rendre vendredi à Cherbourg pour inaugurer le nouveau sous-marin lanceur d’engin « le Terrible », qui sera justement doté des missiles M51. Il en profitera certainement pour se féliciter du réarmement nucléaire de la France, qui viole pourtant l’article 6 du Traité de Non Prolifération et menace directement le Moyen-Orient ou la Chine, alimentant ainsi l’actuelle course aux armements. Sans doute confirmera-t-il à cette occasion la doctrine Chirac, exprimée en janvier 2006 lors d’un déplacement à la base nucléaire de l’Ile Longue. L’ancien président de la République avait alors déclaré que l’arme nucléaire pourrait être utilisée pour protéger les « approvisionnements stratégiques » de la France dans le monde, c’est-à-dire le pétrole, quitte à bombarder à l’arme nucléaire « une puissance régionale » et sa population. L’OTAN pourrait d’ailleurs servir de cadre à l’expression de cette stratégie : le troisième tir du M51, jeudi ou vendredi, viendra conclure deux semaines d’exercices également fort discrets de l’OTAN au Centre d’Essais des Landes. L’opération NAWAS 2008 portait justement sur l’entraînement des forces de l’OTAN à la guerre au Moyen-Orient et en environnement nucléaire ou bactériologique...

« Le gouvernement de N. Sarkozy développe une arme qui viole le Traité de Non Prolifération et ne peut qu’encourager l’Iran et d’autres pays à reprendre la course aux armes nucléaires pour assurer leur sécurité, s’indigne Xavier Renou, porte-parole du collectif « non au missile M51 ». Et pendant ce temps, les Français sont toujours privés du débat auquel ils ont droit sur l’avenir de l’arme nucléaire et des 15 milliards d’Euros du programme du missile M51. »

Contact : Xavier Renou, porte-parole du collectif « non au missile M51 » : 06 64 18 34 21

Plus d’informations sur la campagne et le collectif : www.nonaumissileM51.org

Collectif « non au missile M51 »



18/02/2008

Le Pentagone relance la guerre des étoiles

Terriens, dormez tranquilles, le Pentagone veille sur vous ! C'est la fable que le gouvernement et l'armée américaine répandent ces jours-ci pour justifier rien moins que leur future tentative de tir de missile (un SM-3 comme sur l'image ci contre lors d'un tir) sur satellite. Le prétexte ? L'un de leurs satellites espions - nom de code USA 193 NROL-21, hors contrôle pour cause de panne de son système propulsif, menace de tomber sur Terre aux environs du 6 mars, sur un lieu impossible pour l'instant à déterminer entre 58°N et 58°S. D'où la décision du Président Georges W. Bush de procéder à sa destruction. Comme pour tous les satellites espions en orbite basse, les débris de fusées et restes de lancement cette chute est inéluctable. Mais, après le tir des Chinois, le 12 janvier 2007, sur l'un de leur satellites météo, les Américains ont décidé de bomber le torse et de montrer, pour la première fois depuis le milieu des années 1980, qu'ils peuvent détruire un satellite. Pour justifier ce tir, les Etats-Unis ne reculent devant aucune argutie. Devant la conférence sur le désarmement de l'ONU à Genève, leur représentante Christina Rocca a justifié l'opération par la nécessité de protéger les populations de l'hydrazine du satellite, son carburant toxique. La déléguée américaine a même précisé que le missile allait viser 'le réservoir du satellite' afin de 'permettre à l'hydrazine de se dissiper'. Cet argument 'humanitaire'... fait sourire les spécialistes. Lorsqu'un satellite de ce type - une dizaine de tonnes, et avec son réservoir d'hydrazine pratiquement plein, soit au moins une demie tonne - rentre dans l'atmosphère à près de 30.000 km/h, il se désintègre et brûle. Si de grosses pièces de métal peuvent survivre à l'épreuve, tous les gaz et fluides brûlent intégralement. Le risque hydrazine est donc totalement nul. Quant à celui représenté par la chute de parties métalliques, il ne sera en aucun cas diminué par la destruction préalable par un missile. L'expérience montre que la probabilité qu'un de ces débris atteigne des personnes ou des bâtiments est très basse. La chute des débris de la navette columbia, 60 tonnes, sur le sol des Etats-Unis lors de sa destruction en vol le 1er février 2003, l'a encore une fois démontré. Alors que cherchent à faire les Etats-Unis ? Relancer la guerre des étoiles ? Ou plus simplement, riposter au tir chinois de janvier 2007 ? Les motifs de cette décision resteront offciellement obscurs... mais lorsque les Russes affirment qu'il s'agit d'un test de la défense antimissile balistique, il est difficile de les contredire.

En tous cas, les conséquences de ce tir de missile sont claires : un nouvel affaiblissement de l'action pour éviter la militarisation de l'espace. Alors que la Chine s'était fait sermoner après son tir qui a pollué une orbite précieuse pour l'observation de la Terre de plus de 2500 débris, le ministre de la Défense Cao Gangchuan annonce que son pays ne renouvellera pas cet exercice et condamne maintenant le futur tir américain. De leur côté, les Russes ont présenté, avec les Chinois, un projet de traité international à la Conférence sur le désarmement de l'ONU qui interdirait toute militarisation de l'espace circumterrestre - soit tout déploiement d'armes en orbite et tout usage de la force contre un objet spatial. Les Etats-Unis ont immédiatement refusé d'en discuter, arguant, selon la porte parole de la Maison Blanche, Dana Perino, qu'il serait 'impossible de vérifier son application'. Pour l'instant, seules les armes de destruction massive (bombes nucléaires) sont interdites d'espace selon un traité signé en 1967.

Source : Libération 18 février 2008



30/01/2008

LA FRANCE ENTRAÎNÉE DANS UNE GUERRE NUCLÉAIRE ?


Le porte avions USS Enterprise (CVN-55): 342 mètres de long, 85000 tonnes, plus de 5000 marins à bord, 8 réacteurs nucléaires, 85 avions...

Bernard Kouchner, chef de la Diplomatie Française, n’a pas exclu le recours à la guerre contre l’Iran, affirmant même qu’il fallait se préparer au pire. Alors que des signes inquiétants proviennent de l’administration Bush, la France pourrait, à l’inverse de sa position lors de l’invasion de l’Irak, suivre les États-Unis dans cette voie belliqueuse dont les raisons officielles sont encore une fois contestables.

Les déclarations du Président de la République et du Ministre des Affaires Etrangères Français, au sujet d’une option militaire contre l’Iran, n’ont pas manqué d’inquiéter les observateurs sur les conséquences pour la France de cet alignement sur Washington.

Un plan d’attaque déjà prêt

On sait que parmi les scenarii explorés par le Pentagone figure bien entendu celui d’une attaque aérienne massive contre l’Iran, dans laquelle la Vème flotte US serait fortement engagée.
Cette campagne débuterait depuis la mer (tirs de missiles et raids aériens) et devrait être couverte par des systèmes de défense anti-missiles pour contenir les effets d’une riposte iranienne sur les troupes US déployées dans la région, ainsi que sur leurs alliés.
Mais on sait aussi que l’hypothèse de l’emploi d’armes nucléaires contre l’Iran est évoquée. L’Iran possède en effet une armée puissante et certains systèmes de missiles conventionnels qui pourraient faire subir aux forces US des pertes importantes. Certains proches de G.W. Bush n’hésitent pas, dans ce cadre, à pousser à l’emploi d’armes nucléaires contre l’Iran. Mais tout ne se passerait pas aussi facilement que prévu...

Des simulations inquiétantes

Une importante simulation de guerre effectuée par le Pentagone a en effet montré que dans le cas d’un conflit majeur avec l’Iran, c’est presque toute la Vème flotte US qui pourrait être coulée.
Cela signifie la destruction du porte avions nucléaire USS Enterprise, des croiseurs et bâtiments d’accompagnement, et la mort d’au moins 5 000 marins.
On se rappelle que huit généraux US avaient ouvertement demandé la démission de Donald Rumsfeld, considérant que le déploiement de la Vème flotte de l’US Navy dans le Golfe Persique n’était là que pour justifier, par sa destruction, une attaque nucléaire sur l’Iran. De nouveau, la presse a fait état de l’opposition de l’amiral commandant l’United States Central Command (CENTCOM - d’où seraient conduites les opérations contre l’Iran), déclarant que si l’ordre d’une frappe nucléaire lui était donné, il refuserait de le suivre et présenterait sa démission avec celle de tout l’état-major du CENTCOM.

L’Etat-Major US réticent

Cette « résistance » d’officiers d’état major s’ajoute àla récente publication par la Direction du Renseignement National US d’un rapport s’inscrivant en faux contre les arguments du Président des USA sur la prétendue bombe nucléaire iranienne.
Le New York Times a écrit à ce sujet que jamais un rapport de services de renseignements n’avait si complètement et si soudainement modifié le cours d’un débat de politique étrangère, prenant le contre pied du Président. Le Directeur de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA), Mohammed El Baradei, indiquait aussitôt que ce rapport confirmait les éléments régulièrement apportés par l’AIEA sur l’absence de preuves de programme nucléaire militaire iranien.

Des fuites organisées ?

Un autre fait troublant, peu évoqué par les médias en France mais qui fut l’objet d’une curieuse controverse aux Etats-Unis fut celui du B-52 survolant le territoire US avec des bombes nucléaires. Ce B-52, après avoir décollé cet été de la base de Minot (Dakota-du-Nord) se posa sur la base de Barksdale (Louisiane) chargé de plusieurs missiles armés de têtes nucléaires. Ce qui suscita l’interrogation fut bien entendu le fait que Barksdale est connue comme base de départ pour les opérations militaires US au Moyen-Orient. La préparation d’une attaque nucléaire contre l’Iran (sinon contre quel autre pays du Moyen Orient ?) fut donc aussitôt évoquée. Mais ce qui surprit tout autant certains observateurs fut qu’une telle information parvînt à l’extérieur de la base, sachant que des B-52 y atterrissent sans cesse (sans que personne ne sache évidemment s’ils transportent des charges nucléaires ou pas). Serait-il possible que quelqu’un de bien informé ait voulu faire savoir à l’époque, par la révélation de ces faits, que l’administration Bush était en train de mettre en place des bombes atomiques contre l’Iran ?
Certaines difficultés et contradictions ne manquent donc pas de transparaître au sein même de l’administration US, concernant une éventuelle attaque contre l’Iran. On sait en tous cas que l’hypothèse nucléaire n’est plus une fiction. On peut donc se demander si un vrai débat aura lieu en France sur sa participation à une telle guerre. Car personne ne pourra dire qu’il ne savait pas...

Denis Anselmet


La vulnérabilité de la Vème flotte US face à certains missiles iraniens

L’Iran dispose de missiles de croisière qui pourraient détruire en grande partie la Vème flotte US. Cette dernière a son QG dans l’état de Bahrein, dans le Golfe Persique.
Sa taille a atteint un maximum de 5 porte-avions et de 6 porte-hélicoptères durant l’invasion de l’Irak. Elle est composée plus généralement du porte-avions USS Enterprise (CVN-65), de 2 porte-hélicoptères et des bâtiments d’accompagnement. Sa base n’est qu’à 150 miles marins de la côte iranienne et n’importe quel bâtiment de l’US Navy, en opération dans le Golfe Persique, se trouverait à portée de la côte rocheuse de l’Iran, où sont disséminés les lanceurs de missiles iraniens les plus redoutables.
Ces missiles ont été achetés à la Russie et à la Chine à la fin des années 1990. Les plus sophistiqués sont les « Sunburn » et les « Yakhont ». Ce sont des missiles contre lesquels les bâtiments de guerre US n’ont pour l’instant pas de parade efficace connue.

Les missiles Sunburn et Yakhont

Le missile SS-N-22, dit « Sunburn », atteint la vitesse de mach 2,5. Il est furtif et possède une portée de 130 miles. Sa tête explosive est capable de détruire à elle seule la plupart des bâtiments de guerre actuels. Plus préoccupant encore est le SSN-X-26 de fabrication russe, dit « Yakhont ». C’est un missile de croisière d’une portée de 185 miles, qui a été mis au point tout spécialement pour détruire les porte-avions.
Les missiles Yakhont comme les missiles Sunburn sont conçus pour esquiver les radars de surveillance Aegis, actuellement en service sur les bâtiments de l’US Navy, grâce à leur technologie furtive et à leurs manoeuvres en vol à très basse altitude. Dans leur approche terminale, ces missiles adoptent des trajectoires d’esquive leur permettant d’échapper également aux tirs anti-missiles terre-mer.
Cette menace est si importante que le Pentagone a pris la décision, en 2007, de mettre en attente la production de tous les nouveaux types de porte-avions, tant qu’une défense anti-missile efficace n’aurait pas été trouvée.

La stratégie du pire ?


La capacité de l’Iran à cacher et lancer de tels missiles de croisière à partir des replis montagneux de sa côte rend très vulnérable une flotte évoluant dans le Golfe. Les simulations effectuées à ce sujet par le Pentagone ont laissé entrevoir la destruction d’une grande partie de la Vème flotte US (avec plus de 5 000 marins et 8 réacteurs nucléaires sur le seul porte-avions USS Enterprise). Une attaque par missiles de croisière iraniens dépasserait ainsi les pertes enregistrées à Pearl Harbour, où l’envoi par le fond de 5 bâtiments, la destruction de 188 avions et la mort de 2 300 soldats US avait entraîné la déclaration d’une guerre « totale » contre le Japon... aboutissant à l’emploi des premières armes nucléaires.
Les néoconservateurs de l’administration Bush, qui ont parfaitement conscience de cette vulnérabilité de la Vème flotte, pourraient ainsi – selon certains observateurs – chercher la justification d’une guerre « totale » contre l’Iran incluant l’emploi d’armes nucléaires. D’où les réactions outre atlantique, jusqu’au sein des états-majors...
Et en France ?

Source : http://association.icd.free.fr

DOSSIER : La menace d’une guerre en Iran - Revue L'arme et la Paix - Janvier 2008



29/01/2008

L’Iran : une menace pour le dollar


Le redécoupage du Moyen-Orient selon certains conservateurs US. La carte se nomme laconiquement «After». Après quoi ? serait-on tenté de demander. Comment peut-on sérieusement imaginer bouleverser à ce point une région du monde sans imaginer une terrible succession de conflits ? De deux choses l’une : soit les auteurs de ces scenarii sont naïfs, soit ils ont un intérêt particulier à jeter constamment de l’huile sur le feu.
(1) Pays dont le territoire actuel est amputé.
(2) Pays nouveaux ou dont le territoire est agrandi.



DOSSIER - La menace d’une guerre en Iran

Les observateurs relient classiquement les motivations d’une guerre contre l’Iran, après celle contre l’Irak, à plusieurs facteurs. Aux réalités géostratégiques d’une part, qui font qu’après avoir fait tomber l’Irak, les USA ont de fait conféré à l’Iran le statut de nouvelle puissance dominante de la région. À des objectifs de remodelage complet du proche et du moyen orient, ensuite, qui s’inscrirait dans un redécoupage général de la région selon les cartes de partition établies depuis des décennies déjà par certains cercles conservateurs US (cf. la « Greater Middle East Initiative », dont nous présentons ci-dessous une carte synthétique). Le « mobile » énergétique évidemment, dans une région qui recèle selon les estimations actuelles près des deux tiers des réserves mondiales d’hydrocarbures et dont les USA détiennent à ce jour (avec l’Irak) près de 50%. Une dynamique « d’empire » également, s’appuyant sur une logique de conflits armés permanents permettant le maintien d’une suprématie US par le fait militaire, y compris face à l’Europe et au Japon. La poussée des lobbies pétroliers et militaires, auxquels la plupart des membres de l’équipe Bush sont liés bien entendu... et les profits fabuleux engrangés au travers de ces différents conflits.

Le pétrodollar, nerf de la guerre

On connaît un peu moins les dessous monétaires de ces conflits, sur lesquels il peut être intéressant de faire un petit focus. Pour réagir à la chute de confiance dans le dollar (voir encadré) et à l’abandon forcé de la convertibilité du dollar en or, les USA avaient imaginé dans les années 70 un moyen très efficace pour obliger les pays de la planète à détenir des dollars : les pétrodollars. Grâce à un accord passé avec la dynastie des Saoud (contre la protection militaire US de leur dictature), l’Arabie Saoudite s’engagea alors à ne plus accepter que des règlements en dollars pour son pétrole, et réussit à lier l’ensemble des pays de l’OPEP à cet engagement. Durant des décennies, tous les pays du globe ayant besoin de s’approvisionner en pétrole durent donc acquérir des dollars pour le payer, et soutenir ainsi la monnaie nord-américaine. Grâce à ce soutien artificiel du dollar, les USA purent émettre de la monnaie autant que de besoin, pour financer leurs dépenses – militaires notamment – et leur très important déficit (environ 700 milliards de dollars par an).
Mais le 6 novembre 2000, le gouvernement irakien annonça qu’il allait cesser d’accepter des dollars pour son pétrole, au profit de l’euro. La seule « arme secrète » de l’Irak aura-t-elle été de violer le premier la règle « pétrole = dollar » ? En tous cas, une des mesures immédiatement prise après l’invasion de l’Irak fut de ré instaurer le dollar US comme seule monnaie de paiement du pétrole irakien. Mais d’autres pays exportateurs de pétrole se mirent à leur tour à évoquer des paiements en euro...

Plus fort que la bombe H : l’euro

Et voilà que l’Iran annonce la mise au point d’une « arme nucléaire » qui pourrait rapidement et fortement nuire au système financier US ; la création d’une bourse du pétrole en euros. En termes économiques, le danger pour le dollar est bien plus grand que celui représenté naguère par le projet irakien (dans le cadre du programme « pétrole contre nourriture »), parce que cela permettrait à n’importe quel pays, désireux d’acheter ou de vendre du pétrole en euros, de court-circuiter le dollar. Et dans ce cas, il se dit que beaucoup de monde adopterait avec enthousiasme l’euro comme monnaie de paiement. Les Européens n’auraient plus à acheter des dollars pour payer leur pétrole, et pourraient employer leur propre devise. Les Chinois et les Japonais seraient heureux d’adopter cette nouvelle monnaie d’échange pour le pétrole, parce que cela leur permettrait de réduire leurs énormes réserves de dollar pour se protéger de ses dévaluations. Les Russes auraient un grand intérêt à adopter l’euro, une grande partie de leurs échanges s’effectuant avec les pays européens, les pays exportateurs de pétrole, la Chine et le Japon. Les pays Arabes exportateurs de pétrole, face à leurs montagnes de dollars dévalués, pourraient adopter également l’euro en bons pères de famille...
Si la bourse iranienne de pétrole devait prendre son envol, elle pourrait ainsi être adoptée par de grandes puissances économiques et précipiter la chute du dollar.

Denis Anselmet


L’origine du pétrodollar

On se rappelle qu’après la seconde guerre mondiale les États-Unis d’Amérique possédaient environ 80% des réserves d’or de la planète, et que la moitié des transactions monétaires internationales utilisaient le dollar. Mais les choses se détériorèrent au fil des ans (coûts des guerres de Corée et du Vietnam notamment). En 1965,le système financier américain fut une première fois mis à rude épreuve lorsque de Gaulle exigea que les États-Unis s’acquittent en or de leur dette de 300 millions de dollars. Cette crise atteignit son apogée lorsqu’en 1970-1971 d’autres banques centrales étrangères tentèrent de convertir en or leurs réserves de dollars. Le gouvernement des États-Unis dut suspendre la convertibilité du dollar en or le 15 août 1971 (et acter de fait son incapacité à honorer ses engagements). Si les gouvernements et les banques centrales avaient essayé de convertir en une seule fois ne fût-ce qu’un quart de leurs réserves de dollars, les États-Unis se seraient en effet trouvés dans l’impossibilité d’honorer leurs obligations. Ainsi prenait fin le système instauré par les Accords de Bretton Woods. Cette crise traduisait une perte significative de confiance dans le dollar. À partir de ce moment, il fallait que les États-Unis trouvent un nouveau moyen qui obligerait le reste de la planète à détenir des dollars : le pétrole la leur fournit et le « pétrodollar » devint la solution.


Iran : les forces navales françaises et US prêtes à des opérations communes

Des Rafales de la Marine nationale se sont entraînés à apponter, décoller, et à effectuer des séries de Touch and Go (TAG) sur les porte-avions nucléaire USS Enterprise et USS Eisenhower. Il s’agit d’avancées importantes dans « l’interopérabilité » entre les forces navales françaises et US. Pour l’occasion, de nombreux diplomates et représentants des deux armées étaient présents dont Craig Stapleton, ambassadeur des États-Unis en France, et l’amiral Alain Oudot de Dainville, chef d’état-major de la Marine française.
Techniquement, ces opérations ont été facilitées par le fait que le porte-avions Charles de Gaulle est déjà équipé de catapultes et de brins d’arrêts nord-américains. Il s’est donc agi surtout de valider les “systèmes d’alignement” de l’avion pour leur permettre de se présenter correctement sur les porte-avions US. (Vidéo de ces exercices sur http://www.dailymotion.com/video/x2sx6z_rafales-francais-sur-the-uss-enterp_extreme ).
Des avions de l’US Navy (F 18) se sont de leur côté entraînés à se poser et décoller du porte-avions nucléaire français Charles de Gaulle.
Il faut rappeler qu’en matière d’aéronavale, la coopération franco-nord-américaine est importante. Des équipements aussi indispensables que les catapultes ou les ascenseurs permettant de monter les avions sur le pont d’envol du Charles de Gaulle ont été achetés par la France aux Etats-Unis.
Par ailleurs, la formation des pilotes français de l’aéronavale s’effectue en partie aux Etats-Unis. Quant aux avions de guet aérien Hawkeye, mis en oeuvre par le porte-avions français Charles de Gaulle, ils ont été achetés directement outre-atlantique.
Les forces aéronavales françaises et US sont donc prêtes à des opérations communes, en Iran comme ailleurs.

Source : http://association.icd.free.fr

DOSSIER : La menace d’une guerre en Iran - Revue L'arme et la Paix - Janvier 2008



27/01/2008

Londres est prêt à oeuvrer à un désarmement nucléaire total

Lors de sa récente visite en Inde, le premier ministre britannique, Gordon Brown, a abordé la question du nucléaire civil et militaire. Précédant de quelques jours Nicolas Sarkozy, il a déclaré, le lundi 21 janvier, devant la Chambre de commerce de Delhi que son pays sera 'à l'avant-garde de la campagne internationale pour accélérer le désarmement parmi les pays possesseurs (de l'arme nucléaire), pour prévenir la prolifération à de nouveaux Etats et, en dernier ressort, pour parvenir à un monde libéré des armes nucléaires'. La Grande-Bretagne est prête à mettre son expertise au service d'une 'véritable' élimination des têtes nucléaires, a-t-il ajouté.

Une telle démarche, extrêmement rare de la part du chef de gouvernement d'un pays possédant l'arme nucléaire, s'inscrit dans la perspective de la prochaine conférence de révision du traité de non-prolifération (TNP) qui doit avoir lieu en 2010. Ce traité, datant de 1968, interdit théoriquement la possession de l'arme nucléaire aux pays qui ne la possédaient pas à l'époque. Il enjoignait, en contrepartie, aux cinq puissances nucléaires (les Etats-Unis, l'URSS, la Chine, la Grande-Bretagne et la France) de progresser vers un désarmement total. Si des accords de limitation ont été passés entre Washington et Moscou - les détenteurs des plus importants arsenaux -, l'objectif de la disparition des armes nucléaires n'a jamais été sérieusement envisagé.

'LA COURSE EST TERMINÉE'

C'est un des arguments avancés par les Etats qui ne respectent pas le TNP, soit qu'ils ne l'ont pas signé, soit qu'ils n'en respectent pas les principes. En annonçant que Londres est décidé à remplir la totalité de ses engagements, M. Brown veut 'envoyer un signal fort à tous les membres de la communauté internationale : la course vers la constitution de stocks toujours plus nombreux et plus vastes de moyens nucléaires de destruction est terminée'.

Le premier ministre a aussi attiré l'attention sur le fait que l'intérêt croissant pour le nucléaire civil dans un nombre d'Etats de plus en plus grand porte en lui-même 'un risque accru de prolifération nucléaire à des fins militaires'. Pour lui, la mise à la disposition de ces pays de la technologie nucléaire civile - y compris l'enrichissement de l'uranium - doit être conditionnée à 'l'engagement ferme' de ces pays à respecter les normes les plus strictes de non-prolifération militaire, sous la surveillance renforcée de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

Daniel Vernet - LE MONDE 26.01.08 - Article paru dans l'édition du 27.01.08.



25/01/2008

La France bafoue le Traité de non-prolifération en tentant d'exporter du nucléaire en Inde

M. Sarkozy ferait bien de prendre exemple sur l'Australie qui se refuse à exporter de l'uranium vers l'Inde alors qu'elle en tirerait beaucoup d'argent.

Le Réseau 'Sortir du nucléaire' dénonce une nouvelle fois les efforts de M. Sarkozy pour disséminer les technologies nucléaires au détriment de l'environnement mais aussi des règles internationales de non-prolifération.

En effet, en essayant de vendre des réacteurs nucléaires en Inde, pays non-signataire du Traité de non-prolifération (TNP), la France encourage les pays qui, comme l'Iran, la Libye ou la Corée du Nord, envisagent, plus ou moins secrètement, de se doter de l'arme atomique.

Il est très regrettable de voir M. Sarkozy se glisser dans les pas de M. Bush qui, de façon tout aussi irresponsable, entend passer un accord nucléaire avec l'Inde.

M. Sarkozy devrait prendre exemple sur le nouveau gouvernement australien qui, mardi 15 janvier, a clairement signifié aux Indiens qu'ils ne leur vendraient pas d'uranium (*) puisqu'ils ne sont pas signataires du traité de non-prolifération.

Par ailleurs, au-delà de la question de la prolifération, le nucléaire reste une des pires calamités environnementales. Le Réseau 'Sortir du nucléaire' dénonce l'aveuglement de M. Sarkozy qui, contre toute évidence, continue à prétendre que le nucléaire serait une énergie 'propre'. Or, le nucléaire est coupable de graves pollutions :

- contamination de l'environnement par les mines d'uranium, comme par exemple eu Niger où la multinationale Areva est coupable de graves pollutions.

- rejets radioactifs et chimiques des réacteurs nucléaires dans les rivières et les océans. Il est à noter, c'est peu connu, que le parc nucléaire EDF est un des premiers pollueurs chimiques de France.

- contamination de la planète pour des millénaires du fait des déchets radioactifs et des accidents comme celui de Tchernobyl.

Une fois de plus, M. Sarkozy démontre que le nucléaire nuit autant à la démocratie qu'à l'environnement.

(*) Même si l'Australie a d'autres débouchés pour son uranium, elle pourrait faire monter les prix – et donc gagner plus d'argent – en acceptant les offres de l'Inde.

Réseau 'Sortir du nucléaire' – Fédération de 800 associations - Communiqué du vendredi 25 janvier 2008



24/01/2008

Selon l'Otan, Une attaque nucléaire préventive est une option-clé

Selon un manifeste radical pour une nouvelle Otan, écrit par cinq des plus hauts officiers et stratèges militaires, l'Ouest doit être prêt à se résoudre à une attaque nucléaire préventive pour stopper la propagation 'imminente' des armes nucléaires et autres armes de destruction massive [ADM].

Appelant à une réforme complète de l'Otan et à un nouveau pacte rapprochant les Etats-Unis, l'Otan et l'Union Européenne, vers une 'stratégie spectaculaire' pour maîtriser les défis posés par un monde de plus en plus brutal, les anciens chefs des forces armées des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne, de l'Allemagne, de la France et des Pays-Bas, insistent sur le fait que l'option d'une 'primo attaque' nucléaire reste un 'instrument indispensable' puisqu'il n'y a 'simplement aucune perspective réaliste d'un monde dépourvu d'armes nucléaires'.

Ce manifeste a été écrit à la suite de discussions entre des commandants d'active et des décideurs politiques, dont beaucoup sont incapables ou ne veulent pas faire connaître publiquement leurs points de vue. Il a été présenté au Pentagone à Washington et au secrétaire général de l'Otan, Jaap de Hoop Scheffer, au cours des dix derniers jours. Ces propositions seront probablement discutées au sommet de l'Otan, qui se tiendra à Bucarest en avril.

'Le risque d'une plus grande prolifération [nucléaire] est imminente et, avec elle, le danger que le combat nucléaire, bien que limité dans son étendue, puisse devenir possible', ont argumenté les auteurs dans un projet de 150 pages appelant à des réformes urgentes de la stratégie et des structures militaires occidentales. 'L'usage en premier d'armes nucléaires doit rester, lors de frémissements d'une escalade, comme l'instrument ultime pour empêcher l'utilisation d'armes de destruction massive'.

Les auteurs - le Général John Shalikashvili, ancien président des forces interarmées des Etats-Unis, l'ex-commandant suprême de l'Otan en Europe, le Général Klaus Naumann, ancien chef de l'armée allemande, l'ex-président du comité militaire de l'Otan, le Général Henk van den Breemen, ancien chef d'état-major hollandais, l'Amiral Jacques Lanxade, ancien chef d'état-major français, et Lord Inge, maréchal et ancien chef d'état-major du Royaume-Uni - ont dressé un tableau alarmant sur les menaces et les défis auxquels l'Ouest est confronté dans le monde de l'après 11 septembre et ils ont livré un verdict cinglant sur la capacité à y faire face. Les cinq chefs militaires soutiennent que les valeurs et la façon de vivre occidentales sont menacées, mais que l'Ouest lutte pour appeler à la volonté de les défendre. Les menaces-clés sont les suivantes :

- Le fondamentalisme politique et religieux ;
- Le 'côté sombre' de la mondialisation, c'est à dire le terrorisme international, le crime organisé et la propagation des ADM ;
- Le changement climatique et la sécurité énergétique, entraînant une compétition pour les ressources et une migration 'environnementale' potentielle sur une échelle massive ;
- L'affaiblissement de l'Etat-nation, ainsi que celui des organisations telles que l'ONU, l'Otan et l'UE.

Pour convaincre, ces généraux appellent à une révision des méthodes de prise de décision de l'Otan et à un nouveau 'directoire', constitué des dirigeants étasuniens, européens et de l'Otan. Parmi les changements les plus radicaux exigés se trouvent :

- Un changement dans la prise de décision dans les organes d l'Otan, passant du consensus au vote à la majorité, signifiant une action plus rapide avec la fin des vetos nationaux ;
- L'abolition des notifications d'opposition nationales dans les opérations de l'Otan, comme celles qui ont empoisonné la campagne afghane ;
- Aucun rôle dans la prise de décision sur les opérations de l'Otan pour les membres de l'alliance qui ne prennent pas part aux opérations ;
- L'usage de la force sans l'autorisation du Conseil de Sécurité de l'Onu, lorsqu'une 'action immédiate est nécessaire pour protéger un grand nombre d'êtres humains'.

Dans le sillage de la dernière querelle sur la performance militaire en Afghanistan, déclenchée lorsque le secrétaire US à la défense, Robert Gates, a dit que certains alliés étaient incapables de conduire la contre-insurrection, les cinq personnages de premier plan au cœur de l'establishment militaire occidental déclarent aussi que l'avenir de l'Otan est sur la brèche dans la province du Helmand.

'La crédibilité de l'Otan est en jeu en Afghanistan', a déclaré Van den Breemen.

'L'Otan est à un carrefour et encourt le risque de l'échec', selon le manifeste.

Naumann a livré une attaque cinglante contre la performance de son propre pays en Afghanistan. 'Le temps est venu pour l'Allemagne de décider si elle veut être un partenaire fiable'. En insistant sur les 'règles spéciales' concernant ses forces en Afghanistan, le gouvernement de Merkel à Berlin a contribué à la 'dissolution de l'Otan'.

Ron Asmus, le chef du groupe de réflexion du Fonds Marshall Allemand à Bruxelles et ancien haut fonctionnaire du département d'Etat américain, a décrit ce manifeste comme 'un appel à se réveiller'. 'Ce rapport signifie que le cœur de l'establishment de l'Otan dit que nous avons des problèmes, que l'Ouest est à la dérive et que nous ne faisons pas face aux défis'.

Naumann a concédé que le maintien du projet de l'option d'une primo attaque nucléaire était 'controversée', même parmi les cinq auteurs. Inge a argumenté que 'nous lier les mains avec une primo utilisation ou non supprime un pan énorme de la dissuasion'. Se réserver le droit d'initier une attaque nucléaire était un élément central de la stratégie occidentale de la Guerre Froide pour vaincre l'Union Soviétique. Les détracteurs soutiennent que ce qui était un instrument productif pour intimider une superpuissance n'est plus approprié.

Robert Cooper, un façonneur influent de la politique étrangère et de sécurité européenne à Bruxelles, a dit qu'il était 'déconcerté'. 'Peut-être allons-nous utiliser les armes atomiques avant les autres, mais je montrerais de la circonspection pour le dire à voix haute'. Un autre responsable de l'UE a dit que l'Otan avait besoin de 'repenser sa posture nucléaire parce que le régime de non-prolifération nucléaire est énormément sous pression'.

Naumann a suggéré que la menace d'une attaque nucléaire était le conseil du désespoir. 'La prolifération s'étend et nous avons très peu d'options pour l'arrêter. Nous ne savons pas comment la traiter'.

L'Otan avait besoin de montrer qu'il y a 'un gros bâton que nous pourrions utiliser s'il n'y a aucune autre option', a-t-il déclaré.

Les Auteurs :

John Shalikashvili

Militaire le plus important des Etats-Unis sous Bill Clinton et ancien commandant de l'Otan en Europe, Shalikashvili est né à Varsovie de parents géorgiens et à émigré aux Etats-Unis à l'apogée du stalinisme en 1952. Il est le premier émigré aux Etats-Unis à avoir gravi les échelons pour devenir un général quatre-étoiles. Il a commandé l'Opération Apporter du Confort, au nord de l'Irak, à la fin de la première guerre du Golfe. Ensuite il est devenu Saceur, le commandant suprême des alliés de l'Otan en Europe, avant que Clinton ne le nomme président de l'état-major interarmées en 1993, un poste qu'il a tenu jusqu'à sa retraite en 1997.

Klaus Naumann

Considéré comme l'un des tout premiers stratèges militaires de l'Allemagne et de l'Otan, Naumann a servi en tant que commandant des forces armées de son pays entre 1991 et 1996, lorsqu'il est devenu président du comité militaire de l'Otan. Sous son mandat, l'Allemagne a surmonté son tabou d'après Deuxième Guerre Mondiale concernant les opérations de combat, avec la Luftwaffe qui s'est envolée pour la première fois depuis 1945 dans la campagne aérienne de l'Otan contre la Serbie.

Lord Inge

Le Maréchal Peter Inge est l'un des tout premiers officiers de Grande-Bretagne, qui a servi en tant que chef d'état-major entre 1992 et 1994, puis comme chef de l'état-major de la défense entre 1994 et 1997. Il a aussi servi dans l'enquête Butler sur les armes de destruction massive de Saddam Hussein et dans les services secrets britanniques.

Henk van den Breemen

Organiste accompli qui a joué à l'Abbaye de Westminster, Van den Breemen est l'ancien chef d'état-major néerlandais.

Jacques Lanxade

Amiral français et ancien chef de la navale, il a été aussi chef d'état-major de la défense française.

Article original en anglais, 'Pre-emptive nuclear strike a key option, Nato told', The Guardian, 22 janvier 2008.

Traduction : JFG/QuestionsCritiques, http://questionscritiques.free.fr
Articles de Ian Traynor publiés par Mondialisation.ca

par Ian Traynor - Mondialisation.ca, Le 24 janvier 2008 - The Guardian



20/01/2008

Non à une base militaire française à Abu-Dhabi

N. Sarkozy et l'émir d'Abu Dhabi le 15 janvier 2008

Les médias viennent de faire écho à l’accord qui aurait été signé entre le président Sarkozy et l’Emirat d’Abu-Dhabi concernant l’installation prochaine d’une base militaire française sur ce territoire.
Cette base navale destinée à accueillir les navires de guerre français, y compris les sous-marins porteurs d’armes nucléaires, serait implantée au débouché du détroit d’Ormuz en face de l’Iran, dans une zone considérée comme stratégique pour l’approvisionnement énergétique.


Le Mouvement de la Paix s’étonne qu’une telle décision puisse être prise sans consultation de la représentation nationale. Elle est une manifestation supplémentaire de la nouvelle politique étrangère menée par le président de la République dans laquelle la force militaire devient le levier essentiel de l’action de la France dans le monde.

Devant la situation politique de cette zone « sensible », une telle décision apparaît comme une provocation dans les rapports avec l’Iran et comme un premier pas vers une action éventuelle de guerre contre ce pays. Elle rajoute de la tension dans une région qui a besoin de dialogues et d'initiatives diplomatiques internationales de paix.

Aujourd’hui, la France et les USA demeurent les seuls pays à maintenir des bases militaires en dehors de leur territoire. Cette stratégie de quadrillage de la planète basant la sécurité du monde sur la militarisation, est illustrée par les bases que les USA cherchent à implanter en République tchèque et en Pologne dans le cadre de leur bouclier antimissile.

Pour le Mouvement de la Paix, la sécurité dans les rapports internationaux passe par des négociations pour régler les éventuelles tensions et conflits et non par les démonstrations de force.

Au-delà de la dimension sécuritaire, le Mouvement de la Paix s’étonne qu’on puisse engager de telles dépenses au moment où le gouvernement réduit tous les budgets sociaux arguant des difficultés financières de l’État Français.

Le conseil national du Mouvement de la Paix réuni à Créteil les 19 et 20 janvier 2008,

* exprime une ferme opposition à cette nouvelle base militaire, et rappelle sa demande de retrait de toutes les bases militaires françaises des territoires des anciennes colonies,
* demande que la France prenne des initiatives pour que les États nucléaires signataires du TNP s’engagent pour le désarmement nucléaire ouvrant ainsi la voie au règlement pacifique de la crise iranienne,
* propose d’engager une action nationale contre l’installation de cette nouvelle base militaire en s’attachant à créer les plus larges convergences dans sa mise en œuvre.

Créteil, le 20 janvier 2008 - Communiqué du Mouvement de la Paix



17/01/2008

Chine - Terrils atomiques

Au mépris des règles de sécurité, Pékin a abandonné ses mines d’uranium. Reportage sur le site 712, dans la province du Hunan, où 33,5 millions de tonnes de déchets ont été laissés en plein air.

Ce 16 octobre 1964, on avait trinqué à la gloire du pays, dans la mine 712. Un beau jour pour le vieux Liu Xianke. Il en a encore des bouffées de fierté : «La bombe avait éclaté. On avait armé notre pays !» Le premier champignon atomique chinois, dans le lointain désert du Taklamakan, était l’œuvre de Mao. Et celle des milliers de mineurs d’uranium du site 712, des paysans enrôlés de force aux quatre coins du pays. Chaque après-midi, Liu Xianke, 72 ans, se promène entre les usines désossées, sur les terrils chauves et la campagne désolée. Du haut de la «Colline des héros», le cimetière des mineurs, il songe à sa jeunesse enthousiaste, dans la Chine en marche vers le progrès. C’était le Grand Bond en avant, l’Armée populaire de libération avait appelé les Russes pour chercher de l’uranium dans le sous-sol chinois. «Une époque qui ne dit plus rien à personne», constate Liu. Aujourd’hui, pour ceux de la mine 712, c’est le grand abandon.

Procès retentissant


La mine a fermé en 1986. «Epuisée», ont décrété les militaires, qui ont bouché les issues avec du béton. A l’époque, on ne parlait pas encore de centrales civiles. La mine 712, comme quatre autres dans le Hunan, a été «mise à la retraite», près de 5 000 mineurs ont été abandonnés à leur sort. L’uranium était devenu inutile. Vingt ans après, il vaut plus que l’or. La Chine n’a pas rouvert ces gisements, mais elle a soif d’uranium pour la quarantaine de centrales nucléaires qu’elle projette d’ouvrir d’ici à 2020. Elle achète le minerai au Niger, en Australie et en Russie. Dans le Hunan, il est devenu l’objet d’un lucratif trafic. Les paysans, convaincus de vivre sur une fortune, font exploser le béton à la dynamite et descendent dans les boyaux condamnés pour chercher du minerai. Trempé dans de l’acide sulfurique, lavé à grande eau, il est transformé en yellow cake, «gâteau jaune», et mis sur le marché noir. Cet artisanat local est pratiqué dans les chaumières.

En août, quatre hommes ont été jugés lors d’un procès retentissant à Canton. Originaires du Hunan, ils avaient été arrêtés avec vingt grammes d’uranium qu’ils transportaient sur eux, dans un sachet en plastique. Des paysans, dont certains venaient de la région de la mine 712, qui ignoraient la dangerosité de leur trafic. Ils s’apprêtaient à écouler huit kilos de yellow cake, vraisemblablement extraits de la mine désaffectée, au prix de 200 000 yuans le kilo (19 000 euros). La police n’a pu récupérer que 35 grammes, le reste est dans la nature, dans le circuit d’un marché noir qui semble se développer. Selon la presse de Hongkong, les quatre hommes arrêtés ne seraient qu’une partie d’un gang puissant, qui a déjà fait parler de lui. Le procès a mis l’affaire en lumière, sinon personne n’en aurait jamais entendu parler.

«En Chine, l’uranium est classé secret d’Etat», explique le professeur Zhou Xinghuo, directeur adjoint du centre de surveillance de l’industrie nucléaire du Hunan. Il accepte de recevoir Libération mais ne répond à aucune question sensible. Les travaux de protection de la mine 712, assure-t-il, sont en voie d’achèvement. Mise en faillite officiellement en 2003, dix-sept ans après sa fermeture, elle serait enfin sécurisée : «On a eu des problèmes de budget après le départ des militaires. Mais maintenant, c’est réglé. L’endroit est sûr.» L’Etat s’apprête à se désengager définitivement. Passé de la tutelle de l’armée à celle de la Société nucléaire chinoise (qui chapeaute le nucléaire civil), le dossier 712 dépendra bientôt de la province du Hunan.

Il reste quelques problèmes, reconnaît le professeur : «Le taux de radioactivité est plus élevé qu’ailleurs, forcément. Une mine engendre toujours de la pollution.» Mais le chiffre est un secret. Le professeur Zhou pose une main sur un cahier rouge plastifié, daté de 1990. Le dossier «Evaluation sur l’environnement de la déclassification de la mine» est clos. L’entretien aussi. Selon un document du bureau des terres de la province du Hunan, cité par le journal pékinois Caijing, la mine 712 aurait produit 33,5 millions de tonnes de déchets laissés en plein air. Leur radioactivité serait six fois celle autorisée en Chine. Quelque 15 000 personnes, paysans et anciens mineurs pour la plupart, vivent à proximité de cette ancienne mine.

Le vieux Liu Xianke, l’ancien mineur, a vu défiler beaucoup d’officiels, et entendu leurs discours depuis vingt ans. Le site allait être protégé, les terrils stabilisés, les mineurs indemnisés et relogés dans des appartements en ville. Rien n’est arrivé depuis que des bulldozers ont recouvert les terrils d’une trop fine couche de terre. Sa masure de l’ancien coron s’effondre, sa retraite diminue. Il soupçonne l’air qu’il respire et l’eau qu’il boit de l’empoisonner lentement, comme ceux de la Colline des héros, morts avant 50 ou 60 ans.

Chez lui, dans un coffret de velours rouge posé sous le portrait de Mao, il garde une médaille, tout ce qu’il a reçu : «Liu s’est consacré à l’œuvre de la défense nationale pendant trente ans, il a contribué à la modernisation de la Chine.» Certains jours, il a envie de tout jeter, la médaille et le portrait. Alors il part se promener avec ses souvenirs, sur les terrils, où affleurent des paquets gris qu’il écrase du bout de son soulier : «C’est ça l’uranium», dit-il. Un muret censé interdire l’accès s’effondre par endroits. La végétation qui devait stabiliser les collines n’a pas poussé. Mais une belle plaque en marbre témoigne de «travaux exemplaires et [d’]argent bien utilisé».

Au bord du terril n°1 vit la famille Mao. Des paysans du village qui se sont installés là en 1990. Les poules picorent dans la zone classée dangereuse, où poussent un verger de pêchers et des rangs de légumes vendus au marché. «Personne ne nous a jamais dit que c’était dangereux, raconte la mère. Il y avait de la terre libre, on est venus. Ils ont construit le mur de protection après.» La terre est rare, et les paysans nombreux, chaque mètre carré compte. Le mur de protection, d’un mètre, contourne l’habitation.

«En 2005, poursuit la mère Mao, des gens de la ville sont venus avec des appareils tester les maisons et nous ont dit que c’était dangereux, qu’il y avait de l’uranium dans l’air. Ils nous ont dit de partir et ne sont pas revenus. On est toujours là, on ne sait pas quoi faire.»Récemment, son fils a été refusé dans l’armée. Son foie était «trop gros». «Aucun garçon du village ne passe les visites médicales de l’armée», ajoute son mari. Selon le Pr Zhou, des dizaines de paysans sont dans le cas des Mao : «Ils n’écoutent pas quand on leur dit que la zone est interdite. Ils cultivent leurs légumes sur les terrils. C’est leur faute.» Sur les huit terrils à l’abandon de la mine 712, un seul porte un panneau «interdiction d’entrer». Les autres sont ouverts à tout vent. Comme les usines rouillées où vont jouer les enfants du village.

Tumeur au cou

«En 1990, des gens sont venus mesurer la radioactivité de l’air et de la terre, raconte Li, un autre paysan du village de Xinzhuang. On ne nous a jamais donné les résultats, ni jamais dit quoi que ce soit après.» Li, la cinquantaine, vit avec ses poules dans une maison froide, éclairée elle aussi par le sourire du Grand Timonier sur un poster défraîchi. Son fils de 24 ans est parti travailler dans une usine de Canton, avec une tumeur au cou. Il est inquiet et hésite à parler. Le chef du village a averti : «Il ne faut pas que cela se sache à l’étranger.» Le problème de Li, c’est l’eau qu’il utilise pour irriguer son champ, puisée dans un étang «bouché par les sables de l’usine qui nettoyait l’uranium». Du temps de la mine, il était interdit de s’y approvisionner. En 2003, année de la mise en faillite officielle du site 712, la Chine a voté sa première loi sur la prévention de la pollution radioactive. L’étang aurait dû être dépollué, cela ne s’est pas fait. Cela n’empêche pas Li de vendre ses légumes à la ville voisine. A la saison sèche, certains paysans rouvrent les puits de mine pour chercher de l’eau.

«Interdiction de parler !»

Il existe toujours un bureau de la mine 712 dans l’ancien coron, un bâtiment de deux étages dans la rue principale. Des dizaines de fonctionnaires tuent le temps en fumant et en buvant du thé. Les locaux, immenses, sont sombres, pas chauffés. Les murs couverts de fresques communistes devenues presque invisibles sous la crasse témoignent d’un temps révolu. Dès que «le certificat de fin de travaux» sera signé et la mine définitivement effacée de la carte, les employés fermeront boutique et seront mutés en ville. Une affaire de semaines, espère un chef de bureau qui ne veut pas donner son nom : «On va recevoir l’argent de la deuxième phase et ce sera terminé. Les paysans seront indemnisés et pourront déménager», dit-il, visiblement gêné. Son supérieur passe la tête à la porte, en hurlant : «Interdiction de parler aux étrangers !»

En face, c’est l’ancien hôpital des mineurs aux couloirs glacials, pas mieux loti que le bureau de la mine. Xie Fuyang, le pharmacien, n’a pas demandé à venir à Xinzhuang. Il a été nommé d’office en 1990 et personne ne l’a averti de la situation locale. Celle-ci n’étant pas très claire, il s’est fié à ses propres statistiques. En 2003, dit-il, 350 des 4 000 mineurs encore en vie souffraient d’un cancer, soit un taux près de cent fois supérieur à la moyenne chinoise. L’espérance de vie des mineurs, entre 50 et 60 ans, est loin d’atteindre celle du reste du pays, qui est de 72 ans.

Xie Fuyang a aussi observé des pathologies particulières chez les paysans, des maladies cardiaques ou digestives, comme les «gros foies» dont parle la famille Mao. «Les ennuis de santé sont globalement plus importants qu’ailleurs, ma femme et moi avons des problèmes cardiaques à moins de 40 ans, explique le pharmacien. Mais je ne peux rien dire de plus, nous n’avons aucun moyen de faire des études poussées. Tout ce que je sais, c’est que la radioactivité tue très lentement. Et qu’il faudra longtemps pour mesurer, dans la population, le désastre que nous constatons chez les mineurs.» Un jour, le patriarche du village Liu Xianke ne sera plus là pour témoigner. On jettera sa médaille, son Petit Livre rouge et la fine combinaison de coton blanc qu’il a enfilée durant près de trente ans avant de descendre dans la mine 712. Il économise pour sa tombe, sur la Colline des héros.

Libération - 17 janvier 2008 - Envoyée spéciale à Xinzhuang, Pascale Nivelle



17/01/2008

Allemagne - Une écologiste accrochée à un arbre retarde de 6 heures un convoi nucléaire

Agence - 17.01.08 - Une opposante à l'énergie nucléaire a retardé de six heures un transport de matériel radioactif en s'accrochant à un arbre au-dessus des rails, a déclaré jeudi la police de Münster (ouest de l'Allemagne).

La jeune femme de 26 ans s'était attachée mercredi à une hauteur de sept mètres à des branches au niveau de Metelen, en Rhénanie du Nord-Westphalie, contraignant le train à s'arrêter pendant plus de six heures. Des forces spéciales de la police sont finalement parvenues à déloger la militante, qui a été interrogée, selon un porte-parole des autorités.

Le convoi en provenance de l'installation d'enrichissement de l'uranium de Gronau (ouest) a repris vers 01H00 GMT jeudi sa route en direction du port de Rotterdam aux Pays-Bas.

Transmis par le réseau Sortir du nucléaire



16/01/2008

Votez pour attribuer à AREVA le prix de la multinationale la plus horrible

La votation pour le Public Eye People's Award (prix public) est ouverte sur
http://www.publiceye.ch/fr/p63000080.html

Areva est un des candidats. A vous de participer.

Réseau 'Sortir du nucléaire'



15/01/2008

Faut-il reprendre les clés à Nicolas ?

Parler de Sarkozy ici, encore une fois ? Sans hésitation, oui. Et de ses affaires personnelles, et de ses aventures amoureuses, et de ses drames familiaux ? Oui, sans l’ombre d’un doute.

Reprenons dans l’ordre tout relatif de ce qui nous est concédé. Notre président aime. Cécilia. Une histoire ancienne, qui aurait commencé le jour des noces de la dame avec Jacques Martin, présentateur télé. Quand ? Je ne cherche pas, disons plus de vingt ans. Ce jour-là, c’est Sarkozy lui-même - il est le maire de Neuilly - qui les marie. Il a de son côté une femme, et deux enfants. Il regarde Cécilia, embrassant Jacques Martin sous les applaudissements, et il se dit qu’il l’aura, tôt ou tard. Je précise que je n’invente pas, que je m’appuie sur des confidences publiques de Sarkozy soi-même.

Oui, longtemps après, et devant des millions de gens, notre président a reconnu qu’il souhaitait conquérir Cécilia dès l’instant où il l’avait vue au bras d’un autre. Ma foi. Ce qui me trouble un peu, ce n’est pas ce désir, mais son expression publique. Car d’autres que lui-même sont tout de même un peu concernés. Je pense par exemple aux deux fils qu’il a eus avec sa première épouse. Aux deux filles que Cécilia a eues avec l’homme de l’École des fans. Et à cette première épouse, précisément, qui apprend ainsi à la télé que même du temps où Nicolas rentrait dormir au domicile commun, il avait la tête ailleurs. Pour commencer.

Poursuivons. Cécilia est la femme irremplaçable de sa vie, à lui. De nouveau, je ne fais que répéter ce que Sarkozy nous a seriné au cours d’innombrables entretiens. Au reste, on comprendrait assez mal les diverses pantomimes de ces dernières années sans cet attachement si profond. Elle part, elle se montre avec un autre, elle revient. Il commence une autre vie avec une journaliste du Figaro, il se laisse photographier avec elle en train de faire des courses, continue d’inonder de textos Cécilia, qui file le parfait amour avec Richard, à New York, puis la fait revenir in extremis. In extremis, car quelques jours plus tard, il eut dû déménager, car il était sur le point de s’installer avec l’autre, la journaliste. Vous suivez, j’espère ?

Cécila revient donc, oblige Sarkozy à se débarrasser de certains collaborateurs politiques jugés trop peu tendres avec elle, mais le coeur n’y est plus tout à fait. Elle ne vote pas pour son mari aux présidentielles, semble absente des réjouissances accompagnant le triomphe. Sarkozy, lui, en rajoute. Il l’aime, il l’adore, elle est la femme, la muse, l’éternel pilier sans lequel tout s’écroule. (Tête, soit dit en passant, de la journaliste du Figaro, jetée en trois secondes, à qui il avait promis le monde).

Là-dessus, divorce. Si l’on a bien suivi - et cru -, il ne peut s’agir que d’un deuil, qui vous cloue l’âme pour un moment. Mais à coup certain, on n’est pas Sarkozy. Lui part manger chez Jacques Séguéla, un soir de fin novembre 2007 - il y a moins de trois mois, plus de dix siècles - et rencontre Carla Bruni, qui a apporté sa guitare. Bon, le reste est largement connu.

Cécilia ? Morte. Enfin, pas tout à fait, puisque Sarkozy continue à lui adresser des messages. Parmi lesquels ce délicat passage à Petra, en Jordanie, il y a quelques jours. Petra ! Alors qu’il existe des dizaines de milliers de lieux de villégiature, Sarkozy choisit, pour y montrer sa nouvelle inoubliable, l’endroit exact où Cécilia la traitresse avait rejoint son amant Richard voici près de deux ans.

Je me suis laissé entraîner, comme chaque fois, et mon texte est déjà bien trop long. Je vais accélérer. Cécilia est furieuse, et confie à une journaliste du Point, qui le publie dans un livre, à quel point Sarkozy est décevant. Il serait pingre, il n’aimerait pas ses enfants, elle ne l’aurait jamais aimé, elle n’aurait jamais aimé que le beau Richard, etc.

Encore un tout petit mot sur Louis, leur fils de dix ans, qui avait été grossièrement utilisé il y a deux ou trois ans du haut d’une tribune de l’UMP. Cécilia et Nicolas lui avaient fait dire à l’époque, je pense que vous vous en souvenez : « Bonne chance, mon papa ! ». Je crois que c’est lui, désormais, qui va avoir besoin de beaucoup de chance pour ne pas sombrer. Imaginez le poids des mots et le choc des photos sur l’équilibre d’un enfant comme lui, soumis par force à la dictature du commun.

Tout cela garde-t-il un rapport avec l’objet de ce blog, c’est-à-dire la crise écologique planétaire ? Je le pense. Mais d’abord, cette évidence : notre président est profondément instable sur le plan psychologique. Il manque cruellement, en outre, d’au moins deux des sept formes d’intelligences décrites par Howard Gardner dans un livre qui m’a beaucoup marqué : Les intelligences multiples (Retz). C’est simple : il est mal doté en intelligence intrapersonnelle - la vraie connaissance de soi - et en intelligence interpersonnelle, celle qui permet de bien comprendre les autres.

Instable donc, rusé certainement, mais peu capable de bien se comprendre et de bien sentir les autres, il dispose d’un pouvoir rarement accordé à un humain. Je veux parler, bien évidemment, du feu nucléaire. Écartons de suite la science-fiction : décider une attaque nucléaire ne consiste pas à appuyer sur un bouton dans le dos des chefs militaires. Non. Il y faut des raisons, un contexte, un climat de crise extrême.

Mais est-ce si rassurant ? Car une tension majeure peut advenir en quelques heures. Et in fine, dans l’organisation du pouvoir telle qu’elle existe, la décision est bien celle du président. Une décision qui doit pouvoir être prise - en cas de représailles, par exemple - en une très courte poignée de minutes. Le feu nucléaire peut donc être déclenché par un homme dont chaque jour révèle un peu plus les faiblesses psychiques. Parmi lesquelles une relative mais réelle indifférence aux autres que lui-même, ainsi qu’une propension à casser puis oublier en un éclair ce qu’il a tant adoré.

Je ne crois pas que cela soit indifférent pour notre sécurité collective. Mais oublions un instant cette personnalité-là. Je pense également que la politique ancienne - donc la responsabilité des personnes, l’organisation concrète des pouvoirs - n’a pas intégré la révolution absolue de l’arme nucléaire. C’est une question de rythme et de temps. Hiroshima et Nagasaki n’ont qu’un peu plus de 60 ans d’existence, et nos capacités réelles étant ce qu’elles sont, nous n’avons pas réussi à imaginer des formes de contrôle nouvelles et adaptées.

Si, si nous étions plus sages, nous ne nous serions pas dotés d’une telle puissance sans avoir au préalable organisé les moyens de la soumettre. Mais faut-il, pour la raison que nous sommes si faibles d’esprit, tout admettre ? Les citoyens d’un pays adulte ne sont-ils pas en droit de contester, au nom de l’avenir commun, au nom de la vie, au nom de l’espèce peut-être, le droit d’un homme fragile et changeant à tout détruire si le coeur lui en dit ?

Sarkozy est un symptôme, mais très grave en vérité. Chacun sait que nous serions englués dans le sang de l’Irak s’il avait commandé aux armées françaises au printemps 2003. Au-delà même de la bombe, c’est sur lui que reposent, pour quatre ans et demi, les décisions françaises en matière d’agriculture, de gestion de l’eau, de lutte contre les pollutions, d’enseignement des bases de l’écologie. La liste n’est pas limitative. Celle de mes inquiétudes non plus.

Fabrice Nicolino - http://fabrice-nicolino.com/index.php



14/01/2008

Le nécessaire débat sur le nucléaire

Par Pascal BONIFACE (La Croix, 14 janvier 2008)

La Commission sur le Livre blanc sur la Défense devra remettre les conclusions de ses travaux au printemps. Faut-il s'attendre à des bouleversements, à des propositions particulièrement novatrices ?

La Commission n'a bien sûr pas de pouvoirs concernant l'enveloppe budgétaire. Ne comportant aucun sociologue de la Défense, elle aura des difficultés à aborder le sujet hypersensible de la condition militaire. Depuis prés de vingt ans, les différents gouvernements ont soigneusement évité d'aborder la question de la libre expression des militaires, par exemple. Le cadre des relations France-OTAN a d'ores et déjà été clarifié. Tant le président que le ministre de la défense ont affirmé assez explicitement leur acceptation de voir la France réintégrer l'OTAN en échange d'une européanisation de celle-ci. Reste à connaître la réponse de Washington.

Il y a cependant un domaine où la Commission peut largement innover, celui de la dissuasion. Mais la composition de cette Commission, pour ce qui est des experts extérieurs, peut susciter sur ce point quelques inquiétudes. Elle est, sur le plan des idées stratégiques (où les clivages dépassent ceux des familles politiques), nettement moins diversifiée que celle mise en place par le ministère des affaires étrangères. L'horizon - étroit - va des atlantistes traditionnels aux partisans des thèses néoconservatrices les plus radicales. Des experts stratégiques pourtant proches de l'actuelle majorité politique, mais s'inscrivant plus dans la tradition gaullo-mitterrandiste, n'ont pas été retenus. Ceux qui l'ont été étaient favorables, ouvertement ou plus discrètement pour ceux qui vivent de fonds publics, à la guerre d'Irak, même s'ils ont désormais sur ce point une mémoire défaillante. Nombre d'entre eux plaident aujourd'hui pour la fermeté, y compris par des moyens militaires, à l'égard de l'Iran. Ils étaient également pour la plupart, partisans du concept américain de riposte graduée (acceptant que les armes nucléaires soient considérées comme des armes de combat), opposé au concept français de dissuasion.

Ce concept de dissuasion a été développé bien après l'explosion d'Hiroshima. Ceci explique qu'il y a toujours eu deux visions de l'arme nucléaire. Pour les uns, c'est un outil militaire parmi d'autres, même s'il a des caractéristiques particulières. Elle peut donc contribuer à la victoire militaire. Pour les autres, c'est une arme avant tout politique. Son but n'est pas de gagner les guerres, mais de les empêcher. En France, la vision politique de l'arme stratégique a toujours prévalu, non sans difficultés. Nécessité a fait vertu car la France n'avait pas les moyens de suivre la course aux armements. Au début des années 90, la plupart des experts membres de cette commission plaidaient déjà pour une 'adaptation' de la théorie française, remplaçant le concept du faible au fort par celui du fort au fou, prévoyant là encore que des armes nucléaires puissent être utilisées de façon sélective et 'décapitante'. C'est ce qu'a d'ailleurs failli proposer le Livre blanc de 1994, avant que François Mitterrand n'y oppose un ferme veto. On peut penser qu'une nouvelle tentative va être lancée toujours avec les mêmes 'nouveaux' arguments.

Ces tentatives pour donner un caractère opérationnel à notre arsenal nucléaire ont été nombreuses mais jusqu'ici infructueuses. Gageons que la rédaction du Livre blanc va être l'occasion d'une nouvelle tentative. Elle sera, comme les précédentes, accompagnée d'arguments d'apparent bon sens. Sous couvert de modernité, on resservira des arguments utilisés depuis des décennies. Du type ' il ne faut pas se laisser enfermer dans le tout ou rien ', ' il faut donner une gamme plus complète de choix possibles aux décideurs politiques ', ou encore ' il s'agit de se prémunir contre de nouveaux acteurs qui ne partagent pas notre rationalité '. Mais ces habillages théoriques n'ont d'autres fonction que de permettre la mise au point d'armes nucléaires destinées à être employées militairement.

Il convient d'ailleurs de s'interroger sur la finalité du Laser Megajoule. N'est-il pas le moyen de mettre au point des armes nucléaires dites ' chirurgicales ' et dont l'emploi serait aussi plus aisé ?

Le glissement vers une doctrine nucléaire prévoyant l'emploi des armes nucléaires serait contraire à la sécurité collective. Elle le serait également aux intérêts français en délégitimant sa force de dissuasion. Cela mérite pour le moins un débat ouvert, transparent et contradictoire.

Source : Institut de relations internationales et stratégiques



12/01/2008

Le déclin inexorable du nucléaire

Par ISABELLE CHEVALLEY, présidente d'Ecologie libérale

Tout le monde parle de la relance du nucléaire, mais qu'en est-il vraiment? On s'aperçoit que les prédictions du lobby nucléaire des années 70 ne se sont jamais réalisées. Aujourd'hui, ses représentants continuent de faire peur à la population sans aucune raison, et aussi longtemps que celle-ci se voilera la face et refusera de décider elle-même de son sort, ce mensonge durera.

En 1974, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) prévoyait une capacité installée dans le monde correspondant à 4450 réacteurs. La diminution rapide des ressources en uranium devait être compensée par la mise en circuit des surgénérateurs, appelés à produire plus de plutonium qu'ils n'en consomment, et devenir donc une source inépuisable d'électricité bon marché. En 1977, André Giraud, alors patron du Commissariat à l'énergie atomique (CEA), voyait se profiler une crise énergétique «en tout cas avant la fin du XXe siècle», à moins que les programmes nucléaires ne soient nettement accélérés. Il ajoutait qu'il y aurait 540 surgénérateurs de la taille de Superphénix en service dans le monde à la fin du XXe siècle.

Aujourd'hui, trente ans après ces prédictions, la situation du nucléaire est bien différente. En 2005, le CEA dénombrait 440 réacteurs nucléaires en service dans le monde, soit moins de 10% des projections faites par l'AIEA trente ans plus tôt. Le Gouvernement français a fermé le surgénérateur Superphénix, qui a quand même coûté la somme de 10 milliards d'euros à la France pour ne jamais fonctionner. Aucun surgénérateur au plutonium de taille industrielle n'est en service dans le monde.

Fin 2003, la Finlande décidait de construire un prototype EPR. Depuis cette date, aucun nouveau réacteur nucléaire n'a démarré en Europe alors que dans le même temps huit réacteurs ont été définitivement arrêtés. La dernière commande américaine date de 1973, aucune construction de centrale nucléaire n'ayant été entreprise depuis lors.

Dans le monde, pas plus de 34 réacteurs sont actuellement en cours de construction. Certains d'entre eux sont «en construction» depuis plus de quinze ans et on ne sait pas si ils seront terminés un jour.

La plupart des études faites sur la rentabilité du nucléaire (incluant celles relevant d'organismes officiels, comme le Massachusetts Institute of Technology ou le Britain's Royal Institute of International Affairs) concluent que de nouvelles centrales construites par le secteur privé, avec des actionnaires assumant tous les risques, ne seraient pas rentables sans subventions.

La relance du nucléaire n'est qu'une poudre aux yeux des personnes qui ne veulent pas prendre la seule solution qui s'impose: arrêter de gaspiller l'énergie et passer aux énergies renouvelables!

Le Nouvelliste.ch (Suisse) - 12 janvier 2008 - transmis par le réseau Sortir du nucléaire



11/01/2008

Le Réseau 'Sortir du nucléaire' ne présente pas ses vœux au 'VRPrésident' Sarkozy

Le Réseau 'Sortir du nucléaire' a bien noté l’acharnement du Président Sarkozy à essayer de placer des contrats nucléaires partout sur la planète (cf sa déclaration à l’ONU), et en particulier dans des pays à risque ou non démocratiques comme l’Algérie, le Maroc, l’Egypte tout récemment, et même en Libye dont le Président-dictateur était, il y a peu encore, considéré comme terroriste.

Cette obstination en fait un VRP d’Areva, Bouygues et Alstom.

A l’heure où l’environnement est sur la place médiatique après le Grenelle, il est remarquable que Nicolas Sarkozy ne se pose pas de questions sur le risque nucléaire, la gestion impossible des déchets radioactifs, le glissement inévitable du nucléaire civil vers l’armement nucléaire.

Aussi le Réseau 'Sortir du nucléaire' ne présente pas au VRPrésident Sarkozy ses voeux pour 2008, sauf s'il s'intéresse enfin aux bases de l’écologie et qu’il comprenne que nucléaire et environnement ne sont pas conciliables, comme l'ont montré les catastrophes nucléaires qui ont contaminé des régions entières, avec de graves conséquences environnementales et sanitaires.

Réseau 'Sortir du nucléaire' - Fédération de 800 associations - Communiqué du 11 janvier 2008



16/11/2007

Européens, empêchons la guerre contre l’Iran

Michel Rocard ancien Premier ministre , député européen Yehuda Atai membre du Comité israélien pour un Moyen-Orient sans armes de destruction massive, secrétaire exécutif du Réseau pour une Méditerranée sans nucléaire et Jean-Marie Matagne docteur en philosophie, président d’Action des citoyens pour le désarmement nucléaire.

Nous en sommes avertis de toute part : les Etats-Unis sont sur le pied de guerre, prêts à bombarder l’Iran. Il ne manquerait plus que l’ordre présidentiel. Début octobre, des dizaines de personnalités américaines, politiques, religieuses, militaires, intellectuelles ou artistiques ont appelé les chefs d’état-major, officiers et soldats des Etats-Unis à refuser tout ordre d’attaquer l’Iran. Cet appel sans précédent souligne à quel point le risque est réel de voir la guerre éclater dans les jours, les semaines ou les mois à venir, et impératif le devoir de prévenir ce risque. C’est pourquoi nous soutenons cet appel lancé outre-Atlantique et souhaitons l’élargir à l’Europe.

L’invasion de l’Irak par la coalition que dirigent les Etats-Unis était contraire à la charte des Nations unies, et s’est révélée catastrophique. Une agression contre l’Iran serait tout aussi illégale et encore plus catastrophique.

La charte des Nations unies, article 2, paragraphe 4, énonce : «Les membres de l’Organisation s’abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l’emploi de la force, soit contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout Etat, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations unies.» Comme l’observent les auteurs de l’appel déjà cité, l’Iran n’a pas attaqué les Etats-Unis, les Etats-Unis sont signataires de la charte de l’ONU, toute attaque de l’Iran par les Etats-Unis serait donc illégale au regard de la loi internationale mais aussi d’après la Constitution des Etats-Unis, qui reconnaît les traités comme loi suprême du pays – y compris bien sûr pour les militaires, qui ont prêté serment à la Constitution.

Ces remarques valent tout autant pour les gouvernants, les militaires et les citoyens des Etats européens membres de l’ONU, qu’ils soient ou non alliés aux Etats-Unis dans le cadre de l’Otan. Nous les appelons donc à refuser par avance toute coopération, toute aide politique, économique ou militaire et tout soutien logistique en cas de guerre.

La guerre qui se poursuit en Irak a fait des milliers de victimes parmi les militaires, des centaines de milliers dans la population. Elle représente une catastrophe écologique et sanitaire qu’on est encore loin de mesurer. Elle alimente les haines, le fanatisme et le terrorisme qu’elle était censée combattre.

Une attaque contre l’Iran, quelles que soient ses cibles, ses méthodes et son ampleur initiale, aggraverait considérablement la situation en aboutissant à des résultats similaires, sans parler de ses effets désastreux sur l’économie mondiale. Ce serait encore pire si l’idée folle d’utiliser des armes nucléaires tactiques – qui existent – était mise en œuvre pour empêcher l’Iran de construire, malgré ses dénégations, des armes nucléaires dont les récentes inspections de l’AIEA n’ont pas trouvé trace.

Le peuple iranien a supporté, sous la direction des mollahs, une guerre de huit ans contre son agresseur Saddam Hussein. Ce n’est pas en l’attaquant à nouveau qu’on l’éloignera de ces mêmes dirigeants. Ce n’est pas en faisant dans ses rangs des milliers ou des centaines de milliers de morts qu’on améliorera le respect de ses droits humains.

Ce n’est pas en cherchant à vendre partout, sauf à l’Iran, de la technologie nucléaire qu’on le convaincra de renoncer à cette technologie. Ce n’est pas en conservant et en modernisant leurs propres armes nucléaires comme le font les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne (outre la Russie, la Chine, l’Inde, le Pakistan et Israël) qu’on pourra exiger de l’Iran qu’il y renonce. Et ce n’est pas en continuant à bafouer l’article 5 du traité de non-prolifération (TNP) que les Etats dotés d’armes nucléaires peuvent exiger quoi que ce soit des autres Etats signataires du TNP, Iran compris. Non-prolifération et désarmement nucléaires vont de pair. Il est urgent de l’admettre.

C’est même seulement en s’engageant dans la voie du désarmement nucléaire négocié, tel que prévu par l’article 6 du TNP, que la communauté internationale a quelque chance de voir l’Iran offrir toutes les garanties concrètes et vérifiables, s’il en existe, qu’il ne se procurera jamais d’arme nucléaire. Cette spirale vertueuse devrait tout à la fois dissuader d’autres Etats de la région de vouloir «proliférer», et conduire les Etats nucléaires de facto comme Israël, le Pakistan et l’Inde à s’engager eux aussi dans la voie d’un monde libéré de toutes les armes nucléaires et des autres armes de destruction massive, au Moyen-Orient comme ailleurs.

Refuser la guerre aujourd’hui, ce n’est donc pas accepter le statu quo ni repousser la guerre à demain.

C’est au contraire donner à la diplomatie le temps, la chance et l’impératif d’aboutir à une solution globale de paix et de sécurité pour tous les Etats et tous les peuples du Moyen-Orient, et au-delà pour toute la planète. C’est éviter de nouvelles larmes de sang. C’est permettre à la raison de prévaloir, à nos enfants et nos petits-enfants de vivre dans un monde moins violent, plus juste et plus humain. Sans guerres, sans armes ni menaces nucléaires.

L’Europe peut y contribuer. Les Européens doivent se dresser contre la guerre qui approche.
Source

Libération : vendredi 16 novembre 2007



02/11/2007

Tentative d'attentat contre la plus grande centrale nucléaire

La centrale de Palo Verde. Les autorités ont précisé que l'explosif était petit, artisanal, et qu'il ne s'agirait pas d'un acte terroriste.

Etats-Unis : un employé arrêté alors qu'il tentait d'entrer dans une centrale nucléaire avec un engin explosif

Les responsables de la sécurité de la plus grande centrale nucléaire des Etats-Unis ont arrêté vendredi un employé d'une entreprise de sous-traitance après avoir découvert un engin explosif dans son camion. La centrale a été fermée.

Le capitaine Paul Chagolla et la police locale ont affirmé que les agents de sécurité avaient désamorcé le dispositif et que les enquêteurs étaient en train d'interroger l'homme.

D'autres infos (en anglais) : sur CNN et sur ABC

AP 02.11.2007



01/11/2007

Le pilote qui largua la bombe atomique sur Hiroshima est mort

COLUMBUS, Ohio - Le pilote américain qui était aux commandes de l'avion B-29 qui largua la bombe atomique sur Hiroshima, au Japon, le 6 août 1945, est mort jeudi à l'âge de 92 ans.

Il s'agit de Paul Warfield Tibbets Jr. La nouvelle a été annoncée par Gery Newhous, un de ses amis de longue date.

C'était la première fois qu'une bombe atomique était utilisée en temps de guerre.

Paul Warfield Tibbets Jr est décédé à Columbus, dans l'Etat américain de l'Ohio. Il souffrait de nombreux problèmes de santé et son état s'était détérioré ces deux derniers mois.

La bombe atomique ayant explosé sur Hiroshima a entraîné la mort de quelque 70 000 Japonais. Trois jours plus tard, une bombe encore plus puissante dévastait Nagasaki.

La bombe de Hiroshima a explosé à 600 mètres du sol, lançant un éclair fulgurant et dégageant le panache en forme de champignon caractéristique des explosions atomiques. La majorité des victimes sont mortes dans les incendies consécutifs à la vague de chaleur. Plusieurs dizaines de milliers ont été grièvement brûlées et beaucoup d'autres sont mortes des années plus tard des suites des radiations.

L'emploi de l'arme nucléaire par les Etats-Unis contre le Japon a mis fin à la Deuxième Guerre mondiale.

La veille de son envol avec la bombe, Paul Warfield Tibbets Jr a donné à son appareil le nom de sa mère, Enola Gay.

AP - 1er Novembre 2007



26/10/2007

Remise du prix Nobel de la Guerre à Donald Rumsfeld ce matin aux abords de l’Elysée


Paris, le 26 octobre, 8h30 AM.

L'ancien Ministre de la Défense américain Donald Rumsfeld est ce matin l’invité du magazine Foreign Policy au Cercle Union Interallié du 33 rue du Faubourg Saint Honoré, qui jouxte le Palais de l’Elysée. Selon des sources proches de l’ambassade américaine, il aurait prévu d’y rencontrer une personnalité politique française de premier plan. Pour y parler d’une offensive contre l’Iran ?

Profitant de l’occasion, un groupe « d’admirateurs » a tenu à lui remettre ce matin le prix Nobel de la Guerre pour l’ensemble de son œuvre, et notamment pour :

1. son implication dans le déclenchement de la guerre la plus dévastatrice qui soit des dernières années, en Irak, qui a causé la mort de plus d'un million de personnes et détruit pour longtemps les perspectives de développement de ce pays. C’est également Donald Rumsfeld qui a systématisé la pratique de la torture et de l’emprisonnement arbitraire à Guantanamo et Abu Ghraib.

2. son implication dans la décision prise en 2001 par George Bush de conférer aux armes nucléaires un nouveau rôle, celui d’une arme du champ de bataille. C’est en effet D. Rumsfeld qui supervisa le développement des mini-nukes, ou bombes nucléaires à puissance réduite (donc plus acceptables des opinions publiques et plus adaptées aux frappes contre des pays non nucléaires). Ces armes qui pourraient être utilisées contre la population iranienne en cas de guerre avec ce pays.

« La France s’est enorgueillie de n’être pas allée en Irak, explique Xavier Renou, porte parole du Collectif « non au missile M51 », mais elle s’aligne aujourd’hui sur la politique américaine en menaçant de guerre l’Iran, en développant comme les Américains un programme d’armes nucléaires d’attaque, avec le missile M51, et maintenant en recevant discrètement un criminel de guerre qui devrait être traduit en justice ! »


Contact : Xavier Renou, porte-parole du Collectif « non au missile M51 », 06 64 18 34 21.
et Auteur de La Privatisation de la Violence (Agone 2006)

Plus d’informations sur les campagnes et la composition du collectif : http://www.nonaumissileM51.org

Communiqué du Collectif « non au missile M51 »



26/10/2007

Des associations portent plainte pour 'tortures' contre Donald Rumsfeld

PARIS - Une dizaine de manifestants ont protesté vendredi contre la venue au Centre interallié à Paris de l'ancien ministre américain de la Défense Donald Rumsfeld, visé par une plainte pour tortures déposée jeudi en France par plusieurs associations. Cette plainte se fonde sur la Convention de New York de 1984, ratifiée par la France, qui prévoit que toute personne soupçonnée de torture peut être poursuivie si elle se trouve sur le territoire français.

La plainte était à l'étude au parquet de Paris, a-t-on indiqué de source judiciaire, précisant qu'aucun service d'enquête n'avait encore été saisi par les autorités judiciaires.

La Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH), la Ligue des droits de l'Homme (LDH), le Center for Constitutional Rights (CCR) américain et l'European Center for Constitutional and Human Rights (ECCHR) basé à Berlin, reprochent à M. Rumsfeld d'avoir été l'instigateur des tortures sur la base américaine de Guantanamo, exportées par la suite, à son initiative, en Irak.

Lors de sa mission au Pentagone, qu'il a quitté le 18 décembre 2006, 'Donald Rumsfeld s'est rendu coupable d'agissements de nature à engager sa responsabilité personnelle en ayant autorisé et ordonné la commission de crimes de torture et de crimes de torture constitutifs en outre de crimes de guerre', selon la plainte que l'Associated Press a pu consulter.

Me Patrick Baudoin, avocat de la FIDH, espère que la France puisse poursuivre et juger Donald Rumsfeld en France. 'La solution a minima, c'est d'entraver ses déplacements, ce qui est déjà une forme de sanction', a-t-il dit à l'AP. L'ambassade des Etats-Unis a dit ne pas être informée de l'agenda de M. Rumsfeld en France, soulignant qu'il 'ne fait plus partie du gouvernement. C'est un citoyen des Etats-Unis comme un autre'.

En tant que supérieur hiérarchique civil en charge de l'armée et des opérations militaires en Afghanistan, en Irak, et au sein de la base de Guantanamo, M. Rumsfeld 'a engagé sa responsabilité pour les agissements qui y ont été perpétrés', ajoutent les plaignants.

A l'appui de leur plainte, les associations produisent de nombreux témoignages d'anciens détenus, mais aussi de militaires américains et les écrits de Donald Rumsfeld donnant des ordres aux troupes.

'Ils ont créé des mémos légaux pour légaliser leurs actions. Même Rumsfeld en a signé', a déclaré jeudi Michael Ratner, le président du CCR, à l'AP. Il dénonce l'inaction des autorités américaines, mais aussi de l'opposition démocrate, à faire toute la lumière sur le 'programme de torture'.

'Nous savons bien qu'il ne sera pas placé en détention dans l'immédiat. Mais ce serait un succès de savoir qu'il ne peut plus quitter les Etats-Unis sans rencontrer de problèmes', a-t-il souligné en qualifiant M. Rumsfeld de 'personnage-clé du programme de torture'.

Les associations ont déposé leur plainte auprès du procureur de la République de Paris lui demandant d'ouvrir une information judiciaire et de faire placer en détention Donald Rumsfeld, arrivé vendredi matin à Paris.

Par Pierre Antoine Souchard et Verena von Derschau - AP - 26/10/2007



23/10/2007

Grenelle de l'environnement : Le Réseau 'Sortir du nucléaire' rejette un éventuel 'grand débat' s'il n'est pas assorti d'un moratoire

Grenelle de l'environnement : Le Réseau 'Sortir du nucléaire' rejette un éventuel 'grand débat' s'il n'est pas assorti d'un moratoire sur 4 chantiers nucléaires majeurs : Epr, Iter, Bure, GB2

- Il faut aussi annuler l'accord nucléaire Sarkozy-Kadhafi

- Grand rassemblement contre un 'Grenelle radioactif'
samedi 27 octobre à 15h à Paris (Place Fontenoy)

- Manifestation contre ITER le 10 novembre à Marseille


A la veille de la table ronde finale du 'Grenelle de l'environnement', le Réseau 'Sortir du nucléaire' rejette par avance l'éventuelle annonce d'un 'Grand débat sur le nucléaire'. En effet, un tel débat ne serait acceptable que s'il était assorti de l'annulation de l'accord nucléaire Sarkozy-Kadhafi signé le 25 juillet dernier et surtout de l'adoption d'un moratoire immédiat sur les quatre chantiers nucléaires majeurs en France :

- le chantier du réacteur EPR (fission nucléaire) prévu à Flamanville (Manche)
- le chantier du réacteur ITER (fusion nucléaire) prévu à Cadarache (Bouches-du-Rhône)
- le chantier Bure (enfouissement des déchets radioactifs) dans la Meuse
- le chantier de l'usine Georges Besse 2 (GB2, enrichissement de l'uranium) dans la Drôme

En l'absence de ces 5 mesures, l'organisation en France d'un 'grand débat sur le nucléaire' serait une nouvelle parodie de démocratie destinée une fois de plus à détourner l'attention des citoyens pendant que les projets de l'industrie nucléaire avancent. Par ailleurs, il n'est pas acceptable qu'un tel débat soit tranché par les parlementaires (suggestion de Nicolas Hulot) qui sont à 98% des pronucléaires : le résultat, en faveur du nucléaire, serait connu d'avance !

Alors que va s'achever le Grenelle de l'environnement, dans lequel la question nucléaire est taboue, le Réseau “Sortir du nucléaire” appelle à :

- un grand rassemblement samedi 27 octobre à 15h à Paris (Place Fontenoy) contre la politique pro-nucléaire de Nicolas Sarkozy et, entre autre, son accord nucléaire avec le dictateur libyen Kadhafi.
- une manifestation le 10 novembre à Marseille contre la construction du réacteur nucléaire ITER (rdv 12h porte d'Aix)

Enfin, soucieux d'être aussi une force de proposition, le Réseau 'Sortir du nucléaire' rend publics deux scénarios de 'sortie du nucléaire' en 5 ans et en 10 ans :

- Synthèse des sorties du nucléaire en 5 ou 10 ans (3 mégas) : ici
- Etude sur des sorties du nucléaire en 5 ou 10 ans (8 mégas) : ici

Réseau 'Sortir du nucléaire' - Fédération de 800 associations - Communiqué n°2 du mardi 23 octobre 2007



23/10/2007

Nucléaire interdit au Grenelle de l'environnement

Le Réseau 'Sortir du nucléaire' brise le tabou et publie deux scénarios de 'sortie du nucléaire' en 5 et 10 ans

(pour lire ces études ainsi que les synthèses, voir les liens ci-dessous)

Grand rassemblement contre un 'Grenelle radioactif'
samedi 27 octobre à 15h à Paris (Place Fontenoy)

Alors que la question du nucléaire a été tranchée avant même le Grenelle de l'environnement par le VRP pronucléaire Nicolas Sarkozy, le Réseau 'Sortir du nucléaire' rend publics deux scénarios de sortie du nucléaire en 5 ans et en 10 ans. Le Réseau revendique une décision immédiate de sortie du nucléaire, sans avoir fixé un délai précis pour atteindre cet objectif... étant bien entendu que le plus tôt sera le mieux.

Ces scénarios sont nés d'une coopération entre experts indépendants et militants du Réseau 'Sortir du nucléaire'. En effet, sortir du nucléaire est une démarche autant politique (au sens noble du terme) que technique : il était donc nécessaire de croiser la compétence de l'expertise et celle de la citoyenneté.

La part du nucléaire dans la consommation mondiale d'énergie est infime (2%) et en déclin : les nouvelles centrales seront loin de compenser les nombreux réacteurs qui vont fermer. Alors qu'il impose un danger maximal, le nucléaire est en fait sur la planète une énergie marginale dont l'effet contre réchauffement climatique est quasi nul.

Les mesures pour 'sortir du nucléaire' sont d'ailleurs les mêmes que pour lutter contre le réchauffement climatique : économies d'énergie, efficacité énergétique, énergies renouvelables. Cela se traduirait par 15 fois plus d'emplois que dans le nucléaire, et une véritable indépendance énergétique quand l'uranium, le combustible du nucléaire, connaît les mêmes problèmes que le pétrole (raréfaction, guerres géostratégiques).

Alors que s'achève le Grenelle de l'environnement, dans lequel la question nucléaire est taboue, le Réseau “Sortir du nucléaire” appelle à un grand rassemblement samedi 27 octobre à 15h à Paris (Place Fontenoy) contre la politique pro-nucléaire de Nicolas Sarkozy et, entre autre, son accord nucléaire avec le dictateur libyen Kadhafi.

Le Réseau 'Sortir du nucléaire' rejette par avance toute annonce dilatoire lors du 'Grenelle de l'environnement', telle un énième 'Grand débat sur le nucléaire', qui ne serait acceptable qu'avec un moratoire immédiat sur les quatre chantiers nucléaires majeurs : ceux des réacteurs EPR et ITER, celui de Bure (enfouissement des déchets radioactifs), et celui de l'usine GB2 (enrichissement de l'uranium).

- Synthèse des sorties du nucléaire en 5 ou 10 ans (3 mégas) : ici

- Etude sur des sorties du nucléaire en 5 ou 10 ans (8 mégas) : ici

Réseau 'Sortir du nucléaire' - Fédération de 800 associations - Communiqué du 23 octobre 2007



22/10/2007

Vent, soleil, eau et biomasse pour atteindre 100% d'énergie renouvelable

22.10.07 - Les éoliennes tournent lentement dans l'azur du Harz, région de l'est de l'Allemagne qui veut à terme recourir exclusivement aux énergies renouvelables, grâce à un système reliant et régulant des centrales d'énergie solaire, éolienne, hydraulique et à base de biomasse. En ce jour d'automne radieux, les hélices du parc Druiberg fonctionnent à 'un centième de leur potentiel maximum', explique le directeur technique, Thomas Radach. Perchées sur des mâts jusqu'à 160 mètres de hauteur, elles sont au coeur du dispositif énergétique de la ville de Dardesheim.

A quelques kilomètres de là, les toits de la commune d'un millier d'âmes scintillent au soleil: des panneaux photovoltaïques produisent le tiers de l'électricité locale. 'Nous sommes heureux d'avoir dit oui à l'installation du parc il y a 15 ans', se réjouit le maire Rolf-Dieter Kühne sur une placette devant l'école... recouverte de capteurs solaires. 'Rien de tel pour associer les générations suivantes à notre concept,' s'amuse-t-il. Un bus passe, il fonctionne au gaz vert issu de la biomasse des champs alentours, dont une centrale extrait le méthane pour en faire de l'électricité.

Chauffage, transports, électricité: à Dardesheim, tout fonctionne à l'énergie propre. Mieux encore, la vente de l'excédent d'énergie --dix fois plus que la consommation locale-- rapporte 50.000 euros par an aux caisses publiques. Mais, les énergies éolienne et solaire n'étant pas stockables, qu'arrive-t-il quand le vent tombe et le soleil s'efface? A cette inquiétude, la ville a deux réponses: le gaz vert, indépendant de la météo et simple à sauvegarder, et l'énergie hydraulique. Non loin, à Wendefurth, deux énormes bassins ont été creusés: l'un au sommet, l'autre au pied d'une colline, reliés par une pompe activée par l'excédent d'électricité produite, par exemple la nuit quand le vent continue à souffler alors que les habitants dorment.

Lorsque le temps ne permet pas de répondre aux besoins, on ouvre les vannes de la citerne supérieure pour que la descente d'eau dans la vallée fasse tourner les turbines. Le système de Dardesheim prévoit aussi une participation active des utilisateurs, grâce à un outil électronique les aidant à consommer à bon escient: attendre que le vent se lève pour lancer une machine à laver par exemple. 'Dans ces moments, le prix est moins élevé,' explique le président du parc Druiberg, Heinrich Bartelt. A terme, le concept doit être étendu à l'ensemble du Harz et profiter à ses 250.000 habitants.

Dans cette perspective, l'Institut de technique d'énergie solaire (ISET) de l'Université de Kassel (centre) développe un projet permettant de relier entre elles les centrales de la région. L'idée a été reprise pour un projet-pilote destiné à être appliqué un jour à l'ensemble de l'Allemagne, dont les énergies vertes assurent aujourd'hui 12% de l'électricité: l''EE - Regenerative Kombikrafwerk' démontre qu'il est possible de relier 36 centrales dispersées à travers le pays pour répondre aux besoins annuels d'une petite ville comme Stade, qui compte 12.000 foyers, soit 1/10.000 de la demande nationale.

Une courbe des habitudes horaires de consommation et les pronostics météo permettent d'adapter à l'avance le dosage entre d'une part les quatre sources d'énergie et d'autre part les centrales en fonction du temps qu'il fait dans leur région. 'Nous montrons en petit ce qui est possible en grand: une couverture totale, à toute heure', souligne Frank H. Asbeck, président de SolarWorld, initiateur du projet-pilote avec les sociétés Enercon et Schmack Biogas. Selon eux, cet objectif nécessiterait entre 40.000 et 60.000 éoliennes contre 20.000 aujourd'hui, des panneaux solaires sur des millions de toits et un triplement des installations de gaz vert. 'C'est cher mais ça a un avantage: la source est intarissable,' rappelle M. Schmack.

Agence / news / transmis par le Réseau SDN



21/10/2007

Des milliers de manifestants contre la ligne THT

Hier, à Ernée, la manifestation contre la ligne à très haute tension (THT) a. rassemblé associations, élus et militants, venus de toute la région. Ils étaient entre 3 500 et 7 000 selon les sources.

« L'EPR, non! » Sur le bord de la route entre Mayenne et Ernée. les pancartes s'affichent déjà. Une lois dans le centre le centre de la aine, ça se confirme: des habitants ont accroché de larges morceaux de tissu sur leurs façades, où l'on peut lire « Laissez Bienvenue et EIodie grandir ici ». Certains arborent des T-shirts jaunes aux Inscriptions anti-ligne à très haute tension (TI-IT), d'autres des blouses blanches avec au don l'inscription « THT: ni ici, ni ailleurs ».

A l’appet de la coordination interrégionale anti-THT, qui regroupe 80 associations dans cinq départements (Mayenne. Ille-et-Vilaine. Manche, Calvados et Orne), plus de 3500 manifestants selon les forces de l'ordre (7 000 selon les organisateurs) ont délié dans les rues d'Ernée, hier après-midi. Leur but ? Protester contre la mise en place de la ligne haute tension (THT) et par la même occasion contre la construction du réacteur nucléaire EPR à Flamanville, dans la Manche, sans lequel la ligne THT n'aurait pas de raison d'être. Une déambulation dans les rues de la ville, ponctuée de discours d'élus et d'associations.

« Un gouffre à pognon »

En tète de cortège, une tour électrique en bois, haute de plusieurs mètres, est tractée par un camion. Au sommet, l’inscription « Non à la THT ». Postés en bas de la tour, deux manifestants crient dans leur mégaphone, appellent te public à trouver de nouveaux slogans, et scandent, attendant l'écho du public, « Oui au solaire, non à l'EPR ! ». Parmi les banderoles qui disent « l’enfer du nucléaire » et demandent quel héritage laisserons-nous à nos enfants ?, certains discutent plus tranquillement sur le trottoir. Non sans conviction. « c'est un gouffre à pognon, au détriment de la santé des gens », résume Franck Gastineau, du courant Alter-Natifs, venu d'Andouillé à vélo.

Car pour les associations présentes à la manifestation, le projet EPR-THT représente un réel danger pour les populations. « Les études se multiplient et montrent que les lignes THT sont dangereuses pour la santé », alerte Catherine Gouhier, du centre de recherche et d'information indépendantes sur les rayonnements électromagnétiques (Criirem). André Robinard, l'un des coprésidents d'Ille-et-Vilaine sous tension, estime que les habitants sont « les pions silencieux d'une vitrine commerciale de l'énergie ».

C'est pour obtenir un moratoire sur te projet THT-EPR que les associations se sont mobilisées hier, en plein Grenelle de l'environnement, dont le débat a été évincé. Et pas question de se décourager pour Didier Anger, représentant du collectif régional EPR non-merci et du réseau « Sortir du nucléaire » : « Même si les travaux dits préliminaires sont engagés, rien n'est Irréversible. »

Ouest France – 21 octobre 2007 - Elise CHIARI



19/10/2007

Etats-Unis: missiles nucléaires sur un B-52, une 'série d'erreurs' selon l'enquête

WASHINGTON (Agence) - Une 'série d'erreurs de procédure' et du laissez-aller sont à l'origine du transport accidentel au-dessus du territoire des Etats-Unis de missiles à tête nucléaire à bord d'un bombardier B-52 le 30 août, a révélé vendredi une enquête de l'armée de l'Air américaine.

'Une série d'apparentes erreurs a mené à une défaillance dans les procédures concernant la gestion des munitions et a eu pour conséquence le transfert non autorisé de six armes', a déclaré le secrétaire à l'armée de l'Air Michael Wynne au cours d'une conférence de presse.

Le général Richard Newton a attribué le transport accidentel d'armes nucléaires à une 'série d'erreurs de procédure' et à un laissez-aller dans les deux bases aériennes concernées à Minot, dans le Dakota du Nord (nord), et à Barksdale, en Louisiane (sud).

Au moins quatre officiers ont été relevés de leurs fonctions, à la suite de cette défaillance sans précédent, a indiqué le général Newton qui a précisé que la mise en oeuvre d'autres sanctions disciplinaires allait être étudiée.

'Rien de tel ne s'était jamais produit', a-t-il dit. 'Notre enquête approfondie de six semaines a conclu qu'il s'agissait d'un cas isolé et que les armes n'ont jamais quitté la garde des soldats, n'ont jamais été sans protection', a-t-il ajouté.

Un bombardier B-52 de l'armée de l'Air chargé par erreur de six missiles à tête nucléaire a survolé le 30 août les Etats-Unis du nord au sud, un incident 'sans précédent', avait indiqué alors le Pentagone.

L'appareil a transporté les têtes nucléaires pendant un vol de plus de trois heures de la base aérienne de Minot à celle de Barksdale.

L'erreur n'a été détectée qu'à l'atterrissage de l'avion. Les têtes nucléaires auraient dû être retirées avant que les missiles de croisière ne soient fixés sous les ailes de l'avion.

Les missiles de croisière transportés par le B-52 peuvent transporter des têtes nucléaires d'une charge allant jusqu'à 150 kilotonnes, soit dix fois la force explosive de la bombe larguée sur Hiroshima.

Ces bombes n'auraient pas pu exploser en cas d'accident, en raison des garde-fous entourant ce type d'armes, selon l'armée de l'Air. Toutefois, selon les experts, il existait un risque de fuite de plutonium.

Vendredi 19 oct 2007



18/10/2007

Nicolas Hulot : 'Pas la rupture que l'on souhaite dans le Grenelle'

18.10.07 - Nicolas Hulot estime qu'il 'n'y a pas la rupture que l'on souhaite' dans les mesures proposées pour la phase finale du 'Grenelle de l'environnement', qui 'manque de propositions structurantes' sur la fiscalité et l'agriculture. 'Il n'y a pas la rupture que l'on souhaite. Il n'y a pas les propositions structurantes que l'on attendait sur la fiscalité et l'agriculture, avec une remise à plat qui permettrait de changer les modes de production et de consommation', a déclaré l'animateur écologiste dans une interview au Figaro magazine à paraître samedi.

'Si l'on n'a pas cette colonne vertébrale, cela ne marchera pas', a-t-il estimé. 'Si le Grenelle n'aboutit pas à changer les logiques, je pense que j'irai déployer mon énergie ailleurs en créant des réseaux européens et internationaux', a-t-il averti. 'Cela fait vingt ans que j'essaye de mobiliser les Français sur l'environnement (...) je ne vois pas ce que je peux faire de plus. J'accompagne le dernier cycle qu'est le Grenelle, et puis je prendrai ces distances', a-t-il assuré. La table ronde finale du 'Grenelle de l'environnement' se tient les 24 et 25 octobre à Paris.

Note du Réseau 'Sortir du nucléaire' : voilà que Nicolas Hulot en personne est en train de comprendre que le Grenelle n'est qu'une arnaque ! Enfin ! Il est temps que d'autres orgas fassent le même constat... et que tout le monde vienne manifester samedi 27 octobre à 15 h à Paris (place Fontenoy) contre la politique 'écologiste' de Sarkozy, contre son accord nucléaire avec Kadhafi, contre la construction du réacteur EPR, etc.

Agence / news / transmis par le Réseau SDN



18/10/2007

Le nucléaire israélien provoque des cancers chez les enfants

MICHELE GIORGIO - 'Ehud Olmert sera aujourd'hui (18 octobre, ndt) à Moscou pour une rencontre à surprises avec Vladimir Poutine, qui bien sur n'est pas un hasard après la visite du président russe à Téhéran. Le premier ministre israélien, indiquaient hier ses proches collaborateurs, entend discuter avec le président russe d'une série de questions régionales de première importance, à commencer évidemment par le programme nucléaire iranien. Olmert, cependant, au lieu de désigner Téhéran, ferait bien de prendre en considération aussi les conséquences de son propre programme atomique, couvert depuis des décennies par le voile impénétrable du secret : et ceci à la lumière des nouvelles dénonciations sur les risques causés par les scories atomiques sur la santé des habitants dans les Territoires occupés.

Le professeur Mahmud Saada, expert palestinien et membre d'une commission internationale de médecins chargés de la « sauvegarde à l'égard des guerres nucléaires et des radiations », a annoncé hier, dans une interview publiée dans le quotidien arabe al-Hayat, que les radiations émanant du réacteur israélien de Dimona, et les scories nucléaires de trois dépôts souterrains adjacents, seraient la cause de cas rares de cancer dont sont atteints des enfants palestiniens du district de Daheriyeh, au sud de Hébron (Cisjordanie). Saada a rapporté les cas d'enfants palestiniens affectés de « très rares formes de tumeurs aux yeux et au cerveau » et d'analyses de laboratoire qui affirmeraient que « les radiations et les scories nucléaires enterrées dans trois zones limitrophes à la zone de Daheriyeh » sont « la cause principale de cancer, en augmentation de 60% ces derniers temps ». A l'ouest de Daheriyeh, a ajouté l'expert palestinien, ont été enregistrés des pourcentages de césium 137 semblables à ceux que l'on trouve à trente kilomètre du réacteur de Tchernobyl. Saada a demandé que les institutions internationales fassent les démarches nécessaires pour obliger Israël à « arrêter le stockage souterrain des scories dans les zones habitées », pour « installer une station de surveillance des radiations nucléaires » et « construire un hôpital pour soigner les maladies dues aux radiations ». De son côté al-Hayat a dénoncé « la négligence des autorités israéliennes » qui selon le quotidien, « n'auraient pris aucune mesure pour examiner la présence de radiations dans la zone intéressée ».

Il y a deux ans déjà, un groupe de médecins palestiniens avait dénoncé l'augmentation de cancers et avortements spontanés dans cinq villages au sud de Hébron, trouvant un appui auprès de leur collègue et expert israélien Michael Shapira, qui n'avait pas exclu, comme cause des maladies, la présence de dépôts de scories nucléaires. Des affirmations qui mériteraient une vérification que les agences internationales compétentes, cependant, ne semblent pas vouloir effectuer. Dans le passé pourtant, le Programme pour la protection de l'environnement des Nations Unies (Unep) a mis en évidence à plusieurs reprises que le programme atomique et de dépôt des scories nucléaires poursuivi depuis des décennies par Israël continue à se dérouler sans aucun contrôle. Il n'est par ailleurs pas insignifiant que les autorités israéliennes, il y a quelques années, aient fait distribuer des médicaments pour atténuer le risque du aux radiations dans certains centres habités du Neghev, proches de la centrale de Dimona : là où Israël ? selon les révélations faites en 1986 par l'ancien ingénieur nucléaire israélien Mordechai Vanunu et les études d'experts internationaux- a produit le plutonium nécessaire à la construction des cent à deux cents engins atomiques qui constitueraient son arsenal.

Les dénonciations sur les conséquences des radiations n'induisent cependant pas Israël à une reconsidération du processus ; au contraire l'Etat hébreu entendrait se doter de la première centrale nucléaire civile (celle de Dimona officiellement n'est qu'un « centre de recherches avancées ». Des indiscrétions révélées ces dernières semaines dans la presse locale et internationale parlent du choix imminent du gouvernement israélien de réaliser une centrale électrique atomique dans le but de satisfaire, en partie au moins, la demande nationale croissante d'électricité. Dimona, entre- temps, continuera-t-elle à produire des bombes et des tumeurs ?'

Edition de jeudi 18 octobre de il manifesto http://www.ilmanifesto.it/Quotidiano-archivio/18-Ottobre-2007/art59.ht ml
(Traduit de l'italien par Marie-Ange PATRIZIO)

Edition de jeudi 18 octobre de il manifesto



15/10/2007

Non aux escalades guerrières ! Pour un monde solidaire sans armes nucléaires

L'Appel en ligne à signer maintenant, sur le site du Mouvement de la Paix

Monsieur le Président,

Je suis inquiet(e) des projets de votre gouvernement en matière de sécurité et de défense et des récents propos de M. Kouchner, appelant à se « préparer au pire », à une « guerre » contre l’Iran, propos doublés d’une véritable croisade pour faire adopter des sanctions contre l'Iran, « séparées des sanctions aux Nations unies ».
Cette attitude rompt avec la stratégie engagée jusqu’alors avec nos partenaires européens, qui différait de celle de George Bush, partisan de la manière forte avec l’Iran. Ce brusque alignement de la diplomatie française est d’autant plus stupéfiant que dans son rapport récent, l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) estime avoir franchi « un pas en avant significatif » concernant les inspections et la transparence des programmes nucléaires iraniens. Passer outre l’Onu et mettre en cause les efforts de l’AIEA, fragilisent les négociations en cours et le système de sécurité international.

La prolifération nucléaire menace la survie de l’humanité. Seul un processus global de désarmement nucléaire peut répondre à ces risques de prolifération. Monsieur le Président, c’est à cet effort urgent que la France doit se consacrer. Menacer d’une guerre sous prétexte de manquements au Traité de non-prolifération, quand la France contrevient elle-même à ce Traité en poursuivant de nouveaux programmes nucléaires, est un crime contre la raison, la justice et la paix.

Dans le même temps, vous appelez à une intégration plus poussée de la France et de l’Europe dans l’Otan, à augmenter les ventes d’armes et à accroître les dépenses militaires des pays de l’Union européenne. Ces politiques vont accentuer la militarisation des relations internationales, relancer une nouvelle course aux armements et nous entraînent vers les pires confrontations.

Monsieur le Président, la France a tout à perdre, dans ces orientations militaires et ces démonstrations d’allégeance atlantiste. Pour sa sécurité et son honneur, je vous demande au contraire de mettre tout en œuvre pour renforcer l’Onu et le système de sécurité international, relancer les processus de désarmement et construire une Europe active pour la paix du monde.

La pétition à imprimer pour ceux qui n'ont pas internet (fichier doc 39 Ko)

English version of this petition for a world without nuclear weapons

La pétition en persan

Mouvement de la Paix



14/10/2007

Adosser les tours solaires au flanc des montagnes

Utiliser les courants d'air thermiques pour produire de l'électricité : l'idée de la tour solaire, imaginée dès 1931 par l'Allemand Hanns Günther, est aujourd'hui renouvelée par le projet Elioth du groupe Iosis, une des majors européennes de l'ingénierie.

Le principe de base reste le même : réchauffer l'air au sol sous une immense serre de toile, puis canaliser le courant d'air chaud (plus léger que l'air froid, donc ascendant) dans un conduit géant. Au pied de celui-ci est placée une turbine qui, actionnée par la force d'aspiration, produit de l'électricité. Sur cette idée, le bureau d'études allemand SBP avait construit, en 1981, un prototype situé en Andalousie (Espagne). D'une hauteur de 194 mètres, cette tour a fonctionné jusqu'en 1989, puis a été arrêtée en raison de son coût, cinq fois plus élevé que celui d'une centrale thermique classique. Un nouveau projet est en cours dans le désert australien.

Problème : la quantité d'énergie produite étant directement proportionnée à la taille de la cheminée, la tour, pour être rentable, devrait atteindre 1 000 mètres de haut... D'où le projet de Raphaël Ménard, directeur de la recherche du groupe Iosis, d'utiliser les reliefs naturels pour adosser l'installation, et éviter ainsi de coûteux travaux d'élévation.

Brevetée en 2005, sa 'montagne solaire' comprend une immense serre de toile en ETFE (éthylène tétrafluoroéthylène), matériau synthétique transparent, résistant et peu salissant, et un conduit dans le même matériau, couché à flanc de montagne. La serre, sous laquelle des cultures sont possibles, est arrimée au sol par de gros ballons de caoutchouc. Remplis par l'eau de pluie récupérée, ils peuvent servir de réserve pour l'arrosage. Une serre d'un hectare, avec sa cheminée de 500 mètres, peut ainsi produire jusqu'à 500 mégawatts par an. Soit autant qu'une petite centrale nucléaire.

'Le mérite de ce projet est sa modestie, argumente Raphaël Ménard. Peu coûteux à l'investissement comme à l'entretien, démontable sans laisser de cicatrices sur le paysage, il est propre, recyclable et adaptable à des zones isolées où la production d'énergie sera utile'. Un prototype de 100 mètres carrés est actuellement en cours de construction. Parmi les sites de test envisagés : l'Atlas marocain, la sierra Nevada andalouse, la cordillère des Andes et, en France, le Massif central, les Pyrénées orientales et l'île de la Réunion.

Le Monde - 14 octobre 2007 - Isabelle Rey-Lefebvre - transmis par le réseau Sortir du nucléaire



13/10/2007

Le Grenelle de l'environnement : 'C'est une mascarade'

Je suis arrivé ce matin à Paris avec les 170 marcheuses et marcheurs, partis mardi de Chartres.

Les 3000 manifestants qui se sont joints à nous pour cette dernière étape m’ont fait chaud au cœur. Cette manifestation montre que les femmes et les hommes prêts à se mobiliser contre les OGM restent nombreux. Ils ont bien conscience que notre lutte est dans la durée. Ils sont prêts à retourner dans les champs pour participer aux actions de fauchage. Nous avons aussi été encouragés par le soutien que nous avons eu au cours de cette randonnée. La traversée des villages et des banlieues nous a permis de rencontrer beaucoup de gens qui nous encourageaient à poursuivre notre lutte.

Nous avons entrepris cette marche pour demander au gouvernement de mettre en place un moratoire sur la culture des OGM. Comme Jean-Louis Borloo l’a admis fin septembre, la contamination transgénique est un phénomène accepté. On ne pourra pas l’arrêter. La mise en place de cultures OGM signifie donc la fin de l’agriculture paysanne, de l’agriculture biologique, des AOC. En acceptant d’aller dans cette direction, le président Sarkozy montrerait un mépris total pour les 85 % de nos concitoyens qui ne veulent pas des OGM.

Le Grenelle de l’enironnement est une mascarade. Cela ressemble plus à une campagne de communication qu’à une consultation populaire. Tous les sujets qui fâchent ont été soigneusement balayés sous le tapis.

L’énergie nucléaire est un bon exemple. Dans les groupes de travail, la question de l’EPR n’a même pas été abordée. Au niveau Transports, rien ne vient remettre en cause le tout voiture et le développement des autoroutes. La construction de nouveaux incinérateurs va permettre à Veolia et consorts de dégager des profits quand plus personne ne peut ignorer maintenant les dangers de ce type d’usines pour les populations voisines, notamment à cause des dioxines.

Enfin, sur les questions agricoles, le délire des agrocombustibles n’est nullement dénoncé. Au contraire ! Il faut pourtant que les gens comprennent que le diester et l’éthanol sont faits à partir de plantes destinées à l’alimentation humaine. Pour faire un plein de 50 litres d’éthanol, 250 kilos de blé sont nécessaires, avec lesquels on nourrissait hier une personne pendant un an. La question peut être résumée brutalement ainsi: les paysans doivent-ils nourrir les gens ou les bagnoles ? Vous connaissez ma réponse.

Enfin, le document final du Grenelle ne consacre plus que cinq lignes aux OGM. Il n’est plus question de moratoire ni de principe de précaution. C’est tout simplement inacceptable.

La manière dont les grands médias informent nos concitoyens sur ce Grenelle est pour le moins décevante. Les militantes et les militants venus avec moi de Chartres à pied en voulaient ce matin particulièrement à Libération. Vous consacrez douze pages au Grenelle de l’environnement et vous ne traitez aucune des questions que j’ai abordées ci-dessus. Libération évite le dossier du nucléaire. Trop sensible ? Celui des OGM. Trop conflictuel ?
http://libegrenelle.blogs.liberation.fr/environnement

13/10/2007 • Par José Bové



13/10/2007

Citoyens agissant contre l'EPR et la ligne THT

Pour la première fois, des citoyens de 3 départements, opposés à l’EPR et la ligne très haute tension (THT) Cotentin/Maine, s’expriment sous des pylônes, simultanément.

Des citoyens, de la Manche, de l’Ille et Vilaine et de la Mayenne, sont réunis ce samedi sous (et sur) une dizaine de pylônes des 3 départements traversés par la ligne THT déjà existante, pour marquer leur désaccord au projet d’une ligne THT supplémentaire.

Les manifestants, de tous âges et tous horizons sont rassemblés, avec des banderoles, pour convier la population à redire non à l’EPR et à la ligne THT à Ernée (en Mayenne) le 20 octobre prochain.

Les actions de cet après-midi font suite à de nombreuses autres. En effet cette semaine, des militants anti-EPR ont occupé l'entrée du Conseil Général de la Manche lundi dernier. En Mayenne, des dizaines de citoyens ont peint, de nuit, environ 80 trèfles radioactifs géants sur les routes longeant le projet de ligne THT, avec le message 'Danger THT'. Hier, vendredi, des pylônes ont été occupés symboliquement et décorés de banderoles en sud-Manche et Mayenne. Cette nuit et ce matin, au moins 5 autres pylônes (près Chateaubourg, près de Janzé, au Pertre, près de Fougères, en Manche) ont été 'visités' par des grimpeurs qui y ont installé des banderoles en hauteur.

Ces actions sont diffuses, déterminées parfois spontanées mais toujours non-violentes. Elles sont le symbole d'une population qui résiste à ces projets anti-démocratiques et anti-écologiques. Ces actions en appellent d'autres de plus en plus fortes et déterminées si les projets EPR et THT ne sont pas annulés.

Les acteurs et soutiens de ces actions demandent aussi aux élus locaux d'écouter les citoyens et les associations qui réclament simplement de la démocratie. Des délibérations ont été prises et vont être prises dans beaucoup de communes, elles doivent être respectées.
La solidarité entre territoires doit aussi être au cœur des engagements des élus en place et à venir. Ne pas vouloir la ligne chez soi et la tolérer chez le voisin n’est pas acceptable.

Cet appel citoyen spontané et pacifique veut signifier à RTE (Réseau de Transport de l'Electricité), EDF, AREVA et aux autorités que les populations sont aujourd'hui prêtes à désobéir à leur domination.

Non à la ligne THT, non à l’EPR, ni ici, ni ailleurs.

Contact presse : 06.59.23.20.49
http://www.stop-tht.org

Communiqué de presse - Cotentin / Maine / Ille-et-Vilaine - Samedi 13 octobre 2007



12/10/2007

Le Réseau 'Sortir du nucléaire' rappelle que Al Gore ne soutient pas l'énergie nucléaire pour lutter contre le réchauffement climatique

Prix Nobel de la Paix - Climat
Le jour même où Al Gore s'est vu attribuer le Prix Nobel de la Paix pour son combat pour le climat, le Président français Sarkozy est en visite à la centrale nucléaire de Penly et prétend que le nucléaire permet justement de lutter contre le réchauffement climatique.

Il est donc nécessaire de rappeler que Al Gore a à plusieurs reprises (voir exemple ci-dessous) pris position contre l'utilisation du nucléaire dans le but de réduire les émissions de gaz à effet de serre. L'ex-Vice Président américain explique à juste titre que la contribution du nucléaire contre le réchauffement est et va rester très faible.

Il ajoute que, dans ses fonctions de Vice Président des USA, il a pu constater que c'était l'accès à l'arme atomique qui expliquait l'intérêt de certains pays pour le nucléaire, et non la lutte contre le réchauffement.

A quelques jours du Grenelle de l'environnement, et de la manifestation organisée par le Réseau 'Sortir du nucléaire' samedi 27 octobre à 15h à Paris (Place Fontenoy), il est temps que le Président français suive l'exemple de Al Gore et comprenne que le nucléaire est l'ennemi de la planète et des êtres vivants.


EXEMPLE DE DECLARATION DE AL GORE SUR LE NUCLEAIRE :
LEXPRESS.fr - 19/12/2006
Considérez-vous l'énergie nucléaire comme une bonne solution de rechange à la consommation de combustibles fossiles?

Al Gore : Je ne crois pas à cette option. Il est possible que l'énergie nucléaire soit de plus en plus employée, mais il faut que son utilisation reste minime. Cette option est compliquée, pour deux raisons. La première en est le coût, car cette technologie demeure onéreuse. La deuxième, et non la moindre, est le risque que comporte l'énergie nucléaire. En autorisant son emploi, on augmente considérablement le risque de prolifération d'armes nucléaires. Les huit années que j'ai passé à la Maison-Blanche m'ont montré les dimensions de ce défi. Certains pays ont fait part de leur intention de se doter de la technologie nucléaire pour produire de l'énergie, alors qu'ils étaient en fait intéressés par les armes nucléaires. Actuellement, des Etats comme la Corée du Nord et l'Iran font peser une réelle menace. Toutefois, si l'on conçoit une nouvelle génération de réacteurs plus sûrs, l'utilisation modérée de cette énergie pourra être tolérée.

Réseau 'Sortir du nucléaire' - Fédération de 800 associations - Communiqué du vendredi 12 octobre 2007



12/10/2007

Concerts 'no nukes'

LOS ANGELES (Reuters) - Nearly three decades after they banded together for a series of 'No Nukes' concerts that yielded an album and movie, musicians Jackson Browne, Bonnie Raitt and Graham Nash have revived their protest of nuclear power.

No new concerts are planned, but the three reunited in a new YouTube video released on Thursday and are spearheading a signature drive to petition U.S. senators to kill a plan to give about $50 billion in loan guarantees to the nuclear power industry, Raitt said in a telephone interview on Thursday.

The three Baby Boomers, along with Keb' Mo' and Ben Harper, on Thursday issued a remake of the 1960s protest song, 'For What It's Worth.' The song is known for its line, 'Stop, children. What's that Sound? Everybody look what's going down.'

Raitt said nuclear power protests have ebbed since she and others including Bruce Springsteen headlined the 'No Nukes' concerts in 1979 at Madison Square Garden in New York.

The U.S. Nuclear Regulatory Commission is expecting 17 companies to file to build about 31 new reactors in the next two years, which would increase. There are 104 operating U.S. reactors now.

'No new nukes have been ordered in 30 years,' Raitt said. 'The movie 'The China Syndrome,' the accident at Three Mile Island, and the 'No Nukes' concerts all happened at basically the same time as if we planned it that way.'

She said opposition to nuclear power has been hushed more recently mainly because there was no rallying point as the nuclear industry stalled plans for new plants.

'It hasn't been an issue. Now that there is a bill to have the people fund nuclear power, we're once again the town criers,' said Raitt.

Nash said he is raising his voice now because: 'The nuclear power industry is raising its head once more under the guise that it can help global warming. It's a lot more complex than that. Nothing is ever easy about nuclear power.'

Raitt also said she wanted to raise her voice before a terror attack targeted a reactor.

Nuclear Energy Institute spokesman Mitchell Singer, advocate for the industry, said in a telephone interview that a main selling point for a nuclear renaissance is that reactors emit no greenhouse gases while fossil fuel power plants do, especially those that burn coal.

Singer said the nuclear industry supports solar, wind, biomass and geothermal power, and is in favour of those technologies also enjoying loan guarantees. But if the United States wants to lower carbon emissions soon, it must build nuclear power plants that can provide utility-scale baseload power, which is the promise but not yet the reality for renewable power technologies.

Singer said he owns and likes the 'No Nukes' album but 'The upside of nuclear power is so big and so positive that we can deal with these issues.'

A nice clip for this at http://www.youtube.com/watch?v=VzPhRdwxb_Q

Fri Oct 12, 2007 By Bernie Woodall



11/10/2007

Tribune : Pourquoi nous manifesterons devant le Grenelle de l'environnement

La question du nucléaire a été tranchée... avant même la tenue du 'Grenelle'

Le Réseau 'Sortir du nucléaire' a décidé de ne pas participer au Grenelle de l'environnement et, au contraire, manifestera le 27 octobre à Paris (15h place Fontenoy) contre les décisions qui seront prises… par Nicolas Sarkozy. Car, et ce n'est pas la moindre des tares de ce 'Grenelle', c'est un seul individu qui va 'arbitrer' entre les différentes propositions. Serait-il automatiquement devenu compétent en écologie lorsqu'il a été élu Président de la République ? La vérité peut-elle venir d'un seul individu ?

Concernant le nucléaire, c'est encore pire : M. Sarkozy a tranché la question… avant même la tenue du Grenelle.

Ainsi, le 26 juillet, le Président a signé un injustifiable accord nucléaire avec le dictateur libyen Kadhafi, subitement devenu 'fréquentable'. Certes, le tyran de Tripoli a annoncé en 2003 qu'il renonçait à se procurer l'arme atomique, mais comment être sûr qu'il ne changera pas à nouveau d'avis après avoir obtenu de Paris de la technologie et des matières nucléaires ? Peu importe pour M Sarkozy qui, en échange, a pu se mettre en scène comme 'libérateur' des infirmières bulgares. Le Président nie d'ailleurs existence de ce 'troc nucléaire', comme si sa concomitance avec la libération des otages bulgares n'était que pure coïncidence...

Autre exemple : le 24 septembre, le Président a carrément annoncé à la tribune de l'ONU que la France était 'prête à aider tout pays qui veut se doter de l'énergie nucléaire'. Notons au passage le caractère un peu piteux de cette tentative de trouver des clients pour une industrie nucléaire française qui en manque cruellement. Déjà, quelques jours plus tôt, M. Sarkozy s'était aussi cru autorisé à expliquer aux Allemands qu'ils devaient remettre en cause leur plan de sortie du nucléaire. Autant dire que les débats sur l'énergie prévus dans le cadre du 'Grenelle' sont d'une parfaite inutilité.

Rappelons aussi que le Président a refusé de remettre en cause le décret autorisant EDF à construire un nouveau réacteur nucléaire, le fameux EPR prévu à Flamanville (Manche). Sans même revenir sur les différentes raisons qui font que ce réacteur est aussi inutile que dangereux, notons que ce décret a été pris en catimini par M. de Villepin… dix jours avant l'élection présidentielle : une nouvelle démonstration de ce qu'est la démocratie dans la France nucléaire. Une fois élu, M. Sarkozy a d'ailleurs eu le toupet de prétendre qu'il ne pouvait remettre en cause une décision déjà prise. Etonnant pour quelqu'un qui a fait campagne…sur la 'rupture', et dont on a du mal à croire qu'il se sente engagé par une décision prise par son 'ami' Villepin.

Alors, à quoi peut encore servir le 'Grenelle de l'environnement' ? Certes, il en sortira peut-être des décisions intéressantes sur tel ou tel thème - certainement sans écorner les profits des grands industriels pollueurs… parmi lesquels on trouve des proches du Président. Mais il est inacceptable qu'ait été tranchée à l'avance une question aussi cruciale que celle du nucléaire.

Malgré tout cela, le Réseau 'Sortir du nucléaire' n'a pas eu besoin de refuser de participer au 'Grenelle' : il n'a tout simplement pas été invité. Qu'à cela ne tienne : nous allons manifester sous les fenêtres du Grenelle de l'environnement pour dénoncer la politique pronucléaire de M. Sarkozy, son accord avec Kadhafi, ses déclarations pronucléaires à l'ONU, le projet de réacteur EPR… et les décisions prises avant même que les débats n'aient eu lieu. S'opposer au nucléaire, c'est aussi se battre pour la démocratie.

Stéphane Lhomme, Porte-parole du Réseau 'Sortir du nucléaire' - Auteur de 'L'insécurité nucléaire', éditions Yves Michel, juin 2006



10/10/2007

La mafia se reconvertit dans le nucléaire

Le trafic de plutonium, plus rentable que le trafic de cocaïne? Selon les autorités italiennes, la mafia a diversifié ses activités qui incluent désormais le trafic de déchets nucléaire. Objectif: parvenir à récolter du plutonium, dont la côte sur le marché noir mondial est très élevée.

La mafia Ndrangheta, qui a connu un regain de notoriété cet été, lors de la fusillade sanglante qui a coûté la vie de six personnes en Allemagne, est soupçonnée de détournement de déchets radioactifs et de production clandestine de matériel nucléaire. Deux membres du clan de Calabre et huit anciens employés de l’agence nationale italienne de l’énergie (Enea) font actuellement l’objet d’une enquête.

Déchets nucléaires issus d’Europe et des Etats-Unis

Ils sont suspectés d’avoir récupéré des déchets nucléaires dans les années 1980 et 1990. Une accusation balayée par un responsable de l’Enea: «Enea a toujours travaillé dans le respect des règles et sous le contrôle strict au niveau national et international», a-t-il assuré, sous couvert d’anonymat.

Pourtant, selon le juge Francesco Basentini, un manager de l’Enea aurait été payé pour détourner des caisses de déchets en provenance d’Italie, de Suisse, de France, d’Allemagne et des Etats-Unis.

www.20minutes.fr - 10 octobre 2007 - transmis par le Réseau Sortir du nucléaire



09/10/2007

Allemagne : un système combinant des centrales isolées d'énergie verte

Agence - 9 octobre 2007 - BERLIN - Trois entreprises allemandes ont présenté mardi à Berlin un système permettant de relier et de réguler des centrales produisant chacune de manière isolée de l'électricité à partir d'énergies renouvelables, pour couvrir à terme 100% des besoins en électricité de l'Allemagne.

Le projet-pilote 'EE - Regenerative Kombikraftwerk' relie 36 centrales isolées fonctionnant à l'énergie solaire, éolienne, hydraulique ou à base de biomasse, de manière à livrer de l'électricité à toute heure et quelle que soit la météo dans tout le pays. Il permet de compenser les inégalités régionales en termes de ressources énergétiques.

Il a été développé par les entreprises Enercon GmbH, SolarWorld AG et Schmack Biogas AG, en partenariat avec l'Institut de technique d'énergie solaire (ISET) de l'Université de Kassel (centre).

'Ce projet-pilote permet de répondre aux besoins annuels en électricité d'une petite ville comme Stade qui compte 12.000 foyers, soit de livrer 4,15 millions de KWh. Il montre ainsi en petit ce qui est possible en grand: une couverture totale (des besoins en électricité) grâce aux énergies renouvelables', a souligné Frank H. Asbeck, président de SolarWorld, dans un communiqué.

'Le Kombikraftwerk montre que les énergies renouvelables livrent assez d'électricité, qu'elles sont régulables à tout moment, peuvent fonctionner en association et se compensent l'une l'autre via le réseau', a renchéri Ulrich Schmack, président de la société du même nom.

Les énergies renouvelables assurent plus de 14% de l'approvisionnement énergétique en Allemagne, pays leader en la matière en Europe.

La chancelière Angela Merkel, dont le pays a décidé d'abandonner la production d'énergie nucléaire, veut augmenter à 20% cette part d'ici 2020, ce qui, selon des experts, permettrait de remplacer 14 des 19 centrales nucléaires allemandes et 18 des 21 centrales à charbon actuelles par des sources d'énergies renouvelables.

Note du Réseau 'Sortir du nucléaire' : sous peu, il apparaîtra de façon claire que, depuis 50 ans, la France a fait fausse route, menée de force sur le chemin de l'atome par des imbéciles (qu'ils soient présidents, ministres, parlementaires, PDG, etc.)

Agence / Yahoo news / transmis par le Réseau SDN



09/10/2007

Ouverture officielle du 'Grenelle en régions' à Bourges - Violences policières : une personne sérieusement blessée

La couv' de La Décroissance n°42 sur le 'Grenelle des dupes'

Autre scandale : des policiers déguisés en 'Participants' au Grenelle

Le Réseau 'Sortir du nucléaire' dénonce les violences policières qui ont émaillé l'ouverture du 'Grenelle de l'environnement' le vendredi 5 octobre à Bourges.

La programmation officielle des 'Grenelles en régions' lors de journées de semaine (en l'occurrence à Bourges un vendredi), pendant que la plupart des citoyens sont au travail, fait qu'il est aussi difficile de manifester contre le 'Grenelle'... que d'y participer (pour les citoyens qui croiraient encore à l'intérêt d'une telle parodie de démocratie). De fait, la quasi totalité des débatteurs étaient des officiels, des représentants des collectivités territoriales, etc.

De même, c'est seulement une trentaine de militants antinucléaires qui ont pu se rassembler, pacifiquement, devant l'entrée de l'auditorium de Bourges, afin de dénoncer la politique pronucléaire de M. Sarkozy. Pourtant, et malgré l'absence totale d'agressivité de la part des manifestants, les autorités les ont fait charger par les CRS. Résultat : une manifestante de 62 ans, Monique Desbois, a été sérieusement blessée (fracture sternale) et évacuée par les pompiers vers les urgence de hôpital de Bourges. Une ITT de 10 jours a été prescrite.

Par ailleurs, le Réseau 'Sortir du nucléaire' dénonce la collusion entre le ministère de l'écologie et les forces de police, dont plusieurs membres en civil portaient ostensiblement des badges officiels du 'Grenelle de l'environnement' estampillés 'Participant'. Ces méthodes d' 'infiltration', sous couvert de participer à une démarche citoyenne, sont intolérables. Le Réseau 'Sortir du nucléaire' demande à M. Borloo de prendre immédiatement les mesures pour que ces pratiques indignes ne se renouvellent pas lors des futures étapes du 'Grenelle'.

Le Réseau 'Sortir du nucléaire' appelle à manifester lors des différentes étapes régionales et à un grand rassemblement final le 27 octobre à 15 heures à Paris (Place Fontenoy) pour dénoncer la 'parodie de démocratie' que constitue le Grenelle de l'environnement et pour contester la politique pronucléaire de M. Sarkozy, à commencer par son accord nucléaire avec le dictateur libyen Kadhafi.

Réseau 'Sortir du nucléaire' - Fédération de 800 associations - Communiqué du mardi 9 octobre 2007 - Contact 06.64.100.333



08/10/2007

USA - Iran : des personnalités appellent les militaires à la désobéissance

« Nous, les citoyens des États-Unis, nous exhortons respectueusement, les hommes et les femmes courageux de notre armée, à refuser tout ordre d’attaquer de manière préventive l’Iran. » L’écrivain Gore Vidal, la pacifiste Cindy Sheehan, les journaliste Daniel Ellsberg Norman Solomon et Gareth porter, le chanteur Willie Nelson, le sénateur Eric Oemig et des dizaines de personnalités lancent un appel à l’insoumission.

À l’attention du Comité des chefs d’États-majors interarmes et à tout le personnel militaire des États-Unis : N’attaquez pas l’Iran.


Toute forme d’attaque préventive menée par les États-Unis contre l’Iran serait illégale.

Toute forme d’attaque préventive menée par les États-Unis contre l’Iran serait criminelle.

Nous, les citoyens des États-Unis, nous exhortons respectueusement, les hommes et les femmes courageux de notre armée, à refuser tout ordre d’attaquer de manière préventive l’Iran, une nation qui ne représente aucune menace sérieuse ou immédiate pour les États-Unis. Attaquer l’Iran, une nation souveraine de 70 millions de personnes, serait un crime de la plus grande envergure.

Appuis juridiques à notre requête de ne pas attaquer l’Iran :

Les Principes de Nuremberg, qui font partie intégrante de la législation des États-Unis, stipulent que tout le personnel militaire a l’obligation de ne pas obéir à des ordres illégaux. La section 609 du « Army Field Manual 27-10 » [NDT : Ouvrage utilisé dans la formation du personnel militaire en regard aux lois sur la guerre par exemple, la Convention de Genève], de même qu’à l’article 92 de la loi « Uniforme Code of Military Justice, » renferment ce principe. L’article 92 stipule : « Un ordre général ou un règlement est légal à moins qu’il soit contraire à la Constitution, à la législation des États-Unis... »

Toute condition d’un traité international ratifié par les États-Unis devient la loi des États-Unis. Les États-Unis sont un membre et un signataire de la charte des Nations Unies, dont l’article II, de la section 4 fait état que, « tous les membres s’abstiendront dans leurs relations internationales à la menace ou à l’utilisation de la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de n’importe quel état... » Puisque l’Iran n’a pas attaqué les États-Unis et puisque les États-Unis sont un membre et un signataire de la charte, toute attaque contre l’Iran menée par les États-Unis serait illégale en vertu non seulement du droit international mais aussi de la Constitution des États-Unis qui reconnaît nos traités comme Loi Suprême de notre Pays. En vous enrôlant dans l’armée, vous avez fait le serment de défendre notre Constitution.

Suivre les ordres de votre gouvernement ou de vos supérieurs ne vous relève pas de la responsabilité prévue par le droit international. Sous les Principes du Droit International reconnus dans la Charte du Tribunal de Nuremberg, la complicité dans la perpétration d’un crime de guerre est un crime en vertu du droit international.

Contexte :

Les accusations de l’administration Bush contre l’Iran n’ont pas été prouvées. Ni le développement d’armes nucléaires, ni de fournir de l’aide à l’Irak ne pourraient, si démontrés, constituer une justification pour une guerre illégale.

Une attaque contre l’Iran pourrait inciter la formidable armée iranienne à attaquer les troupes US postées en Irak. Des milliers de nos soldats pourraient être tués ou capturés comme prisonniers de guerre. Une attaque des États-Unis contre les installations nucléaires iraniennes pourrait également signifier la mort, par empoisonnement causé par la radioactivité, de dizaines de milliers d’innocents civils iraniens. Le peuple de l’Iran a peu de contrôle sur son gouvernement et finalement, il souffrirait énormément si les États-Unis devaient attaquer. Des raids de bombardement seraient équivalents à une punition collective, une violation de la Convention de Genève et feraient assurément pousser les germes de la haine pour les générations à venir. Les enfants composent un quart de la population de l’Iran.

Par-dessus tout, nous vous demandons de considérer le résultat de nos actions en Irak que les Services du renseignement des États-Unis admettent être « une cause célèbre pour les jihadistes », une situation qui n’existait pas avant que nous ayons attaqué. Nous devons faire face au fait que notre utilisation impétueuse des solutions militaires a créé plus d’ennemis et rendent les familles états-uniennes moins en sécurité. La diplomatie, et non la guerre, est la solution.

Connaître les risques inhérents au refus de suivre un ordre illégal ou en signant cette présente déclaration : Nous lançons cet appel en toute connaissance de cause et de plein gré, conscients du risque que, en violation de nos droits conférés par le Premier Amendement, nous pourrions être poursuivis sous les sections subsistantes de l’inconstitutionnelle Loi concernant l’espionnage ou de tout autre législation inconstitutionnelle et que nous pourrions être condamnés, emprisonnés ou bannis de tout emploi au sein du gouvernement.

Nous lançons cet appel tout aussi conscients du fait que vous n’avez aucune option facile. Si vous obéissez à un ordre illégal pour participer à une attaque agressive contre l’Iran, vous pourriez potentiellement être inculpés de crime de guerre. Si vous écoutez notre appel et désobéissez à un ordre illégal, vous pourriez être faussement inculpés de crime y compris de trahison. Vous pourriez être traduit à tort en Cour Martiale. Vous pourriez être emprisonnés.

Requête finale :

Nos leaders disent souvent que la force militaire devrait être utilisée en dernier recours. Nous vous prions de faire de cette politique une réalité et de refuser des ordres illégaux d’attaquer l’Iran. Nous promettons de vous soutenir pour protéger le public états-unien et les civils innocents à l’étranger.

Notre avenir, l’avenir de nos enfants et de leurs enfants, repose entre vos mains.

Vous connaissez les horreurs de la guerre. Vous pouvez empêcher la prochaine.

Sincèrement.

Voir la liste des signataires : http://contreinfo.info/article.php3?id_article=1320
Plus d'infos : http://www.dontattackiran.org

Voir une animation montrant l'impact d'une attaque nucléaire sur l'Iran

8 octobre 2007 - Contreinfo.info - Publication originale Don’t Attack Iran, traduction de Dany Quirion pour Alter Info



08/10/2007

Le nucléaire : une production marginale pour des risques majeurs

Stéphane Lhomme, porte-parole du réseau Sortir du nucléaire, explique pourquoi l’atome n’est pas, à ses yeux, la solution. Loin de là !

FRANCE-SOIR : Que répondez-vous à ceux qui estiment que le nucléaire permet d’éviter les émissions de gaz à effet de serre, lutte prioritaire pour endiguer le réchauffement climatique ?
STÉPHANE LHOMME : Que ce n’est pas vrai ! Le nucléaire ne représente que 2 % de l’énergie consommée sur la planète. Il n’est considéré comme important que dans quelques pays dont la France. Mais au niveau mondial, leur contribution à cette lutte est quasi nulle, alors que les risques sont majeurs.

Justement, ne savons-nous pas traiter les déchets aujourd’hui ?
Le traitement consiste à séparer l’uranium, le plutonium et les déchets ultimes issus de la fission qui concentrent presque 95 % de radioactivité. Ils sont vitrifiés mais rien n’est supprimé, ça ne change rien du tout. On les enfouit ensuite, comme dans la Meuse où ils veulent faire un gros trou, mais c’est un crime contre les générations futures.

Les énergies renouvelables suffiraient-elles demain si nous abandonnions les centrales nucléaires ?
Attention, le but n’est pas du tout de produire autant qu’aujourd’hui ! Au contraire, il faut arrêter de gaspiller l’énergie, notamment dans nos logements qui sont de vraies passoires. Si déjà nous isolions nos maisons, les énergies éoliennes, solaires et autres viendraient en complément. Au niveau mondial, elles fournissent déjà quatre fois plus d’énergie que le nucléaire. Les centrales hydrauliques à elles seules dépassent les centrales nucléaires.

France Soir : lundi 8 octobre 2007



07/10/2007

Apprenez à désobéir !

Le Monde 06.10.07
Mercredi 10h30, parking du Parc des expositions de La Teste-de-Buch, en Gironde, entre le Jardiland et deux entreprises de fenêtres et volets en bois ou aluminium. Sur le bitume, des camions-écoles manoeuvrent au ralenti. Derrière, une demi-douzaine de tentes Quechua forment un village, surmontées du drapeau arc-en-ciel des pacifistes italiens. Une petite troupe est assise en cercle sur des chaises de jardin en plastique, près d'un bassin de décantation. Ils sont une vingtaine, contactés via le Net, à suivre le stage de désobéissance civile : durant trois jours, ils vont s'initier à l'action directe non violente.

Personne ne donne son nom de famille, personne ne pose trop de questions sur les parcours des autres : moins on en sait, moins on pourra en raconter en cas d'arrestation. Les 'désobéissants' n'ont en commun qu'une conviction : il faut 'retrouver le chemin des luttes'. Pour deux raisons : l'urgence écologique et l'élection de Nicolas Sarkozy.

Ils ont tous repéré la voiture des RG stationnée à l'entrée du parc et l'hélicoptère qui effectue son ballet de surveillance. Pas question pourtant de plonger dans la paranoïa. S'opposer, ils savent. Ils ont l'expérience des luttes écolos, du fauchage d'OGM ou d'un collectif du Réseau d'éducation sans frontières. Mais les pétitions et les manifs 'traditionnelles' les ennuient ; ils veulent 'être plus efficaces' et 'ludiques'. Depuis décembre 2006, c'est le quatorzième stage organisé gratuitement par une poignée d'activistes regroupés sur le site Desobeir.net.

Chacun se présente, se lève, donne son prénom et un signe distinctif, rejoint par un autre qui se reconnaît dans cette description, puis donne la main à son voisin. Les stagiaires s'exécutent avec une joie enfantine. Xavier a déjà voté Chirac 'à sa grande honte', Simon 'a vécu à l'étranger', Sarah 'aime bien l'escalade', Roselyne est 'objecteur de croissance' parce qu'elle 'aime la simplicité volontaire', Mireille n''aime pas les grands discours', Prisca est faucheuse volontaire. Les tenues sont babas cool sans excès : jean délavé, caleçon à fleurs ou saroual, cheveux relevés chez les filles ; pulls noirs zippés ou sweats à capuche, crâne négligemment rasé ou catogan pour les garçons. Tous 'no logo', évidemment.

Il est temps pour les animateurs - des bénévoles - d'aborder le processus d'apprentissage, où va se distiller l'esprit 'impliquant' de la non-violence. Un axe est esquissé sur le sol avec abscisse et ordonnée : 'violent'/'non violent', 'je ferais'/'je ferais pas'. Les activistes doivent se placer sur le diagramme en fonction de leur perception de l'acte décrit et de leur capacité à agir 'en conscience' : faucher un champ d'OGM, faucher le même champ en présence de l'agriculteur, pénétrer une base militaire en coupant le grillage, séquestrer le patron d'une grande firme d'OGM...

'C'est violent de bousiller un champ sous les yeux de l'agriculteur, mais je le ferais quand même', remarque Patrice, 50 ans, paysagiste à Arcachon. Face à une base nucléaire, 'faut bien se défendre avec ce qu'on a', assure Gwen, 18 ans, revenue d'une année passée en Irlande.

Retenir un PDG, 'c'est une atteinte à la personne, mais, si on m'en démontre l'utilité, je le fais', continue Prisca. 'Ça dépend du groupe, j'ai besoin d'avoir confiance', tempère Hélène, 25 ans, munie d'une maîtrise de français langue étrangère. Doucement émerge une conscience du risque, de l'utilité de l'action entreprise.

L'insulte gratuite comme moyen d'action rencontre moins de succès : 'Tout le monde a le droit de travailler, même si je me vois pas bosser dans le nucléaire', estime Christophe, saisonnier dans les vignes de Lot-et-Garonne. 'Tout dépend du poste occupé. Je le ferais pas contre un ouvrier payé au smic, mais si c'est un cadre qui sait que ce qu'il fait est potentiellement dangereux, alors...', ose, de sa voix grave, Mathieu, 25 ans, arboriste. 'Pour moi, un mec qui dort dans la rue, c'est de la violence sociale qui m'agresse plus', tranche Simon, belle gueule de 21 ans, une licence de 'socio' en poche.

16 HEURES.
La troupe s'essaie à divers jeux de rôle de confrontation avec les forces de l'ordre. Hésiter, se poser des questions face à un cordon de gendarmes mobiles, c'est sain et même encouragé. Chez les désobéissants, il n'y a pas de chef. 'Faut pas s'engager dans une action pour plaire à un ami. La non-violence c'est une réflexion, une stratégie où il doit y avoir du plaisir, du bonheur', conseille Yannick, un père au foyer à la tête d'oiseau déplumé. Quand les CRS dispersent une manifestation, mieux vaut leur tomber dans les bras que 'leur taper dessus', continue-t-il. 'C'est plus efficace, le flic n'a pas l'habitude, ça le désarçonne !'

19 HEURES.
C'est l'heure du dîner, autour de longs tréteaux. Un groupe, essentiellement féminin, a préparé de grands saladiers de carottes et de choux râpés. Sous la bâche blanche, accrochés à une cordelette par des pinces à linge, les gobelets où chacun a écrit son prénom s'égouttent. On parle de Malcolm X, Mandela ou Jean-Marie Muller, philosophe français de la non-violence. Mais aussi de la marche anti-G8 à Rostock en juin. Simon en était : ' J'y suis allé en suivant mes potes sans réaliser qu'on allait à la baston. Heureusement que les non-violents étaient là.'

Hélène surveille son couteau de près : pour cette végane - végétarienne qui ne consomme ni ne porte aucun produit d'origine animale -, pas question que la lame entre en contact avec le pâté en boîte posé sur la table. 'Ça me démonte que, dans un rassemblement décroissant, on mange de la viande', bougonne-t-elle. La casquette posée de travers sur ses cheveux châtains, cette brune gironde explique qu'elle est 'sur la route' depuis six mois : elle n'a plus envie 'de travailler pour un patron ni de toucher de l'argent de l'Etat'. Ce qu'elle apprécie ici, c'est qu''on va au bout des choses, c'est pas du blabla'. La soirée s'achève dans les volutes bleues des 'pétards' qui circulent.

JEUDI, 9 H 30.
On commence en se réfugiant sous un hangar. La nuit sous la tente a été froide et les mains se figent sur les gobelets de café. Au programme, la préparation complète d'une action contre un convoi transportant le missile 51 au centre d'essais des Landes. L'opération doit être à la fois pacifiste et efficace, professe Ben, cheminot.

Logistique, sécurité, repérage, vérification de l'itinéraire emprunté, contact juridique en cas d'arrestation, soutiens locaux, moyens de communication alternatifs au portable suspect d'être sur écoute - 'le mieux, c'est de donner un nom de code à l'action comme 'on va aux champignons cet après-midi'', précise Jean-Claude, un postier arborant un tee-shirt 'Made in Tchernobyl'. Il faut aussi veiller à la distribution des rôles pour que chacun sache ce qu'il doit faire - les 'peace keepers' calment le jeu, les 'anges gardiens' ravitaillent les activistes... 'C'est vachement important', prévient Yannick.

12 HEURES.
Les stagiaires ont tout 'listé', la faim se fait sentir. Un tour de table appelé 'la cérémonie du thé' permet à chacun de dire comment il a vécu l'action. 'Exprimer ses émotions évite les malentendus', insiste Jean-Charles. L'émotion du moment est plutôt aux bâillements. C'est l'heure de la sieste sur l'herbe.

19 HEURES.
Après un repas toujours aussi succinct, on passe à l'atelier 'désescalade'. Ou comment désamorcer les situations de violence à l'intérieur du groupe. Celle qui jaillit quand on est surpris en train de taguer un panneau publicitaire ou qu'on déploie quand on essaie de se dégager lors d'une arrestation. Le groupe doit s'interroger sur les moyens de faire retomber la tension et garder une image pacifique, 'parce que le flic reste un être humain'. Les stagiaires hésitent : 'On s'enfuit ?', lance Hélène. 'Surtout pas, ça crée de la perturbation dans le groupe. Entraîne les autres à s'asseoir, répond Ben. Le but est de réfléchir à ce moment où la situation peut vous échapper et l'anticiper.' L'assemblée agite les mains en l'air pour manifester son accord : le langage des sourds-muets est de rigueur dans les réunions désobéissantes.

VENDREDI 10 HEURES.
C'est l'heure d'apprendre les 'techniques de blocage'. Pour faire durer une action le plus longtemps possible avant de se faire déloger par les forces de l'ordre, quelques ficelles sont nécessaires. Le matériel est posé à terre : un antivol de moto en U, une chaîne, des tuyaux de canalisation en PVC, des cordelettes... Jean-Claude se plaque contre une grille supposée être celle d'une centrale nucléaire, passe l'antivol à son cou - 'ça passe l'envie aux policiers de tirer dessus. Pour vous libérer, ils doivent passer à la meule chirurgicale (outil dont se servent les médecins pour ouvrir les plâtres).' Pour terminer l'exercice, un conseil : en cas d'occupation prolongée, prévoir une couche 'pour les besoins pressants'.

Plus loin, un groupe s'essaie à 'la tortue'. Assis en petit cercle, pieds et bras emmêlés sous les jambes, il forme un 'pack' impossible à soulever. Autre 'outil', un tuyau de PVC muni d'une vis transversale permet de bloquer deux activistes par les bras. 'La méthode de résistance passive passe par une exposition du corps, mais maîtrisée', précise Ben. Des fous rires ponctuent les exercices. Les animateurs commencent à fatiguer : 'Vivement lundi, souffle Jean-Charles, qu'on reprenne le boulot !'

Sylvia Zappi - Le Monde - Article paru dans l'édition du 07.10.07.



07/10/2007

Missiles nucléaires du B52 : des implications extrêmement graves

L’incident du B52 emportant des missiles nucléaires a été traité à la légère par les médias. A tort, car ses implications sont extrêmement graves. Il s’agissait soit d’un préparatif secret d’attaque nucléaire contre l’Iran, soit de la preuve d’un terrifiant amateurisme - à vrai dire, au delà du vraisemblable - dans la mise en oeuvre des armes les plus dangereuses sur terre. Faut-il rappeler que les USA déploient 450 têtes nucléaires sur le sol européen ? Robert Stone, ancien officier de la Navy, fait le point sur cette affaire et pose des questions dérangeantes.

Robert Stone, Star Telegram, 7 octobre 2007

Le mois dernier, six missiles de croisière AGM-129 armés de têtes nucléaires W80-1 ont été transportés de la base de l’US Air Force de Minot, dans le Dakota du nord, à celle de Barksdale, en Louisiane, et sont restés 10 heures sur le tarmac, sans que personne ne s’en aperçoive.

Les journaux ont fait état d’une erreur de l’Air Force qui a fait voler des armes nucléaires en violation des ses règles et des traités internationaux, mais ont complètement ignoré les questions les plus importantes, et ne se sont pas demandés comment on pouvait égarer 6 missiles, pour commencer.

Parmi les éditoriaux et les opinions parus dans la presse américaine certains ont reproché à l’Air Force d’avoir fait voler des armes nucléaires, d’autres ont pris sa défense. Mais aucun ne s’est préoccupé de la véritable question qui est celle de notre sécurité nucléaire.

Il faut être très clair. Nous ne parlons pas ici de cartouches de paint-ball ou de pistolets à air comprimés. Nous parlons d’armes nucléaires.

Il existe une chaîne de surveillance très stricte pour de telles armes. La manœuvre des armes nucléaires est décrite de façon très détaillée par les règlements de l’Air Force, ce qui est à porter à son crédit. Chaque personne qui ordonne un mouvement de ces armes, qui les manipule, casse un scellé ou déplace une arme doit contresigner un document afin d’assurer la traçabilité.

Pour les armes nucléaires, deux spécialistes des munitions armés doivent travailler en équipe. Toutes les personnes travaillant sur ces armes doivent satisfaire à des critères de sécurité très stricts et sont soumis à des tests de fiabilité, connus sous le nom de « Personnel Reliability Programm . » Ils travaillent dans des zones à accès restreint, sous la surveillance d’une autre personne, et sont contrôlés régulièrement.

Toutes les forces de sécurité chargées de ces armes sont autorisées à faire usage d’une force létale pour les protéger de toute forme de menace. Et personne ne peut transporter rapidement un missile de croisière d’une tonne, ni oublier six d’entre eux, comme l’ont rapporté certains journaux, tout spécialement lorsqu’ils sont chargés de tels explosifs.

Les USA ne transportent pas non plus d’armes nucléaires promises à un démantèlement attachées à un système de tir sous les ailes d’un avion de combat. La procédure consiste à séparer la tête du missile, puis a emballer la tête et à la transporter par avion cargo militaire jusqu’à un dépôt - pas une base opérationnelle qui se trouve être celle de lancement des missions vers le Moyen Orient.

Oui, nous faisons encore voler des têtes nucléaires au dessus des USA aujourd’hui. Nous les transportons également au sol. Là n’est pas la question.

La question, c’est comment six missiles de croisière nucléaires sont sortis de leurs bunkers pour aller sur un avion de combat, sans que ne s’en aperçoivent le commandant de la base, le commandant de l’escadrille, l’équipe de maintenance des munition, le commandant de bord du B-52 et son chef d’équipage. Et comment ces armes sont restées sur le tarmac d’une autre base durant 10 heures sans que, là aussi, la chaîne du commandement ne s’en aperçoive.

Il est temps d’aller au fond des choses en menant une enquête complète.

Le ministre de la défense Robert Gates, a demandé à Larry Welch, un ancien chef d’état major de l’Air Force, de conduire une enquête indépendante sur les implications de cet incident. Cet enquête vient en sus de celle menée par l’Air Force dirigée par le Major Général Douglas Raaberg, le directeur des opérations aériennes et spatiales au Air Combat Command, qui est responsable des bombardiers et des chasseurs de l’Air Force.

Voici les questions auxquelles il faut répondre ;

1- Pourquoi, et pour quel usage ces armes nucléaires ont-elles été envoyées à Barksdale ?

2 - Combien de temps s’est écoulé avant que l’erreur n’ait été découverte ?

3 - Combien d’erreurs ont-elles été commises, et combien d’erreurs devaient-elles être commises pour que ceci puisse arriver ?

4 - Combien et quelles sont les règles de sécurité qui ont été omises ?

5 - Combien et quelles sont les procédures de sécurité qui ont été ignorées ?

6 - Combien d’autres manquements à l’observations des règles dans la chaîne de commandement et de contrôle des armes nucléaires se sont produits ?

7 - Que va faire le Congrès pour améliorer la surveillance de la chaîne de commandement et de contrôle nucléaire ?

8 - En quoi cet incident concerne-t-il la fiabilité des procédures de contrôle des armes et des matériaux nucléaires en Russie, au Pakistan et ailleurs ?

9 - L’administration Bush a-t-elle, comme certaines informations le suggèrent, un plan pour attaquer l’Iran avec des armes nucléaires ?

10 - S’il s’agit d’un accident, avons-nous dégradé la qualité de notre armée à un point tel que nous commettons des erreurs critiques avec notre arsenal nucléaire ? Si c’est le cas, comment le corriger ?

Oui, des têtes doivent tomber et des carrières prendre fin. Mais soyons sûrs que cela aille des sous-officiers jusqu’aux généraux.

Ou bien aurons à faire à la version US Air Force de l’enquête d’Abou Ghraib ?

Robert Stone est un commandant à la retraite de l’US Navy.

Sources : Publication originale Texas Star Telegram / Contreinfo.info



01/10/2007

Aidez-nous à continuer à lutter contre le missile M51


Arrêtons-les, avant qu'il ne soit trop tard !
Le collectif contre le missile nucléaire M51 a besoin de vous

Avec le festival des Landes et deux Inspections citoyennes en 2006, nous avons essayé d'alerter la population au sujet des mini-bombes nucléaires d'attaque de la France. Mais pour arrêter la construction des missiles M51, qui porteront ces bombes, nous avons besoin de votre aide.

Vos contributions financières ou votre participation à nos actions directes non violentes nous permettent de continuer.
Il est encore temps de défendre la paix et le désarmement global !

Pour soutenir la campagne du collectif 'non au missile M51' et le festival Peace and Landes, merci d'envoyer vos chèques à l'ordre de l'Union Pacifiste de France (UPF, en précisant au dos 'M51') et à l'adresse suivante :
Xavier Renou 49 rue de Neuilly 92110 Clichy

Le tract à télécharger (en pdf)

Collectif Non au missile M51



28/09/2007

'Grenelle de l'environnement' : Grand rassemblement contre la politique pronucléaire de Sarkozy

Sortons du nucléaire - Stop-EPR

Samedi 27 octobre - 15h à Paris
Place de Fontenoy (derrière Les Invalides) devant le 'Grenelle de l'environnement'

- Les déclarations de M. Sarkozy à l'ONU et son accord nucléaire avec le dictateur libyen Kadhafi sont injustifiables
- La question du nucléaire a été tranchée avant le Grenelle
- Il faut annuler l'EPR et lancer un plan de sortie du nucléaire


Le Réseau 'Sortir du nucléaire' appelle les citoyens à un grand rassemblement devant le 'Grenelle de l'environnement', samedi 27 octobre à 15h place Fontenoy (Invalides) à Paris, pour dénoncer la politique pronucléaire de M. Sarkozy ainsi que les décisions prises en la matière avant même la tenue du 'Grenelle'.

Trois faits majeurs illustrent cette situation :

1) Les déclarations de M. Sarkozy à l'ONU et son accord nucléaire avec le dictateur libyen Kadhafi sont injustifiables

Les déclarations pronucléaires de M. Sarkozy à l'ONU le 24 septembre ('La France est prête à aider tout pays qui veut se doter de l'énergie nucléaire civile'), ainsi que la signature le 26 juillet par M. Sarkozy d'un accord nucléaire avec le dictateur libyen Kadhafi, sont injustifiables. Voilà qui prouve en outre que la question du nucléaire a été tranchée avant le 'Grenelle', puisque M. Sarkozy veut exporter cette technologie, balayant les problèmes gravissimes des risques, des déchets radioactifs, du terrorisme et de la prolifération nucléaire.


2) La question du nucléaire a été tranchée par le pouvoir avant même la tenue du 'Grenelle'

Avant même les déclarations de M. Sarkozy, le 'Grenelle de l'environnement' était caduc sur la question de l'énergie : dès sa prise de fonction, le Ministre de l'écologie (à l'époque M. Juppé, mais il n'a pas été démenti par M. Borloo) avait fait savoir qu'il était hors de question de remettre en cause le nucléaire en général et la construction du réacteur EPR en particulier. Certes, le ministère a ensuite concédé qu'il serait quand même possible de 'parler du nucléaire' lors du 'Grenelle', mais aujourd’hui il n’en est plus question : la remise en cause du nucléaire est tout à fait exclue lors du Grenelle de l'environnement.

3) Le décret de construction du réacteur EPR n'a même pas été suspendu le temps du Grenelle

Le Réseau 'Sortir du nucléaire' a demandé que le 'préalable pronucléaire' du gouvernement soit levé, c'est-à-dire que l'abrogation du décret qui autorise EDF à construire le réacteur nucléaire EPR (*). Ce décret a été pris en catimini, par le gouvernement Villepin, dix jours avant l'élection présidentielle.
L'argument du gouvernement, 'Nous ne pouvons remettre en cause une décision déjà prise' est parfaitement ridicule puisque M.Sarkozy a fait sa campagne présidentielle... sur le thème de la 'rupture' : Comment croire à présent que le nouveau Président se sente subitement engagé par la signature de son 'ami' Villepin ?
Il n'est donc pas possible de participer au 'Grenelle' alors que, pendant ce temps, EDF tente de rendre irréversible la construction de l'EPR.

Conclusion
Le Réseau 'Sortir du nucléaire' appelle donc les citoyens à un grand rassemblement de protestation devant le 'Grenelle de l'environnement' pour dénoncer le coup de force pronucléaire du président Sarkozy et du gouvernement et exiger l'annulation de l'accord nucléaire Sarkozy-Kadhafi.
Mais surtout, il s'agira pour les citoyens d'exiger une loi de 'sortie du nucléaire' afin que la France, comme par exemple l'Allemagne, en finisse avec l'atome, ses risques et ses déchets, et investisse réellement dans les économies d'énergie et les énergies renouvelables.
Cela permettra d'ailleurs de s'attaquer vraiment au réchauffement climatique tout en créant des dizaines de milliers d'emplois non délocalisables, en assurant – véritablement - l'indépendance énergétique du pays et en réduisant les risques de prolifération nucléaire.

(*) ainsi que les décrets préfectoraux grâce auxquels EDF a commencé les travaux préparatoires au chantier de l'EPR.

Réseau 'Sortir du nucléaire' - Fédération de 800 associations - Communiqué du vendredi 28 septembre 2007



24/09/2007

La sécurité en question

Après la chute de la grille, les militants sont restés assis pour montrer leur non-violence et apaiser les esprits

BISCARROSSE. L'effondrement du portail du CELM, samedi, lors de la manifestation de 300 antinucléaires pose question sur la qualité des équipements

« Nous regrettons cet incident. Ce qui s'est passé montre dans quel état de vétusté se trouve le site du Centre d'essais des Landes. Ça fait peine à voir ». Ainsi Xavier Renou commente-t-il les événements de la journée, à sa sortie de garde à vue, samedi soir. Le porte-parole du réseau Sortir du nucléaire a été interpellé, avec deux autres militants antinucléaires en milieu d'après-midi.
Les trois hommes sont parvenus à s'introduire dans le Centre d'essais et de lancement de missiles des Landes (CELM), à Biscarrosse, lors de la seconde manifestation organisée, avant-hier, par le collectif « Non au M. 51 ». Auditionnés pendant plus de trois heures, ils ont finalement été relâchés. Ils encourent des poursuites pour violation d'un site militaire. Mais n'ont rien à voir avec l'accident d'un gendarme mobile, blessé à la jambe par la chute du portail d'entrée (lire Sud Ouest Dimanche d'hier et ci-dessus).
Un incident qui soulève quelques questions sur la qualité des équipements d'accès de la base. Pour rappel, alors que 300 militants antinucléaires étaient réunis devant le CELM pour dénoncer les essais du missile M 51 effectués à cet endroit depuis l'année dernière et obtenir l'autorisation de procéder à une « inspection citoyenne » des lieux, la grille métallique de l'entrée s'est effondrée sur un agent des forces de l'ordre. Le portique n'a pas résisté à la petite charge d'une dizaine de manifestants qui, pour faire du bruit, tapaient dessus.

Entrée annexe. Cet événement a suscité la consternation sur place. « C'est quand même ahurissant. Et vraiment pas très solide pour une base militaire », jugeait ainsi le sénateur Vert de Paris, Jean Desessard, présent sur place aux côtés d'Olivier Besancenot, de la LCR, et d'autres personnalités politiques du département et de la région.
Toutefois, il ne s'agirait que d'une entrée factice, dont les portes restaient toujours ouvertes, en temps normal. « Pour pénétrer sur le site, il faut passer un autre portail. Plus haut et posé sur rail, il n'a rien à voir avec celui qui s'est effondré », assure Bertrand Ponty, l'officier de gendarmerie en charge de la communication. On ose l'espérer.

SUITE DES INCIDENTS.....

Le gendarme blessé.
Le militaire blessé samedi lors de la manifestation des antinucléaires a été opéré, hier matin, au centre hospitalier de La Teste, en Gironde. Cet homme de 45 ans, qui fait partie de l'escadron mobile de gendarmerie de Bellac, en Haute-Vienne, souffre d'une double fracture du tibia. Secoué par des militants, le portail d'entrée du CELM a cédé. Il est tombé sur la jambe du gendarme.

Poursuites judiciaires. Les parquets de Pau et de Mont-de-Marsan ont été saisis, samedi. Le premier est en charge des trois intrusions sur le site du CELM et attend que les procédures lui soient transmises pour envisager des poursuites. L'accident du gendarme dépend du parquet de Mont-de-Marsan. L'enquête a été confiée à la brigade de la gendarmerie d'armement de Biscarrosse.

Sud Ouest 24 septembre 2007 - Elisa Artigue-Cazcarra



23/09/2007

Armement nucléaire : quatrième inspection citoyenne réussie !

COMMUNIQUE du Collectif Non Au Missile M51

La Teste de Buch (33), le 23 Septembre 2007

Les participants du rassemblement devant le Centre d’Essais des Landes (C.E.L), où est testé le nouveau missile nucléaire d’attaque M51, se félicitent de la réussite de l’inspection citoyenne du 22 Septembre 2007. 19 inspecteurs citoyens ont été interpellés à l’intérieur du C.E.L lors de cette action non-violente visant à dénoncer ce programme de réarmement.

Nous exigeons du gouvernement qu’il mette tout en œuvre pour relancer le processus de désarmement nucléaire.
Nous réitérons notre demande au gouvernement que les citoyens, associations, et élus présents au rassemblement du 22 Septembre soient reçus pour visiter le C.E.L et s’assurer que la France respecte ses engagements internationaux et prévoie d’arrêter le programme du missile M51.

De plus, nous tenons à exprimer nos regrets au gendarme blessé lors de la chute accidentelle et imprévisible du portail du C.E.L. Cet incident nous touche d’autant plus que notre action était non-violente.

Contacts : Ben 06 29 54 07 14 / Xavier 06 64 18 34 21

Contact presse : Marina 06 24 66 86 00

COMMUNIQUE du Collectif Non Au Missile M51



22/09/2007

Manifestation pour le désarmement nucléaire dans les Landes

BISCARROSSE, Landes - De 300 à 400 personnes ont manifesté samedi en faveur du désarmement nucléaire devant le Centre d'essai de lancement de missiles (CELM) à Biscarrosse, dans les Landes, où les tirs d'essai du missile stratégique à longue portée M51 sont effectués.

Les manifestants s'étaient réunis à l'appel du collectif 'Non au missile M51' avec le soutien du Réseau 'Sortir du nucléaire' devant le portail d'entrée du CELM fortement surveillé par des gardes mobiles.

Ils ont demandé que les élus présents parmi eux soient autorisés à procéder à une visite des lieux. Le directeur de cabinet du préfet a répondu au sénateur Vert de Paris Jean Desessard qu'une visite serait possible ultérieurement si une demande officielle était présentée par les élus.

'En poursuivant le développement du M51 la France viole le traité de non-prolifération qu'elle a signé. Nous demandons à ce que des inspecteurs-citoyens soient reçus pour le constater', a déclaré Xavier Renou, porte-parole de 'Non au missile M51'.

Le M51 est destiné à équiper à partir de 2010 les sous-marins nucléaires lanceurs d'engins de nouvelle génération de la force océanique stratégique. Un deuxième tir d'essai de ce missile a été réalisé avec succès le 21 juin dernier.

Des manifestants ont tenté de pénétrer dans l'enceinte du CELM en passant par dessus les grilles. Trois d'entre eux, dont Xavier Renou, y sont parvenus et ont été interpellés.

Les manifestants ont alors secoué le grand portail qui s'est effondré blessant un garde mobile à une jambe. Les forces de l'ordre se sont déployées pour empêcher que d'autres activistes ne pénètrent dans l'établissement.

Les manifestants se sont engagés à quitter les lieux dès la libération de leurs trois camarades, ce qui devait intervenir en fin d'après-midi ou en début de soirée, selon la préfecture.

Parmi les manifestants se trouvait le porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire Olivier Besancenot. L'ancien candidat d'extrême gauche à l'élection présidentielle a souligné que 'Nicolas Sarkozy n'arrête pas de nous répéter que la France doit faire des économies mais ça ne dérange personne que des milliards soient dépensés dans les armes'.

Le Monde - Reuters 22.09.07



22/09/2007

200 manifestants devant le centre d'essai des Landes contre le missile M51

BISCARROSSE (Agence) — Quelque 200 personnes ont participé samedi après-midi à Biscarrosse (Landes) à une manifestation contre la prolifération nucléaire, au cours de laquelle un gendarme a eu accidentellement une jambe fracturée.

Le portail du Centre d'essai et de lancement de missiles des Landes (CELM) 'est tombé sous le poids de manifestants' qui tentaient de l'escalader, et un gendarme 'qui n'a pas eu le temps de reculer' a eu une jambe cassée, ont indiqué les gendarmes.

Une partie des manifestants, réunis à l'appel du collectif 'Non au missile M51' --en présence du porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) Olivier Besancenot--, a tenté en milieu d'après-midi d'escalader les grillages entourant la zone militaire ainsi que les grilles du portail d'entrée, après s'être vu refuser le droit à une 'inspection citoyenne' du CELM.

'Huit personnes ont été interpellées' au total après s'être introduites à l'intérieur de la zone militaire, a t-on appris auprès du directeur de cabinet du préfet des Landes, Serge Gonzalez, qui a précisé que le gendarme blessé par la grille souffrait 'vraisemblablement d'une fracture au tibia'.

Trois manifestants, interpellés en milieu d'après-midi, ont été libérés en début de soirée, tandis que cinq autres, qui se sont introduits plus tard dans le CELM en utilisant une autre entrée, sont actuellement entendus, a t-il précisé.

'Ils devraient en principe être libérés dans la soirée', a-t-on appris auprès du parquet de Pau, compétent pour les 'pénétrations dans des enceintes militaires'.

Les manifestants ont observé toute l'après-midi un sit-in devant l'entrée de la zone militaire pour réclamer la libération des personnes interpellées, avec des banderoles proclamant 'Le nucléaire tue' et 'M51: ici arme de destruction massive'.

'On est là pour dénoncer la politique nucléaire de la France' et 'réclamer la sortie du nucléaire civil et militaire', a déclaré Olivier Besancenot.

Le directeur du CELM, François Coté, a souligné qu''il n'y a pas de matière nucléaire' dans le centre d'essai des Landes', les missiles tirés depuis le CELM lors des essais n'étant 'pas armés'.

'La manifestation s'est dispersée aux alentours de 19H45', a précisé M. Gonzalez.

Cette action, organisée dans le cadre du 'festival Peace and Landes' qui se déroule du 21 au 23 septembre à La Teste-de-Buch (Gironde) et Biscarrosse, visait notamment à dénoncer le 3e tir d'essai du missile M51 qui devrait avoir lieu prochainement depuis le CELM.

Le missile balistique M51 doit équiper à partir de 2010 les sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE) français. Pouvant contenir six têtes nucléaires, il doit avoir une portée de l'ordre de 8.000 km, contre 6.000 km pour le M45 dont sont dotés actuellement les SNLE.



21/09/2007

Pacifistes contre missile

PHOTO JULIEN LESTAGE

LA TESTE-DE-BUCH. -- Ce week-end, les antinucléaires se rassemblent au Parc des expositions pour dénoncer les activités du Centre d'essais de Biscarrosse

Ce week-end, les antinucléaires vont donner de la voix au parc des expositions de la Teste-de-Buch, puis devant l'entrée du Centre d'Essai des Landes (CEL), à Biscarrosse. En clair, il s'agit de la deuxième édition du festival « Peace and Landes », organisé par le Réseau Sortir du Nucléaire. Selon leur formule, les organisateurs de cette manifestation viennent « rendre visible et tenter d'arrêter le programme de construction du missile nucléaire d'attaque M51 ». Lequel a déjà fait l'objet de deux essais au CEL de Biscarrosse, en novembre 2006, puis juin 2007.
« C'est un missile d'attaque, pas de dissuasion. La France est hors-la-loi. Elle a signé le traité de non-prolifération nucléaire, et pourtant elle continue de s'armer », rappelle Xavier Renou, l'instigateur du festival.
L'année dernière, et sur trois journées, la première édition de « Peace and Landes » avait rassemblé 24 000 personnes. Et 40 militants étaient parvenus à pénétrer le site du CEL. Le festival s'était imposé à la commune de Biscarosse, qui n'avait pas souhaité accueillir la manifestation. La préfecture avait finalement permis aux antinucléaires de se mettre en place sur une aire d'accueil des gens du voyage.

Une solution avec La Teste. Pour « Peace and Landes II », Xavier Renou a trouvé un accord avec la municipalité de la Teste-de-Buch. Ce qui permet aux festivaliers de se retrouver au parc des Expositions, loué pour l'occasion. Sur ce site, il est prévu dès ce soir, puis samedi et dimanche, des concerts, des conférences, du théâtre, et diverses animations sur le thème du nucléaire. Possibilité est aussi donnée au public de se restaurer.
Outre les animations annoncées en Gironde, le temps fort de ce rendez-vous se produira samedi dans les Landes, à partir de 15 heures, devant l'entrée du CEL à Biscarosse.
Xavier Renou ne cache pas que les militants vont tenter une nouvelle fois de pénétrer le site du CEL, et promet des actions plus diffuses qu'en 2006... Samedi matin, entre 10 heures et 12 heures, toujours au parc des expositions de la Teste-de-Buch, un échange aura lieu sur les actions de l'après-midi. Ceux qui veulent participer, sont attendus nombreux. C'est le message passé par le réseau Sortir du nucléaire au public.
A noter que Noël Mamère et Michel Daverat des Verts, puis Olivier Besancenot de la LRC sont annoncés pour la deuxième édition de ce festival. José Bové, lui, est incertain. Ses nombreux procès rendraient son déplacement « périlleux »...

Photo : Xavier Renou avant l'ouverture du festival Peace and Landes : « La France est un Etat voyou. Elle ne respecte pas le traité de non-prolifération nucléaire qu'elle a signé »

Sud Ouest - Julien Lestage



20/09/2007

Les antinucléaires fusionnent à La Teste

« La France viole ouvertement le traité de non-prolifération en faisant du nucléaire une arme du champ de bataille », s'agaçait au début du mois Stéphane Lhomme, représentant du réseau Sortir du nucléaire. Un combat qui l'amène à participer ce week-end à la seconde édition du festival Peace and Landes (affiche ci-contre) contre le missile d'attaque M51 et la prolifération nucléaire, au Parc des expositions de La Teste. Avec du théâtre, vendredi, et un concert, samedi, mêlant le rock de No one is innocent à l'électro de X-Makina, le festival sera surtout l'occasion de nombreux débats, avec notamment le leader altermondialiste José Bové et Olivier Besancenot, de la LCR. « C'est un festival du pacifisme, explique Xavier Renou, du collectif Non au M51, beaucoup de revendications sociales peuvent s'y greffer. » On attend ainsi la visite des Faucheurs volontaires.

Point d'orgue de l'événement, un rassemblement est prévu samedi à 15 h devant le centre d'essais des Landes, à Biscarrosse, où est testé le M51. Les organisateurs tenteront d'envahir le site afin de prendre des photos de l'aire de lancement, tenue secrète. « C'est illégal, mais la France est dans l'illégalité, prévient Xavier Renou. Nous sommes donc prêts à risquer des sanctions pour faire appliquer le droit international. » Le mariage, samedi, à Arcachon, du porte-parole de l'Elysée, David Martinon, en présence du couple Sarkozy, était lui aussi menacé d'intrusion. Il a été reporté sans explication.

20 minutes - 20 septembre 2007 (article transmis par le Réseau Sortir du nucléaire)



19/09/2007

Le Réseau 'Sortir du nucléaire' proteste contre la condamnation injuste de son porte-parole

2 mois de prison avec sursis pour Stéphane Lhomme

Pas de certificat médical, pas de blessé, pas la moindre ecchymose. Pas de partie civile, pas de plaignant, pas l'ombre d'une 'victime'. Pas même une infraction… et pourtant, c'est bien à une peine de deux mois de prison - avec sursis tout de même - que Stéphane Lhomme, porte-parole du Réseau 'Sortir du nucléaire', a été condamné par la Cour d'appel de Bordeaux ce mercredi 19 septembre 2007.

Rappel : la centrale nucléaire du Blayais (Gironde) a fonctionné entre le 1er avril et le 26 septembre 2003 sans autorisations de rejets chimiques et radioactifs, et de pompage d'eau. Il s'agit d'un délit passible de deux ans de prison.

Le Préfet et l'Autorité de sûreté, qui auraient dû sanctionner EDF, ont au contraire 'couvert' le délit. Aussi, le 27 octobre 2003, c'est l'association antinucléaire Tchernoblaye qui a déposé une plainte contre la centrale nucléaire du Blayais. Une enquête préliminaire est soigneusement réalisée par la gendarmerie de Blaye, qui transmet le dossier au Parquet de Bordeaux qui se dépêche… de ne rien faire.

Tous les ans, à la date anniversaire du dépôt de la plainte, les militants de Tchernoblaye manifestent vainement pour demander que justice soit faite. Le 27 octobre 2006, pour le 3ème 'anniversaire', deux militants tentent d'occuper un échafaudage situé dans la cour du Palais de Justice où ont lieu des travaux.

Seul Stéphane Lhomme, Président de l'association et, par ailleurs, Porte-parole du Réseau 'Sortir du nucléaire', parvient à prendre position à 12 mètres de hauteur. Il y reste plusieurs heures, avant qu'un Procureur monte à sa rencontre sous prétexte de négocier. En réalité, l'homme de loi ouvre une trappe pour laisser monter un officier de police pour une irresponsable tentative d'arrestation acrobatique.

Pour éviter toute chute, Stéphane Lhomme referme immédiatement la trappe. Le Procureur met alors volontairement sa jambe en opposition pour tenter d'empêcher la fermeture. L'échafaudage tangue, le policier redescend, suivi du procureur. Le militant cessera de lui-même son occupation en fin d'après midi, sera entendu par la police puis relâché dans la soirée.

Or, quelques temps plus tard, surprise : le Parquet de Bordeaux - qui est donc capable d'agir ! - poursuit Stéphane Lhomme pour 'violences' commises sur le procureur et sur le policier. Pourtant, ces derniers ne sont pas parties civiles et ils n'ont aucune blessure (ce qui est bien logique puisqu'ils n'ont évidement subi aucune violence).

Mieux : la déposition du policier ne fait pas état de la moindre altercation, et celle du procureur bat un record de ridicule : le magistrat prétend avoir avancé sa jambe - qui a donc été heurtée par la trappe - pour descendre à l'échelle… après avoir aperçu le policier qui y montait : qui peut imaginer qu'ils allaient se croiser au milieu de l'échelle ?

Quatre ans et demi après l'infraction grave qu'ils ont commise, les dirigeants de la centrale nucléaire du Blayais ne sont pas inquiétés par le Parquet de Bordeaux. Par contre, celui-ci a fait condamner sans la moindre justification un militant pacifique qui ne faisait que... demander justice. 'Selon que vous serez faible ou puissant...'

Réseau 'Sortir du nucléaire' - Fédération de 800 associations - Communiqué du mercredi 19 septembre 2007



18/09/2007

« Désarmement nucléaire et désobéissance : des milliers de personnes attendues au festival Peace and Landes »

Collectif non au missile M51 - COMMUNIQUE

La Teste de Buch (Arcachon / Bordeaux) (33), le 18 septembre 2007,

Le festival pacifiste, anti-nucléaire et « désobéissant » Peace and Landes revient, avec des concerts importants : Ministère des Affaires Populaires, No one is innocent, Karpatt, Percubaba, Lieutenant Foxy, une nuit électro. Comme l’an dernier, une grande inspection citoyenne et diverses actions « désobéissantes » sont organisées contre le Centre d’Essais et de Lancement de Missiles des Landes, où sont testés les missiles nucléaires M51.

Le Réseau Sortir du Nucléaire et le collectif « non au missile M51 » organisent, à proximité du Centre d’Essais et de Lancement de Missiles des Landes (CELM), le festival « désobéissant » Peace and Landes. La France s'est engagée depuis quelques années dans une rupture majeure de doctrine nucléaire, passant de la dissuasion traditionnelle à une logique de « guerre préventive » à l’arme nucléaire. Comme le disait en janvier 2006 le président Chirac, l’arme nucléaire pourrait désormais être utilisée pour « garantir nos approvisionnements stratégiques ». Notre dépendance envers le pétrole pourrait ainsi justifier un jour des frappes nucléaires contre des populations civiles.

Au cœur de cette nouvelle stratégie se trouve le missile nucléaire d’attaque M51. Pour un coût exorbitant estimé à plus de 15 milliards d’euros, 48 missiles doivent venir équiper les sous-marins de la base de l’Ile Longue (Brest) d’ici 2010. Deux tirs d’essais du M51 ont à ce jour été conduits au CELM, et chaque fois perturbés par l’intrusion dans le site militaire d’inspecteurs citoyens du collectif « non au missile M51 ».

En septembre 2006, ce festival avait attiré plus de 20 000 personnes pour protester contre les tests illégaux du missile nucléaire d’attaque M51. 2000 personnes avaient exigé en vain de pouvoir inspecter le CELM à Biscarrosse (Landes) pour y constater la violation par la France du Traité de Non Prolifération. Une quarantaine d’inspecteurs citoyens avaient alors décidé de « désobéir » afin de mener une inspection effective du CELM. Ils avaient pu déjouer la vigilance des militaires pendant plusieurs heures, avant d’être arrêtés. Un champ d’OGM avait également été fauché, témoignage d’une convergence des luttes altermondialistes portée par le festival.
Coup de théâtre cette année : la perspective d’une intrusion d’inspecteurs citoyens au mariage du porte-parole de l’Elysée, prévu le samedi 22 à Arcachon, a convaincu M. Martinon de reporter son mariage. Peut-être les témoins du mariage, Cécilia et Nicolas Sarkozy, ont-ils estimé qu’il valait mieux renoncer que d’avoir à s’expliquer sur leur politique d’encouragement à la prolifération nucléaire (M51, coopération nucléaire avec Khadafi, etc.) ?

Attention : cette année un stage de formation à l’action directe non-violente est proposé aux militants en amont du festival, à partir du 19 septembre. Rendez-vous au Parc des Expositions à 10h00.

Contact : Xavier Renou, porte-parole du collectif « Non au missile M51 » et du Réseau Sortir du Nucléaire - 06 64 18 34 21

Contact presse : Marina - 06 24 66 86 00


Tout le programme du Festival

Collectif Non au missile M51



18/09/2007

Communiqué de presse du GANVA (Groupe d'Action Non-Violente Antinucléaire)

Fin de l'action

Les discussions entre les représentants des collectifs opposés à la ligne Très Haute Tension (THT) Cotentin-Maine et le préfet coordonnateur du projet (préfet de la Manche) n'ont pas abouti.

La surdité des pouvoirs publics étant démontrée, le GANVA a décidé de cesser l'occupation du siège régional d'EDF à Rennes entamée depuis lundi matin 6h30.

Le GANVA relaie l'appel des collectifs à venir manifester devant les réunions dites de concertation qui auront lieu dans les trois départements (Ille-et-Vilaine, Mayenne et Manche, respectivement mercredi, jeudi et vendredi) afin d'exiger la transparence des débats.

Ce qui n'a pas été obtenu par le dialogue, le GANVA appelle les citoyens à l'obtenir en s'invitant dans les réunions de concertation.

Contact presse : Alain CORREA 06.07.73.40.60

www.stop-tht.org

Rennes – Mardi 18 septembre 2007 - 12h



17/09/2007

Soutien aux antinucléaires en action à Rennes


Il faut annuler le projet de réacteur EPR et les lignes THT associées

Le Réseau 'Sortir du nucléaire' apporte son soutien aux militants antinucléaires qui occupent depuis ce matin à Rennes le siège régional d'EDF. Une dizaine de militants a pris place sur le toit et est descendue en rappel pour déployer des banderoles sur les façades. D'autres bloquent l'entrée principale ainsi que l'accès au parking à l'aide de dispositifs lourds destinés à durer.

Ces initiatives citoyennes, non-violentes mais efficaces, sont justifiées par le comportement parfaitement antidémocratique du pouvoir français et des industriels du nucléaire qui imposent depuis 50 ans le nucléaire en France sans la moindre consultation de la population.

Il faut changer d'époque : les budgets d'investissement doivent être attribués aux plans d'économie d'énergie et de développement des énergies renouvelables. Les projets nucléaires doivent être annulés. C'est en particulier le cas du réacteur nucléaire EPR, prévu à Flamanville (Manche), et des lignes THT (Très haute tension) associées qui, si elles sont hélas édifiées, vont défigurer l'Ouest de la France sur près de 200 km tout en faisant courir de graves risques pour la santé des riverains.

Communiqué du 17 septembre 2007

Réseau 'Sortir du nucléaire' - Fédération de 800 associations



17/09/2007

Des militants non-violents occupent le siège régional d'EDF à Rennes

Photo Ganva

Rennes – Lundi 17 septembre 2007

Vers 6h30, ce matin, une trentaine d'activistes du Groupe d'Action Non-Violente Antinucléaire (GANVA) a entamé l'occupation du siège régional d'EDF. Une dizaine de militants ont pris place sur le toit et sont descendus en rappel pour déployer des banderoles sur les façades. Au même moment, d'autres bloquent l'entrée principale ainsi que l'accès au parking à l'aide de dispositifs lourds destinés à durer.

Par cette action, ils entendent dénoncer la parodie de concertation menée par RTE - Réseau de transport de l'électricité, filiale d'EDF - au sujet du projet de ligne Très Haute Tension - THT – Cotentin/Maine. Cette semaine, plusieurs réunions regroupant les services de l'Etat, RTE, élus locaux et parlementaires se dérouleront à huis-clos dans la plus grande opacité. En effet, les médias ne sont pas invités, les comptes-rendus ne sont pas publiés et les associations s'opposant au projet sont exclues des conférences de presse qui suivent les réunions.

Ce projet de ligne THT découle de la décision de construire un nouveau réacteur nucléaire - EPR – à Flamanville dans la Manche. Ce dernier étant inutile, coûteux et dangereux, sa conséquence directe, la ligne THT, n'en est que plus absurde. Dans ce contexte, le travail de RTE pour trouver le « fuseau de moindre impact » se heurte à l'opposition locale des associations et des élus. Il ne peut en conséquence réaliser sa pseudo-concertation que dans l'opacité, le mensonge et le déni de démocratie.

Le GANVA par son mode d'action non-violent se veut l'écho des associations et des citoyens qui se mobilisent au quotidien pour informer le public et les élus des conséquences sanitaires et environnementales de la THT.

En conséquence, les activistes du GANVA ne quitteront les lieux qu'après satisfaction des revendications suivantes :
-Présence des médias au sein même des réunions dites de concertation
-Publication des comptes-rendus exhaustifs de ces mêmes réunions et réponses écrites aux questions qui sont soulevées
-Présence des associations aux conférences de presse qui suivent les réunions
-Suspension des projets EPR et THT en attente de la création d'une ferme expérimentale sous la ligne existante et publication des résultats.

« A un mois de l'ouverture du Grenelle de l'environnement, il est temps pour le gouvernement d'appliquer un moratoire sur la relance du nucléaire comme l'avaient exigé les principales associations de protection de l'environnement » ajoute un porte-parole du GANVA.

Photos de l'action ici
Contact presse : Alain CORREA 06.07.73.40.60 ou 06.32.01.16.70

Communiqué de presse du GANVA



17/09/2007

Vinci et Bouygues vont construire le nouveau sarcophage de Tchernobyl

Vinci et Bouygues, réunis au sein du consortium Novarka, ont annoncé lundi la signature officielle du contrat de construction de l'enceinte de confinement du réacteur nucléaire de Tchernobyl en Ukraine pour un montant de 432 millions d'euros. Le contrat a été signé avec la société d'Etat ukrainienne ChNPP. Il porte sur la conception et la construction d'une arche métallique afin de permettre le démantèlement du réacteur accidenté lors de la catastrophe du 26 avril 1986.

Les travaux débuteront en octobre prochain et dureront 53 mois, a précisé le consortium dans un communiqué. Novarka est une société détenue à parts égales par Bouygues et Vinci. Le nouveau sarcophage est financé par un fonds international géré par la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD). L'arche permettra d'assurer le démantèlement futur de l'ancien sarcophage et des ruines du réacteur. Elle sera composée d'une ossature métallique de 18.000 tonnes assurant le confinement. Elle mesurera 105m de haut, 150m de long pour une portée de 257m. Une ventilation spécifique sera mise en place afin d'empêcher la diffusion des particules radioactives dans l'environnement.

Jusqu'à 900 personnes seront mobilisées sur le chantier. Elles seront munies des équipements spécifiques nécessaires à leur sécurité et subiront un suivi médical et dosimétrique régulier. Par ailleurs, des mesures de surveillance du site seront assurées en permanence, précisent les deux groupes.

Le réseau 'Sortir du nucléaire' rappelle pour sa part que les deux groupes doivent comparaître mardi au tribunal de Bar-le-Duc (Meuse) après le décès d'un salarié en mai 2002 et de 'graves dysfonctionnements' sur le site d'enfouissement des déchets nucléaires situé à Bure. 'Il est donc légitime de douter de la capacité des deux entreprises à réaliser à Tchernobyl un sarcophage répondant aux exigences de confinement, ou du moins de le réaliser dans des conditions parfaites de sécurité', note 'Sortir du nucléaire'.

'C'est l'occasion pour les élus, à commencer par le très pronucléaire président Sarkozy, de prendre conscience du caractère intolérable du danger qui est imposé à la population française et européenne du fait des 58 réacteurs français', poursuit le réseau, qui regroupe 800 associations. Il demande leur fermeture 'aussi vite que possible', ainsi que l'annulation de la construction du réacteur nucléaire prévu à Flamanville (Manche).

The Associated Press - 17/09/07 - transmis par le Réseau Sortir du nucléaire



14/09/2007

Lettre au courrier des lecteurs suite aux propos tenus devant la presse par Mme Magali Debatte

A la lecture récente des déclarations publiques de la nouvelle Directrice du cabinet du Préfet de M et L, je ne peux m'empêcher d'exprimer mes sentiments.

Non, Madame, 'l'arme nucléaire n'est pas la plus belle' ou alors vous avez de la beauté une bien curieuse conception. Les deux bombes larguées par les Etats-Unis en 1945 sur le Japon ont causé en quelques instants 210.000 morts (pulvérisés, brûlés, déchiquetés...); 5 ans, 10 ans plus tard... irradiés et contaminés 200.000 personnes sont décédées dans d'atroces souffrances.

'L'arme ultime qu'on utilise jamais' d'après vous; vos propos sont contraires à la réalité. De 1945 à 1996, les puissances nucléaires ont fait exploser (Rapport parlementaire de l'A.N. du 5 février 2002, n° 3571) 2419 bombes dont 543 en atmosphère ce qui représente une puissance en énergie de près de 40.000 fois la puissance d'Hiroshima!

Ces essais ou bombes ont tué, contaminé, irradié près de 3 millions de personnes dans le monde. Un rapport du Ministère de la Défense vient de reconnaître, enfin, les conséquences de ces explosions en Polynésie Française (La dimension radiologique des essais nucléaires en Polynésie, décembre 2006). Dans ce rapport on découvre qu'entre 1966 et 1974 les archipels polynésiens (donc les populations) ont subi 203 retombées radioactives suite aux 46 bombes aériennes expérimentées, les 147 explosions souterraines ont provoqué 41 fuites de gaz rares et d'iode radioactifs (soit une fuite sur trois). Au Sahara Algérien, un autre rapport (Janvier 2007) reconnaît avoir fait manoeuvrer des militaires en chars et à pied ' en ambiance post-explosion', ce qui veut dire que les chars étaient secoués comme des feuilles mortes pendant l'explosion , avec des hommes à l'intérieur, et qu'ensuite les fantassins devaient sortir des tranchées pour se diriger vers le point zéro. Le commandant du détachement militaire le Colonel Ligoure est mort de deux cancers en se plaignant d'avoir été pris lui et ses hommes pour des cobayes.(Propos extrait du livre Atomic Park). Aujourd'hui le Docteur Valax, Directeur honoraire de l'Inserm, a réalisé une étude sur 1600 victimes des essais nucléaires. Le taux de cancers est le double de la moyenne française, (Le taux de leucémie est 25 fois supérieur), les maladies cardio-vasculaires sont très fréquentes, un homme sur 5 ne peut pas avoir d'enfants. Quant aux enfants, prématurés souvent ou morts à la naissance, 22 % ont des problèmes de santé (Allergie, épilepsie, retard mental...).

Le 21 septembre est la journée mondiale pour la paix décrétée par l'ONU. Le gouvernement français s'est fait bien discret sur cette journée, pourtant La France est signataire du traité de non-prolifération nucléaire qui prévoit en son article 6: Le désarmement nucléaire et général. Ainsi au lieu de créer les conditions du désarmement nucléaire, on donne le mauvais exemple aux autres pays du monde qui n'ont pas ' l'arme la plus belle', en perfectionnant toujours plus les nôtres. Les sous-marins de la base de l'île longue (où vous exerciez précédemment) sont dotés de têtes nucléaires de plus en plus redoutables.

Madame, vous arrivez dans un département où 163 Maires soutiennent l'appel du Maire d'Hiroshima qui demande en 2020 zéro arme nucléaire dans le monde. Ces Maires, de toutes sensibilités, trouvent, sans doute, comme moi (qui a eu le triste privilège d'assister aux deux premières explosions aériennes françaises au Sahara) que les armes nucléaires sont loin d'être belles, et qu'elles contribuent à la course aux armements qui est ruineuse, inutile et menaçante pour l'existence de la vie sur terre.

Michel Verger

Source : Mouvement de la Paix



14/09/2007

Magali Debatte, nouvelle directrice de cabinet du préfet : « Il faut savoir avancer contre l’opinion »

Magali Debatte qui a succédé à Béatrice Steffan comme directrice de cabinet du préfet, est mariée et la mère de deux garçons de 10 et 13 ans

Avec l'arrivée de Magali Debatte, 38 ans, au poste de directeur de cabinet du préfet de Maine-et-Loire, c'est un profil redoutable qui s'installe dans les bureaux feutrés de la préfecture. Officier supérieur, elle a commencé sa carrière en 1994 comme ingénieur. Avec une spécialité, les missiles nucléaires. « J'étais à Brest, chargée de l'entretien des sous-marins. Pour moi, ils sont l'arme ultime, l'arme la plus belle, celle que vous n'utilisez jamais... ». De cette première vie, la jeune femme s'est forgée une certitude : toutes ses missions futures reposeront sur la confiance. Cette confiance qui fait qu'un président de la République sait que l'ordre sera appliqué par son armée.
Mais Magali Debatte n'était pas totalement heureuse dans son emploi. « J’étais une ingénieure contrariée, confie-t-elle. Une carrière scientifique, c'est sclérosant sur le plan intellectuel et j'ai eu besoin de plus de contact humain ». En 2004, elle laisse l’armée et s'engage dans une carrière de haut fonctionnaire de la République
« Plus d'humain »: en arrivant en Maine-et-Loire, elle est servie avec les affaires d'expulsion qui se succèdent et la convocation du préfet à Paris pour résultats insuffisants en la matière. Dans ce contexte, celle qui est chargée de la sécurité publique le dit sans ciller : « Pour bien décider, il faut être le moins émotionnel et le moins influençable possible ». Et rappelle les mots de Robert Badinter au moment de l'abolition de la peine de mort : « On ne peut pas toujours être dans le vent de l'opinion ». Et de lâcher : « Il faut savoir avancer contre l'opinion ».
S. Boisnard

NDLR : les caractères gras sont de nous

Courrier de l'Ouest - 24 heures express - Vendredi 14 Septembre 2007



14/09/2007

Mariage trop explosif pour le porte-parole de l’Elysée

De l’inconvénient d’avoir Cécilia Sarkozy comme témoin de mariage. Le porte-parole de l’Elysée, David Martinon, a finalement dû annuler son mariage le 22 septembre, à Arcachon, pour cause de rassemblement antinucléaire et altermondialiste au festival Peace and Landes dans la cité voisine de La Teste. Dénonçant le «troc nucléaire entre Kadhafi et Sarkozy», les membres du réseau «Sortir du nucléaire» avaient prévu d’aller interpeller le président de la République et/ou son épouse… et donc de perturber le mariage auquel des membres du gouvernement comme Rachida Dati étaient également conviés.
Pour éviter que cette cérémonie privée ne tourne au face-à-face sous haute protection policière, David Martinon et sa fiancée magistrate, Camille Weber, ont préféré tout annuler. Le réseau Sortir du nucléaire estimait qu’il s’agissait du premier effet collatéral de l’accord nucléaire entre la France et la Libye.

Source

Libération : vendredi 14 septembre 2007 - Par A.G.



13/09/2007

Le mariage de David Martinon annulé

David Martinon

La mairie d'Arcachon a confirmé hier l'annulation du mariage du porte-parole de l'Elysée, David Martinon, avec Camille Weber, qui devait se dérouler le 22 septembre prochain dans la cité balnéaire. Lorsque le jeune couple a choisi de s'unir sur les bords du Bassin, David Martinon n'était pas encore le porte-parole de l'Elysée et avait choisi Arcachon parce qu'il aime la ville et qu'il est ami du maire, Yves Foulon. Avait été également annoncée la présence de Cécilia Sarkozy, témoin du marié. Et même si sa présence n'impliquait pas forcément celle de son époux Nicolas Sarkozy, le président de la République était plus ou moins attendu ce samedi à Arcachon.

Pendant le festival de Sortir du nucléaire.
Or, dans le même temps, le réseau Sortir du nucléaire a confirmé l'organisation du festival Peace and Landes, fixé du 21 au 23 septembre au Parc des expositions de La Teste. Et l'un des responsables, Stéphane Lhomme, n'avait pas caché que ce mariage donnait, selon ses termes « une tournure un peu particulière à notre festival », évoquant « le troc nucléaire entre MM. Sarkozy et Khadafi » et invitant même le président Sarkozy à « débattre de la prolifération nucléaire ».
Le réseau Sortir du nucléaire a revendiqué hier « le report du mariage de David Martinon ». Mais du côté de la mairie d'Arcachon même si l'annulation a été confirmée , le maire, Yves Foulon, s'est refusé à tout commentaire : « Il s'agit d'une affaire d'ordre entièrement privé. Je n'ai aucun commentaire à apporter. »
Source

Sud-Ouest - Ch. R. - Jeudi 13 septembre 2007



12/09/2007

Mariage raté à l’Elysée : Sarkozy et Martinon premières victimes du M51 !

Après le report du tir du M51 en juin dernier, suite à une inspection citoyenne, le collectif « non au missile M51 » provoque le report du mariage du porte-parole de l’Elysée, où le couple présidentiel était attendu.

C’est avec tristesse et émotion que nous apprenons l’annulation du mariage du porte-parole de l’Elysée, David Martinon, prévu le 22 septembre prochain à Arcachon. De source sûre, il nous a été confirmé que c’est bien la tenue de la deuxième édition du festival « désobéissant » et pacifiste Peace and Landes tout près du lieu du mariage qui a convaincu M. Martinon, et surtout ses témoins fameux, Cécilia et Nicolas Sarkozy, de reporter sine die un mariage prévu de longue date. Malgré les pressions (1) subies depuis plusieurs semaines par les organisateurs et les partenaires locaux du festival en vue de l’annulation de l’événement, c’est finalement le mariage qui sera annulé ce jour-là.

Le festival Peace and Landes, engagé dans la lutte contre la relance de l’arme nucléaire en France, avec le programme illégal (2) de construction du M51, premier missile nucléaire d’attaque –destiné à l’emport de mini-têtes nucléaires (les fameuses mini-nukes de George Bush)- est associé depuis deux ans à des inspections citoyennes du Centre d’Essais et de Lancement de Missiles des Landes (CELM), à Biscarrosse, où sont effectués depuis l’automne 2006 les tests du missile M51. L’an dernier, plus de 20 000 personnes avaient fait le déplacement, et 40 « inspecteurs citoyens » avaient été arrêtés à l’intérieur du CELM. Un fauchage d’OGM à proximité avait en outre montré l’intérêt des festivaliers pour la dénonciation de toutes les technologies mortifères.

Il y a 15 jours, une invitation avait été lancée aux époux Sarkozy, afin de profiter de leur venue au mariage des Martinon. Le collectif « non au missile M51 » demandait des explications sur leur politique nucléaire, qui, de la fourniture de technologies nucléaires à la Libye en passant par la construction du premier missile nucléaire d’attaque de l’histoire française, ne manque pas d’inquiéter. Faute d’une réponse, les organisateurs du festival avaient annoncé à la presse locale leur intention de s’inviter au mariage...

« Nous sommes très déçus, explique avec un grand sourire le porte-parole du collectif « non au missile M51 », Xavier Renou. Nous voulions demander aux époux Sarkozy en quoi leurs encouragements répétés à la prolifération nucléaire, avec l’EPR à Khadafi et le M51 dans les Landes, pouvaient bien servir les intérêts de la paix. Mais maintenant que leur agenda du 22 septembre s’est libéré, peut-être seront-ils des nôtres pour inspecter le Centre d’Essais des Landes, où la France piétine allègrement le Traité de Non Prolifération ? »

Le festival Peace and Landes II se tient les 21-23 septembre 2007 au Parc des Expositions de La Teste de Buch, et accueille concerts (No one is innocent, Ministère des Affaires Populaires, etc.), théâtre, etc. Il est précédé cette année d’un stage de formation à l’action non violente organisé sur le site à partir du 19 septembre. L’inspection citoyenne de masse commencera à 15h00 devant les grilles du CELM à Biscarrosse plage. Le dimanche, des débats sont organisés sur la politique nucléaire civile et militaire française, la reconversion des industries d’armement et la désobéissance civile.

Pour tout contact : Xavier Renou, porte-parole du collectif « non au missile M51 » : 06 64 18 34 21 ; xavier.renou(a)sortirdunucleaire.fr

Pour toute info sur le festival, le collectif et la campagne : www.nonaumissileM51.org


(1) Visite de la DST aux employeurs et proches relations de militants, visites ou filatures des Renseignements Généraux, hélicoptères tournant au-dessus des maisons des pacifistes, demande d’annulation, propositions indécentes pour épargner le mariage…
(2) Le programme de construction du missile d’attaque M51 contrevient à l’article 6 du Traité de Non Prolifération, aux engagements signés en 2000 par la France à la Convention de Révision du Traité de Non Prolifération, à la jurisprudence constante de la Cour Internationale de Justice (en particulier l’arrêt de juillet 1996), et à la Convention de Nuremberg sur les crimes contre l’Humanité.

Bordeaux, le 12 septembre 2007. 11h00. Communiqué du collectif « Non au Missile M51 »



10/09/2007

Les armées entament une année douloureuse

Le futur livre blanc est au menu de l’université d’été de la Défense qui s’ouvre ce matin.

Pour les milieux de la Défense, c’est aujourd’hui qu’est donné le coup de gong de la rentrée. Les responsables politiques, les chefs militaires, les industriels du secteur, les experts se retrouvent quasiment tous à Toulouse pour les deux jours de travaux de l’université d’été de la Défense, la cinquième du genre.
Choix budgétaires. L’année va être chargée : un livre blanc, une loi de programmation militaire, une révision générale des politiques publiques, dans laquelle les armées vont prendre une place importante. Et bien sûr, les nouveaux choix budgétaires. Des annonces importantes devraient être faites au printemps. Elles seront sans doute douloureuses pour les armées, qui ont été gâtées durant les années Chirac-Alliot-Marie.
Le budget 2008 prévoit déjà la suppression de 6 037 postes. La Défense prend ainsi à sa charge 26 % des réductions d’emplois, alors qu’elle représente 17 % des effectifs publics. Ce n’est qu’un début, laisse entendre le ministre de la Défense Hervé Morin. «Si l’effort devait être plus important, il ne le sera qu’après la publication du livre blanc», en mars 2008, confiait-il récemment.
«J’ai entendu à plusieurs reprises le président de la République dire que le ministère de la Défense n’était pas chargé de faire de l’aménagement du territoire», ajoutait-il. Des sites militaires devraient donc être fermés, sans doute après les élections municipales. Des bases aériennes, comme Reims ou Colmar, sont menacées, au fur et à mesure du remplacement des (vieux) Mirage F1 qu’elles accueillent. Pour moderniser son ministère, Hervé Morin vient de faire appel à sept grands patrons comme Henri Lachmann, Jean-Marie Folz ou Jean-Marie Descarpentries, à charge pour eux de confronter leur expérience du privé avec la Défense. «Nous avons sept directions des ressources humaines, cinquante systèmes informatiques de gestion financière» déplore le ministre.
«Grand écart». Pour fournir un socle de doctrine aux réductions à venir, Nicolas Sarkozy a mis en place durant l’été une commission de 37 membres chargée de la rédaction d’un «livre blanc sur la défense et la sécurité nationale». Cette commission est placée sous la responsabilité de Jean-Claude Mallet, un haut fonctionnaire proche de la gauche, ancien secrétaire général de la Défense nationale. «Notre approche sera dépourvue de tabous et de préjugés» , assure-t-il. Constatant le «grand écart» qui existe «entre nos ambitions et nos moyens» , Jean-Claude Mallet promet des «remises en cause qui pourront être assez importantes» . Ce livre blanc sera le troisième sous la V e Republique, après ceux de 1972 et de 1994. Il ne devrait toutefois pas bouleverser la donne : la dissuasion nucléaire, l’engagement européen, la professionnalisation des armées et des crédits militaires «autour de 2 % du PIB» constituent la feuille de route tracée par Nicolas Sarkozy.
Ce livre blanc devrait insister sur la défense européenne, alors que la France assurera la présidence de l’UE au second semestre 2008. L’Europe a un avantage : elle permet de justifier d’éventuelles coupes dans les programmes. Ainsi, la Marine devrait avoir son second porte-avions, mais au prix d’une réduction du nombre de ses frégates. Dix-sept devraient être commandées; on parle de cinq à huit. Qu’importe, explique-t-on à la Défense, puisque les Allemands ou les Italiens ont, eux, beaucoup de frégates. Encore faut-il qu’ils nous les prêtent.

Libération - lundi 10 septembre 2007 - info transmise par le réseau Sortir du nucléaire



07/09/2007

Sous-marin nucléaire brésilien, technologie française

Accord franco-bresilien pour la construction d’un sous-marin nucleaire

Le magazine brésilien Terra révèle la signature d'une lettre d'intention entre les gouvernements brésilien et français pour la fourniture de technologies nucléaires destinées à un usage militaire.


Le 19 juin dernier a eu lieu à Paris une rencontre entre le ministre français de la Défense, Hervé Morin, et son homologue brésilien Waldir Pires.

Selon Terra Magazine, l'accord signé prévoirait la possibilité d'échanger des informations militaires ainsi que la transmission progressives des technologies destinées à la construction d'un sous-marin nucléaire.

Le 10 juillet dernier, le Président Lula a officialisé la reprise du programme nucléaire brésilien. 68 millions de dollars seront consacrés sur 8 ans à la construction du premier sous-marin nucléaire du pays.

NDLR : Quand on sait que le Brésil a toujours envie de rentrer dans le club des possesseurs de bombes nucléaires...la France prolifère de tous côtés.



06/09/2007

Rapport sur la mondialisation remis à M. Sarkozy : Hubert Védrine incompétent sur le nucléaire

Le Réseau 'Sortir du nucléaire' exprime sa plus grande surprise en lisant dans la rapport remis hier par Hubert Védrine au Président de la République, que 'le recours au nucléaire civil va se redévelopper pour des raisons évidentes de besoin énergétique et de lutte contre l'effet de serre'

La réalité est exactement inverse : en majorité, les 432 réacteurs nucléaires en service sur la planète sont anciens et vont fermer dans les 20 ans. Déjà, sept réacteurs ont définitivement fermé le 1er janvier dernier : deux à Dungeness et deux à Sizewell (Angleterre), deux à Kozlodoui (Bulgarie), et un à Bohunice (Slovaquie). Ce n'est que le début d'un processus irréversible. Certes, de nouveaux réacteurs vont hélas être construits dans un certain nombre de pays, mais ils ne feront que freiner le déclin de l'atome sur Terre.

D'ailleurs, le 10 novembre 2006, Claude Mandil, directeur exécutif de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), pourtant très favorable au nucléaire, a déclaré : 'La tâche principale de l'industrie nucléaire dans les années à venir sera de remplacer les centrales existantes qui auront atteint leur fin de vie. Cela signifie qu'on aura besoin de nombreuses centrales sans pour autant augmenter la part du nucléaire dans la production d'électricité.' CQFD.

Par ailleurs, le prix de l'uranium (le combustible des réacteurs nucléaires) a été multiplié par 15 en quelques années, et va continuer à monter en flèche. Cette flambée n'est d'ailleurs pas due à une demande croissante, contrairement à ce qui est parfois prétendu : le nombre de réacteurs en service sur la planète a commencé à diminuer. Ce phénomène est dû à l'épuisement des stocks d'uranium d'origine militaire, déclassés par la Russie et les USA et fournis comme combustible pour les réacteurs nucléaires.

En conclusion, contrairement à ce que prétend avec légèreté M. Védrine - mais n'est-ce pas pour plaire à M. Sarkozy dont les penchants pour l'atome sont bien connus, à tel point qu'il vient de passer un accord nucléaire avec le dictateur libyen Kadhafi ? - le nucléaire ne va pas se développer sur la planète. La part du nucléaire dans la consommation mondiale d'énergie va rester en dessous de 2%, chiffre actuel, une part si faible que sa contribution à la lutte contre le réchauffement climatique est quasi nulle.

Par contre, le risque nucléaire reste maximal : comme l'a montré Tchernobyl, un seul réacteur peut contaminer un continent entier. De fait, bien que sa part dans l'énergie mondiale soit très faible, le nucléaire doit être combattu jusqu'à ce que sa part soit ramenée... à zéro.

Lire le rapport Védrine

Réseau 'Sortir du nucléaire' - Fédération de 800 associations - Communiqué du 6 septembre 2007



06/09/2007

Energie des courants marins : premier test à Bénodet

En janvier, l'estuaire de l'Odet, à Bénodet (29), va abriter la première hydrolienne pour produire de l'électricité grâce aux courants marins. Si l'expérience s'avère concluante, cette technologie pourrait couvrir jusqu'à 40 % des besoins de la Bretagne, l'équivalent de deux centrales EPR, et générer de nombreux emplois. Baptisé Sabella, du nom d'un ver marin, ce démonstrateur est le fruit de la recherche menée depuis 2001 par la société d'études HydroHélix, à Quimper, dirigée par Hervé Majastre et Jean-François Daviau, dont le projet global Marénergie est labellisé au sein du pôle de compétitivité Mer.

Immergée à 19 m de fond. Ce docteur en génie des matériaux et cet ancien de l'Institut français des pétroles ont ainsi constitué un consortium très typé finistérien, avec le cabinet In Vivo Environnement, Dourmap Brest et Sofresid Engineering. La génératrice est fabriquée par la société quimpéroise ENAG. Sabella va se présenter sous la forme d'un rotor de 3 m de diamètre, pour un ensemble hors tout de 5,5 m, reposant sur une plate-forme de 6 m sur 8, pesant 8 tonnes. Cette éolienne sous-marine va être immergée pendant trois à quatre mois, à l'entrée de l'estuaire de l'Odet, au sud de la balise du Coq, dans une fosse de 19 m, située dans un chenal de navigation. Pour ce faire, la préfecture a délivré une autorisation temporaire d'occupation de l'espace maritime. « Le Queen Mary 2, avec un tirant d'eau de 10 m, pourrait passer sans encombre au-dessus », soulignent ses concepteurs.

Sabella exposée à Brest 2008. « Bénodet ne sera pas un site industriel, le courant n'y est pas suffisant, mais c'est un très bon site de test », note Hervé Majastre. D'une capacité de production de 10 kilowatts, ce pilote n'a pas vocation à fournir de l'électricité à terre, mais va être doté d'une batterie de capteurs afin de mesurer la conception mécanique de la machine, ses performances, son impact sur le milieu et notamment sur les poissons. En cas de réussite, une vraie unité industrielle pourrait voir le jour d'ici deux ans. Sabella sera exposée lors de Brest 2008.

Sabella, d'un coût de 750.000 €, est subventionnée à hauteur de près de 350.000 € (111.800 € par la Région Bretagne, autant de l'Ademe, 55.000 € du conseil général, 28.800 € par Brest métropole et Quimper-Communauté). 60 % sont apportés par le consortium.

Le Télégramme de Brest - 6 Septembre 2007 - Jacky Hamard



06/09/2007

Un transport nucléaire Castor stoppé en Allemagne

Un témoignage qui nous est parvenu :

'Hier il y avait un transport Castor (vide car en transport d'essai pour autorisation des nouveaux containers) vers Gorleben et une écureuil s'est retrouvée suspendue à une corde en travers de la voie et est ensuite descendue en rappel sur un des containers! Hihihi!
Une équipe spéciale de la police l'a descendue de là-haut, ça a duré 2 heures...'

Allemagne, Septembre 2007



05/09/2007

Des bombes nucléaires dans le ciel américain

Pour des raisons de sécurité, les bombardiers ne volent jamais avec leurs armes nucléaires. Et pourtant...

Un bombardier américain B 52 a traversé les Etats-Unis, le 30 aout dernier, avec cinq [NDR, correction par la suite : six] bombes atomiques embarquées par erreur à son bord. L'information a été révélée mercredi par le site spécialisé Militarytimes et confirmé de source militaire.
Pour des raisons de sécurité, les bombardiers ne volent jamais avec leurs armes nucléaires. Le 30 aout, les armes ont donc été embarqués suite à une négligence sur un avion qui a décollé au Dakota du Nord pour se poser en Louisiane. Les têtes nucléaires n'avaient pas été retirées des cinq missiles de croisière accrochées sous les ailes du bombardier. L'affaire a été découverte à atterrissage, au terme d'un vol de 3h30. Le président Bush a été ausitôt prévenu et des enquêtes sont en cours.

Citant un expert nucléaire, le journal en ligne Militarytimes précise qu'en cas d'accident, les armes n'auraient pas explosés, mais le plutonium qu'elles contiennent aurait été dispersé, causant une très grave pollution.

«Entre 1959 et 1968, les bombardiers étaient en alerte en vol, avec leurs armes atomiques », raconte Fréderic Lert, auteur de «B 52, cinq ans d'opérations» (Larivière, 2005). Mais il y a eu plusieurs accidents, notamment en Espagne en 1966 puis au Groenland en 1968. C'est à la suite de ce dernier accident que ces vols baptisés Chromedome ont été interdits par la Maison Blanche».

Lire aussi: Secret Défense, le blog de Jean-Dominique Merchet

Libération - mercredi 5 septembre 2007 - Par Jean-Dominique Merchet



05/09/2007

Menaces sur un mariage

LA TESTE-DE-BUCH. -- Les opposants au missile M51 entendent faire parler de leur combat à l'occasion du second Festival Peace and Landes

Les hasards du calendrier font parfois bien (ou mal) les choses. A l'heure d'organiser le second Festival Peace and Landes, les 21, 22 et 23 septembre au Parc des expositions de la Teste-de-Buch, les membres du collectif Non au M51 n'imaginaient pas que le porte-parole de l'Elysée, David Martinon, allait leur offrir une formidable opportunité de faire parler de l'événement.

Hier à Bordeaux, lors d'une conférence de presse prévue pour annoncer le programme du festival, Xavier Renou (Non au M51), Stéphane Lhomme (Sortir du nucléaire), Dominique Blanchard (Les Verts) et Jean-Marie Thonnier (LCR) n'ont pas manqué de marquer la date du 22 d'une croix blanche.

Ce jour-là, ils prévoient de « s'inviter » au mariage de David Martinon, à Arcachon. Il faut dire que Cécilia Sarkozy sera présente, en qualité de témoin. Tablant sur la venue de son président de mari, les antinucléaires espèrent bien faire entendre leur voix contre le rapprochement effectué avec le colonel libyen Muammar Khadafi.

« Inspections citoyennes ». Le Festival Peace and Landes est destiné à dénoncer la politique nucléaire française. Ses organisateurs ont donc prévu plus d'une action. Comme l'an dernier, « l'inspection citoyenne » du Centre d'essais des Landes de Biscarosse figure en bonne place sur le programme du week-end.

L'an dernier, plusieurs personnes avaient pénétré sur le site militaire qui accueille le pas de tir du M51, un missile conçu pour lancer des bombes atomiques sur de grandes distances. L'objectif, cette année, est de parvenir à le prendre en photo car, selon Stéphane Lhomme, « la France viole le traité de non-prolifération nucléaire signé en 1992 ».

Entre musique, forums et autres actions « secrètes », les organisateurs souhaitent rassembler contre la relance de l'arme nucléaire en France, qui « passe inaperçue ». Rien de tel pour cela qu'une belle cérémonie de noces à Arcachon.

Sud-Ouest - 5 septembre 2007 - Benjamin Deudon



05/09/2007

Un B-52 a survolé les Etats-Unis chargé par erreur de missiles nucléaires

WASHINGTON - Un bombardier B-52 de l'armée de l'Air américaine chargé par erreur de six missiles à tête nucléaire a survolé le 30 août les Etats-Unis du nord au sud, un incident 'sans précédent' selon le Pentagone, qui soulève des questions sur la sécurité entourant ces armes.

L'appareil a transporté les têtes nucléaires pendant un vol de plus de trois heures, de la base aérienne de Minot, dans le Dakota du Nord (nord), à celle Barksdale, en Louisiane (sud), a indiqué mercredi l'armée de l'Air, qui a ouvert une enquête.

L'erreur n'a été détectée qu'à l'atterrissage de l'avion. Les têtes nucléaires auraient dû être retirées avant que les missiles de croisière ne soient montés sur les pylônes situés sous les ailes de l'avion.

'A aucun moment la sécurité publique n'a été menacée', a assuré le porte-parole de l'armée de l'Air, le lieutenant-colonel Ed Thomas. 'Les munitions étaient sécurisées, et sont toujours restées sous contrôle de l'armée de l'Air', a-t-il insisté.

Les missiles de croisière transportés par le B-52 peuvent transporter des têtes nucléaires d'une charge allant jusqu'à 150 kilotonnes, soit dix fois la force explosive de la bombe larguée sur Hiroshima.

Ces bombes n'auraient pas pu exploser en cas d'accident, en raison des garde-fous entourant ce type d'armes, selon l'armée de l'Air. Toutefois, selon les experts, il existait un risque de fuite de plutonium.

Le président américain George W. Bush et le chef d'état-major interarmées, le général Peter Pace, ont rapidement été informés de l'incident, a-t-on appris auprès d'un responsable militaire, qui a souhaité conserver l'anonymat.

Parallèlement, 'le commandement des combats aériens a réclamé une enquête immédiate', en vue de 'déterminer les causes' de l'incident et de 'prendre les mesures correctives nécessaires', selon Ed Thomas.

L'armée a relevé de ses fonctions l'un de ses commandants responsable des munitions sur l'une des bases impliquées.

Cet incident semble relever d'une 'erreur isolée' ne concernant que deux bases, selon l'armée de l'Air, qui a toutefois décidé de 'revoir les procédures de toutes ses unités'.

Le président de la commission des Forces armées de la Chambre des représentants, Ike Skelton, a qualifié l'incident de 'profondément inquiétant', dans un communiqué transmis à l'AFP. 'Rien n'est plus important que la sûreté et le bon traitement des armes nucléaires. Le peuple américain, nos alliés et nos adversaires potentiels doivent être certains que notre arsenal nucléaire répond aux standards les plus élevés', a-t-il déclaré, en exigeant de l'armée de l'Air et du ministère de la Défense des 'contrôles renforcés'.

Les armes impliquées dans l'incident faisaient partie des 400 missiles de croisière que le Pentagone souhaitait progressivement retirer de la circulation.

'Cela paraît incroyable que toutes les procédures de contrôle puissent connaître des dysfonctionnements de la sorte', a commenté Hans Kristensen, expert en armement nucléaire. Selon lui, c'est la première fois depuis la fin des années 1960 que ce type d'armes est transporté par un bombardier, et non à bord d'un avion-cargo. Les vols de bombardier chargés d'armes nucléaires ont pris fin il y a plus de quarante ans, après des accidents en Espagne, en 1966, et au Groenland en 1968.

Yahoo actualités - 5 septembre 2007



02/09/2007

Nucléaire : accord nord-coréen pour un démantèlement total en 2007

La Corée du Nord a accepté de faire une déclaration complète de tous ses programmes nucléaires et de les démanteler d'ici la fin de l'année, a annoncé dimanche à Genève le principal négociateur américain sur ce dossier, Christopher Hill.
'Une chose sur laquelle nous nous sommes mis d'accord est que la RPDC (Corée du Nord, ndlr) fournira une déclaration complète de tous ses programmes nucléaires et démantèlera ses programmes nucléaires d'ici la fin de cette année 2007', a déclaré M. Hill, secrétaire d'Etat adjoint américain pour les affaires de l'Asie de l'Est et du Pacifique.
Il s'adressait à des journalistes à l'issue de deux journées de discussions entre des responsables américains et nord-coréens à Genève.
Ces discussions étaient destinées à préparer une nouvelle session plénière des pourparlers multilatéraux (Corée du Nord, Corée du Sud, Chine, Japon, Etats-Unis, Russie) sur le dossier nucléaire nord-coréen, selon l'ambassade des Etats-Unis en Suisse.
Il s'agissait de la deuxième réunion du groupe de travail créé après l'accord du 13 février entre les six. La première avait eu lieu en mars à New York.
Les pourparlers pour amener la Corée du Nord à abandonner ses programmes nucléaires ont débuté il y a quatre ans.
La Corée du Nord a entamé sa dénucléarisation dans le cadre de l'accord de février qui prévoit, en échange, une importante aide énergétique. Pyongyang a fermé mi-juillet son principal site nucléaire, Yongbyon, et doit à présent déclarer l'ensemble de ses programmes et les désactiver.

02/09/2007 dépêche agence GENEVE



30/08/2007

Apprendre à désobéir

Depuis 2006, un collectif de militants multicauses propose des stages d’activisme non violent et invente des façons de dénoncer ce qui cloche dans la société.

Libération - Bure (Meuse) envoyée spéciale

Sous la bruine de Lorraine, une brochette de militants antinucléaires bloque l’entrée d’un centre de stockage de déchets radioactifs. Décontractée, la police dégage les militants en vingt minutes. Le tout dans la franche rigolade. Car ce jeu de rôles grandeur nature clôture un stage un peu spécial organisé par le Collectif des désobéissants. Inspirés par Henry David Thoreau et Gandhi, révoltés par la société de consommation, le réarmement nucléaire, les OGM, la pub, les bagnoles qui polluent, l’injustice sociale, la biométrie, bref, révoltés par le monde tel qu’il tourne, ces militants-stagiaires se perfectionnent à la contestation. On les a vus, dans les manifs altermondialistes, inventer de nouvelles formes de luttes, ludiques, colorées mais déterminées. Ainsi, la Brigade activiste des clowns a «karchérisé» la mairie de Neuilly-sur-Seine qui ne respectait pas les 20 % de logements sociaux imposés par la loi SRU. Ou encore, le collectif Jeudi noir dénonce la crise du logement en débarquant, champagne en main, pour faire la fête dans des appartements à louer, généralement minuscules et hors de prix.

Atelier barbouillage de pub
Désobéir s’apprend. Voilà pourquoi le collectif (www.desobeir.net), créé fin 2006 par un ex-salarié de Greenpeace, prodigue des stages d’initiation et de perfectionnement à l’activisme non-violent. Après une action semi-ratée contre le premier tir français de missile M51, Xavier Renou écrit un manifeste du désobéissant. « En rentrant à Paris, je me suis dit qu’il nous fallait plus de formation et, surtout, faire converger les luttes», raconte le fondateur d’un collectif qui rassemble des écologistes, des pacifistes, des intermittents du spectacle, des chômeurs, des salariés… Pour 45 euros, durant deux jours, les stagiaires fomentent des manifs contre les OGM, trament un barbouillage de pub, préparent un sit-in pacifiste. Sous une grange retapée, le stage se décline en divers ateliers. Celui consacré aux risques juridiques balaie ce qu’encourent les activistes. Ici, l’illégalité semble légitime. « Les problèmes que nous dénonçons sont tellement énormes (OGM, nucléaire…) qu’il faut employer autre chose que des moyens légaux pour se faire entendre», se défend Bénédicte. Avant toute chose, la désobéissance civile prônée ici est non-violente. Mais chacun a sa propre définition de la violence : consensus dans le groupe sur la violence physique, mais quid des violences symboliques et psychiques ? « Qu’est-ce qui est violent, l’action ou le ressenti ?», interroge un stagiaire. « Humiliation, séquestration, certains d’entre nous ne veulent pas exercer de violences psychiques», précise Xavier Renou.

«Travailler son style»
Si certains n’hésiteraient pas à bloquer la chaîne de montage d’une usine de 4x4, d’autres refuseraient catégoriquement de retenir le patron d’une firme de biotechnologies, ou de faucher des OGM sous les yeux de celui qui les a plantés.
Le stage enfonce quelques portes ouvertes, notamment sur la préparation des actions. Bien se préparer et avoir confiance dans les membres de son groupe constitue un rempart contre le raté. « Comme Arsène Lupin, il faut travailler son style, sourit Valérie (lire ci-contre). Et toujours, prévoir un plan B.» Audace, humour, ces militants sont des créatifs de la résistance. « Votre seule limite est votre imagination», prévient le formateur, avant de raconter l’histoire de ces Espagnols venus bloquer la base militaire nucléaire de Faslane (Ecosse). En renversant des pots de peinture rouge sur leur combinaison, ils ont désarçonné les policiers écossais qui ne les ont pas touchés. Pourquoi ? C’est à eux qu’incombe la tâche de laver leur uniforme. L’atelier médias retient toute l’attention des stagiaires. Signe des temps, les actions sont pensées pour informer et donc pour «plaire» aux médias. «L’image compte beaucoup quand on cherche à atteindre l’opinion publique», poursuit Xavier Renou. Ce qui est le cas du fauchage volontaire, idéalement formaté pour la télé et qui a permis de faire entendre la cause des opposants aux OGM. Mais pour faire une image, il faut durer. L’atelier Sit-in file des trucs et astuces pour enquiquiner les forces de l’ordre : faire un bon poids mort, s’assembler en tortue (groupe de minimum cinq manifestants aux membres savamment entremêlés). Puis on apprendra à bricoler le fameux arm-lock, un tube en acier très utile pour s’auto-enchaîner à des voies ferrées ou à des engins de chantier. Les désobéissants l’apprécient d’autant plus qu’il oblige les forces de l’ordre à recourir à un outillage spécial, ce qui prend du temps.

Guy Wan der Pepen, 73 ans, ancien agriculteur, militant altermondialiste. Il ne faut se fier ni à son âge ni à ses yeux bleu piscine. Ce gars aux allures de vieux scout est un récidiviste, condamné à deux mois de prison avec sursis et à 1 500 euros d’amende pour avoir fauché des cultures OGM en 2005. Comme Guy a remis ça en 2006, il risque désormais trois mois ferme. Mais il ne regrette rien. Pire, il est prêt à recommencer. Ce week-end, il était à Verdun-sur-Garonne avec ses copains faucheurs, une seconde famille devenue son « moteur» au fil des années de lutte. « J’ai connu l’Occupation pendant la Seconde Guerre mondiale. A cette époque-là, on n’a pas hésité à résister, plutôt violemment d’ailleurs. Même s’il est difficile de faire l’analogie avec 39-45, je pense qu’il faut entrer en résistance contre la dictature économique. D’année en année, on perd nos droits, on assiste à une régression sociale et à l’enrichissement des forces financières. Aujourd’hui, la misère remplace la pauvreté.»
Le stage lui a permis de partager sa détermination : « On peut gagner avec la non-violence.» Concrètement, il a appris qu’il valait mieux garder le silence, une fois au poste de gendarmerie. « C’est dur, on a tellement envie de leur expliquer les raisons de nos actes. Parfois, j’ai senti que certains étaient de notre côté.» Il a désobéi pour la première fois à Namur en 2001 en fauchant une parcelle OGM. Issu d’une famille d’agriculteurs très croyants, Guy a été aviculteur pendant vingt ans à Hestrud (Nord) jusqu’en 1975. « Au début des Trente Glorieuses, j’ai investi dans l’agriculture industrielle.» Ses milliers de poules pondaient agglutinées les unes aux autres. Insatisfait de leur sort, il adhère aux Paysans travailleurs, l’ancêtre de l’actuelle Confédération paysanne, puis las, devient ambulancier jusqu’à sa retraite, prise il y a onze ans.
Sa femme et sa fille préféreraient le voir biner son potager, mais Guy ne désarme pas. « Nous devons reconquérir notre citoyenneté, devenir des grains de sable dans les rouages de l’économie libérale.» Depuis 2002, il vote blanc ou nul : «Je ne peux pas donner ma voix à des traîtres qui sont à la botte des puissances économiques.»

Stéphane Didelot, 34 ans, professeur de menuiserie, et Fanny Exertier, 28 ans, psychologue. Venir au stage semblait tout naturel à Fanny et à Stéphane. Cette petite brune est issue d’une famille militante antinucléaire qui a défilé à Creys-Malville en 1977. « Moi, c’est l’élection de Sarkozy qui a déclenché le truc. Je me suis dit qu’il fallait s’engager.»
Ils ont tous les deux créé un groupe antinucléaire dans les Vosges, à Epinal. Le stage de désobéissance leur a révélé leurs limites. Séquestrer un patron dans ses bureaux, faucher une parcelle OGM en présence de l’agriculteur, autant d’actions que le couple fraîchement pacsé n’est pas sûr de pouvoir assumer. « Le stage m’interroge sur ma capacité à devenir activiste. Je ne veux pas rester dans le confort de notre petite vie, ne rien faire, mais je me demande comment vivre notre engagement politique », interroge la jeune psy.
Leur casier judiciaire est vierge et ils tiennent tous deux à ce qu’il le reste. « Sur certaines actions, on se contentera de tenir les banderoles et d’informer les gens !» prévient Stéphane qui, contrairement à Fanny, n’a pas eu de parents militants. « Agir, manifester, s’engager, c’est déjà se marginaliser un peu face à l’entourage», plaide-t-il.
En tant que délégué CGT dans son lycée, il reconnaît les limites de l’action syndicale traditionnelle, et l’atelier sur les médias l’a particulièrement intéressé. « Les tracts à l’ancienne, c’est fini. Il faut inventer de nouvelles façons d’attirer l’attention des médias, sinon, on passe inaperçus.»

Valérie Marinho de Moura, 38 ans, intermittente du spectacle. «Pour vivre ses idées, il faut être dans l’action.» Sous des airs angéliques, Valérie cache une détermination sans faille. Cette comédienne a grandi dans une famille écolo «plutôt de droite». Au menu de son enfance, quelques manifs contre la torture animale, mais un point de vue pronucléaire. Elle a cherché longtemps une justification au positionnement politique de ses parents. A leur « vision colonialiste du monde». Sa mère, aujourd’hui décédée, se disait pour l’Algérie française tandis que son père pilotait des avions de chasse sous la dictature de Salazar, au Portugal.
En 1998, ses interrogations la conduisent à l’association Survie qui milite en faveur de l’assainissement des relations franco-africaines. Elle s’ouvre à d’autres causes : les sans-papiers, les chômeurs.… Elle coanime les stages de désobéissance civile et se consacre à ses engagements politiques. L’action militante lui permet de ressentir ce qu’elle a lu (François-Xavier Verschave sur la «Françafrique», Edgar Morin, Patrick Viveret, Alain Denault). «L’organisation de la pensée doit rester en mouvement et l’action désobéissante permet de faire circuler les idées.»
Jusqu’au début de l’année, Valérie travaillait dans des sociétés de production audiovisuelle. «J’y ai vu et entendu des choses qui me déconcertent, notamment de la part de gauchos embourgeoisés, malhonnêtes, aux discours bien pensants à des années-lumière de ce qu’ils vivent.» Elle «récupère», découvre la joie profonde de vivre en cohérence avec ses idées, parmi des gens qui la rassurent. Elle collabore avec une compagnie de théâtre qui monte des spectacles pour Chaillot. Comédienne, elle a joué dans des pubs, «ce qui ne [lui] viendrait même plus à l’idée». Dans une fausse manif de droite, organisée par les Désobéissants, déguisée en «pétainiste», elle scandait «la solidarité, c’est dé-pas-sé» ; elle s’est coiffée d’un bonnet phrygien, pour jouer une Marianne sanglante, pendant une action dénonçant le rôle de la France dans le génocide rwandais. «Je crée mes propres héros, je joue ce qui me fait vibrer.»

Grand Angle - Par LAURE NOUALHAT - Libération jeudi 30 août 2007



23/08/2007

NICOLAS SARKOZY ET LA POLITIQUE MILITAIRE : Vers un « Grenelle de la défense et de la sécurité » ?

Ce vendredi 24 août, Nicolas Sarkozy reçoit à l’Élysée les membres de la commission chargée d’élaborer le futur « Libre blanc de la défense ». Travaux qui doivent être achevés d’ici mars 2008 et servir de base à l’élaboration de la prochaine loi de programmation militaire couvrant les années 2009-2013.
Alors que sur la scène internationale, la France se veut à la pointe du combat pour la non-prolifération nucléaire, la maîtrise des armements et le contrôle des exportations sensibles, la logique qui préside à l’installation de cette commission s’inscrit dans la continuité d’une politique qui vise au renforcement du potentiel militaire de la France.
« La politique dite de défense et de sécurité reste avant tout l’expression de la puissance militaire de la France et non le développement d’une politique de paix durable », souligne Patrice Bouveret, président de l’Observatoire des armements/CDRPC.
« Nous sommes loin de la mise en place d’un “Grenelle de la défense et de la sécurité” auquel seraient conviés des spécialistes et des représentants de la société civile. »
Il est temps de s’interroger sur les outils de notre sécurité pour favoriser une véritable paix durable reposant sur la solidarité au niveau national comme international et le respect des équilibres qu’ils soient humains, environnementaux, énergétiques, etc.
Au regard de la composition de cette commission de 35 membres, présidée par l’ancien secrétaire général de la défense nationale M. Mallet, il est étonnant de voir au titre de « personnalités qualifiées » un certain nombre de personnes qui devraient figurer dans le quota du ministère de la défense. Quota déjà fort conséquent puisqu’il représente la moitié des membres « au titre des administrations », alors que, par exemple, le ministère des affaires étrangères et européennes ne dispose en tout et pour tout que d’un seul représentant ! Aucun représentant de la « Direction générale de la coopération internationale et du développement », de la « Direction des affaires stratégiques, de sécurité et du désarmement », de la « Direction des Nations unies », ou encore de la « Direction de la coopération militaire et défense » ne sont membres de cette Commission.
Ne fait-on pas confiance à l’ancien fondateur d’ONG devenu ministre des affaires étrangères ?
Pour M. Sarkozy, la politique de défense et la paix sont-elles deux domaines distincts sans aucun lien ?
De plus, alors que l’heure serait à l’ouverture tout azimut, plus surprenante encore est l’absence de représentants d’organismes s’interrogeant sur la pertinence de l’actuelle politique militaire de la France… En effet, les « personnalités qualifiées » présentent plus un profil favorable au renforcement de la politique actuelle, notamment au niveau de l’armement nucléaire, qu’à son questionnement.
Certes la Commission « peut entendre ou consulter toute personne de son choix », mais la présence de spécialistes par exemple des questions de ressources énergétiques ou de l’eau, des relations Nord-Sud, des migrations, du développement, du désarmement, aurait été un gage d’ouverture d’un véritable débat « pour prendre en compte l’ensemble de ces paramètres dans une démarche cohérente » comme le souligne la lettre de mission et permettre une véritable « analyse des nouvelles données du contexte international, économique et stratégique, l’évolution des risques et menaces potentielles ».
Nous sommes loin du développement d’une politique cohérente et de l’engagement de la France au sein des Nations unies par sa signature des différents traités comme le TNP, le TICE (traité d’interdiction des essais nucléaires), et de sa participation aux débats pour un futur traité international sur le commerce des armes ou pour l’interdiction des sous-munitions.

POUR TOUT CONTACT : Observatoire des armements/CDRPC (www.obsarm.org)
Patrice Bouveret, 04 78 36 93 03

Lyon, le 23 août 2007 - Communiqué du CDRPC



21/08/2007

BURE ou comment enfouir les pires déchets nucléaires en toute incertitude ?

21-25 août : des actions citoyennes dimanche 26 : une marche contre ce projet illégitime

La loi 2006 sur la gestion des déchets nucléaires a réussi un sacré tour de force ! Faire croire que la région de BURE est apte à accueillir les pires déchets nucléaires, que son sous-sol est bien stable et que, officiellement, les habitants sont contents...


Pourtant à lire le dernier rapport (juin 2007) de la CNE (Commission Nationale d'Evaluation), passées les inévitables introductions lénifiantes, des incertitudes de taille sont pointées, dont celles-ci, ébranlant les affirmations de l'Andra :
'Le laboratoire souterrain (de Bure) n'est disponible que depuis deux ans. Des phénomènes inattendus (formations de fractures en chevron lors de l'avancement des galeries) ou plus amples que prévus (déformations différées) y ont été observés (...). Il faut rappeler qu'on ne dispose pas d'une longue expérience provenant de travaux souterrains dans des argiles indurées profondes '.
La CNE questionne et relève qu'en l'état actuel les connaissances scientifiques manquent de maturité en matière : de comportement à long terme des roches, de déformation et de résistance des ouvrages aux pressions du sous-sol, de dimension des soutènements, d'évolution des zones endommagées par la construction des galeries, ou encore de connaissances sur la génération et le transfert des gaz, etc... Elle interroge aussi sur les délais extrêmement courts du calendrier prévu pour l'Andra, demande si tous les coûts ont bien été pris en compte...

Le problème des très grandes échelles de temps, une question de simple bon sens, soulevé dès l'origine par les opposants au projet.
La CNE 'est préoccupée par le problème de l'extrapolation des données acquises aux très grandes échelles de temps, domaine dans lequel on dispose de peu d'expérience... On disposera ainsi, en 2015, d'un recul d'une dizaine d'années. Les ouvrages souterrains (déjà réalisés à ce jour) sont conçus pour une durée inférieure au siècle... la prédiction de nombreux phénomènes naturels reste encore incertaine...'

Et si finalement on ne savait pas grand chose, c'est-à-dire trois fois rien ?
Et si l'Andra se contentait tout juste de certifier, sur commande et naviguant à vue, un dangereux programme de poudre aux yeux ?

C'est bien ce qui inquiète depuis toujours les nombreux opposants au projet d'enfouir, dont des scientifiques, depuis plus de 25 ans !
Croire ou laisser croire que ces déchets sont gérables est une belle imposture de la part des gouvernements qui se succèdent.
C'est dans une Meuse piégée que la filière nucléaire compte enfouir ses déchets pour mieux continuer à en produire, et la Haute-Marne toute proche n'aurait qu'à se taire à coup de millions d'euros ?

14 forages de reconnaissance de terrain commencent dans la région de BURE mais la poubelle souterraine est loin d'être construite.
Les collectifs appellent tous ceux et celles qui refusent de céder à ce passage en force du lobby nucléaire à des actions citoyennes :
- Mardi 21-mercredi 22 août : réflexion-formation aux actions non violentes de 'désobéissance citoyenne' - Maison de BZL (Bure Zone Libre)
- Jeudi 23 au samedi 25 : trois journées d'actions en application du stage, dans la région de Bure

DIMANCHE 26 AOUT : première « TRANS' MUTANCE »,
marche-randonnée d'une journée vers Bure qui sera suivie d'une soirée festive.
10H30 : départ de Couvertpuis - marche de 15 kms - arrêt pique-nique tiré du sac à Biencourt-sur-Orge
14H : départ de Biencourt-sur-Orge - marche 10 km
Soirée festive acoustique à BURE (navettes prévues pour retour aux voitures)

Contacts presse : 06 86 74 85 11 - 06 66 95 97 77

Collectifs BURE STOP & Coordination nationale contre l'enfouissement des déchets nucléaires www.burestop.org

Communiqué de presse - Bar-le-Duc, 21 août 2007



17/08/2007

« Nous invitons M. Sarkozy »

LA TESTE DE BUCH. -- Le réseau Sortir du nucléaire a confirmé l'organisation du festival « Peace and Landes », fixé du 21 au 23 septembre au Parc des expositions

« Sud Ouest ».
Qu'est-ce que le concert pour la paix, organisé au parc des expositions de la Teste de Buch ?
Stéphane Lhomme :
Les deux concerts, organisés en soirée le vendredi 21 et le samedi 22 septembre, ne sont qu'une partie du festival « Peace and Landes », qui doit se dérouler entre La Teste-de-Buch et Biscarosse. L'idée est de protester contre le missile M51 qui est tiré depuis le centre d'essai des Landes à Biscarrosse. Le premier test a eu lieu l'an dernier, quelques jours après notre première manifestation devant le CEL. Un second test a eu lieu il y a quelques semaines. Nous sommes toujours dans la phase de mise au point. Nous avons la prétention de penser qu'il est encore temps d'arrêter ce programme.

Pourquoi l'organisez-vous à La Teste-de-Buch ?

C'est la seule commune, par souci de pluralisme et de démocratie, qui a accepté de nous réserver le Parc des expositions. Nous avons demandé à d'autres communes. Partout, nous avons essuyé des refus. Il est vrai que beaucoup de militaires y vivent et y consomment. Le samedi après-midi, nous organisons une nouvelle manifestation devant le centre d'essai des Landes. L'an dernier, nous étions 2 000. Cette année, nous espérons être au moins aussi nombreux. Toutes les autres animations de ce festival auront lieu au parc des expositions de La Teste. Il y a les deux concerts, organisés par le Takticollectif, qui comprend des gens du groupe Zebda de Toulouse, qui nous soutiennent. Il y aura également des débats et des forums, le dimanche, avec des experts, des élus et toutes les personnes qui voudront y assister. Nous invitons tous les habitants du bassin d'Arcachon à débattre avec nous, d'autant qu'il sera aussi question du laser mégajoule.

La Teste ne vous a donné, pour l'instant, qu'un accord de principe, sous réserve d'obtenir des assurances sur la sécurité et le logement des festivaliers.

Nous avons encore une visite de sécurité à effectuer et nous sommes toujours en discussion avec la mairie de La Teste. C'est le réseau « Sortir du nucléaire » qui assure financièrement la location de la salle et l'organisation du festival. Nous nous conformerons aux demandes de la mairie, nous apporterons toutes les garanties que l'on nous demande, et nous respecterons les exigences de la ville. Nous sommes dans une démarche pacifique. Il est hors de question de faire le moindre dégât. Il n'y a pas eu l'ombre d'un incident l'an dernier autour de la manifestation de Biscarrosse et du concert de Johnny Clegg, qui a rassemblé 15 000 personnes. La plupart n'ont d'ailleurs pas dormi sur place. Un millier de personnes, à peu près, ont dormi sous des tentes.

Vous contestez avoir dégradé le site du festival, l'an dernier ?

L'an dernier, nous avons travaillé avec l'Avecim pour le nettoyage du site et nous avons recyclé 90 % de nos déchets. Ce qui est assez exceptionnel. Le site a été parfaitement nettoyé. Nous sommes dans une démarche citoyenne. L'an dernier, déjà, il y avait eu quelques velléités à notre encontre, mais très vite, la préfecture avait pris ses responsabilités. Cette année, avec le mariage du porte-parole de l'Elysée à Arcachon, on voudrait peut-être nous mettre des bâtons dans les roues pour nous tenir à distance. Mais, le samedi après-midi, nous serons à Biscarrosse, pas au mariage de M. Martinon.

Si le président Sarkozy est à Arcachon ce jour-là, vous serez peut-être tentés de le rencontrer.

Disons que cette affaire donne une tournure un peu particulière à notre festival. On peut évoquer le troc nucléaire entre M. Sarkozy et Khadafi, l'échange des infirmières bulgares contre le réacteur nucléaire que la France pourrait livrer à la Libye. Ca pourrait mettre un coup de projecteur sur notre action. On se demande si on ne pas inviter MM. Sarkozy et Khadafi au débat de dimanche, pour avoir leur point de vue sur la prolifération nucléaire (grand sourire).

Sud-Ouest - Vendredi 17 août 2007 - Bernadette Dubourg



12/08/2007

Les antinucléaires : privés de scène...

Présents au 'Bout du monde', les militants antinucléaires ont cherché une scène : en vain. En quête d'une tribune pour protester contre le site de l'Ile Longue, la poignée d'activistes avait reçu l'accord des Ogres de Barback pour les rejoindre, le temps d'un discours, sur la scène Landaoudec, en cours d'après-midi. Mise au courant, la production aurait montré son désaccord. De son côté, Riké, bien que solidaire avec eux, aurait refusé leur venue durant son set. ... mais pas de pont Pour sensibiliser les festivaliers arrivant dans la presqu'île, les antinucléaires ont tout de même réussi un de leurs coups. Sur le pont de Térénez, deux hommes se sont perchés entre cinq et dix mètres. Ils ont brandi une grande voile jaune fluo où était inscrit « Le nucléaire tue l'air », sous le regard d'une dizaine de gendarmes.

Le Télégramme du 12 Aout 2007



13/07/2007

M. Sarkozy à la base nucléaire de l'Ile Longue : pas de rupture avec la doctrine Chirac de guerre nucléaire préventive

Collectif « Non au missile M51 » - Brest, le 13 juillet 2007

Le nouveau président de la République s'est rendu sur la base nucléaire de l'Ile Longue, à Brest, où l'attendaient les manifestants du collectif « non au missile M51 ». C'est à l'Ile Longue qu'en janvier 2006 Jacques Chirac avait annoncé l'abandon de la doctrine classique de la dissuasion nucléaire, expliquant que le M51 pourrait être employé pour des frappes préventives destinées à « garantir nos approvisionnements stratégiques », et lutter contre le terrorisme.

M. Sarkozy a prononcé un bref discours, reprenant à son compte les banalités d'usage sur la dissuasion nucléaire. En choisissant de ne pas évoquer ce changement de doctrine et en mentionnant depuis une base nucléaire la lutte contre le terrorisme, il s'inscrit de fait dans la continuité de son prédécesseur. La rupture n'a pas non plus eu lieu en matière de doctrine nucléaire militaire. Le collectif rappelle que la France doit cesser de violer le Traité de Non Prolifération (article 6). Des inspections citoyennes de la base seront organisées dans les semaines à venir (1) pour exposer cette violation, et inviter le Président de la République à considérer que la « tolérance zéro » doit d'abord s'appliquer à lui-même, notamment en matière nucléaire.

Les missiles M51 sont les emblèmes de la nouvelle doctrine Chirac et font actuellement l'objet de tests au Centre d'Essais et de Lancement de Missiles des Landes (CELM). Depuis septembre 2006, des « inspections citoyennes désobéissantes » sont menées pour empêcher les tirs. A chaque fois, plusieurs dizaines de militants sont interpellés. La dernière inspection citoyenne en date, les 19-21 juin derniers, a permis de retarder de 48 heures le tir du missile. De nouvelles inspections citoyennes sont prévues en septembre au CELM, au moment du festival Peace and Landes II (21-23 septembre 2007).

« Avec la nouvelle doctrine Chirac, le pétrole est intégré pour la première fois dans l'histoire de la Bombe française parmi les « intérêts vitaux » pouvant justifier l'usage de bombardements nucléaires contre des populations civiles », s'indigne Xavier Renou, porte-parole du collectif « non au missile M51 ». « M. Sarkozy, qui trouve à juste titre que le budget de la Défense est bien trop important, serait bienvenu d'arrêter le programme de construction des missiles M51, qui coûte 15 milliards d'Euros et ne sert qu'à accroître les tensions avec des pays comme l'Iran, qui sont directement menacés par lui ! »

Deuxième plus grande base nucléaire d'Europe (après Faslane, en Ecosse), l'Ile Longue fait actuellement l'objet de travaux colossaux destinés à permettre l'accueil des futurs missiles nucléaires d'attaque, dont l'assemblage final avec leurs têtes nucléaires sera effectué dans ses ateliers de Guenvenez. Les 48 missiles M51 équiperont finalement les 4 Sous-Marins Nucléaires Lanceurs d'Engins de l'Ile Longue, en 2010.

Contact : Xavier Renou (Réseau Sortir du Nucléaire), porte-parole national du Collectif « Non au missile M51 » :
06 64 18 34 21 ; xrenou2(à)wanadoo.fr - Web : www.nonaumissileM51.org


Le Collectif « Non au missile M51 » rassemble des organisations telles que le Réseau 'Sortir du nucléaire', le Mouvement de la Paix, Stop Essais, ATTAC, la flottille « Rade de Brest pour une mer propre », AE2D, le MAN, l'Union Pacifiste, etc.

(1) éventuellement pendant les journées d'été du Reseau 'Sortir du nucléaire' du 4 au 12 août 2007 à Brest

Communiqué du collectif « Non au missile M51 »



12/07/2007

La venue de Nicolas Sarkozy à l’Ile Longue suscite la mobilisation des pacifistes bretons

Communiqué - Saint Ouen le 12 juillet 2007

« Des économies budgétaires ? on peut en faire avec le désarmement nucléaire » affirme Roland Nivet, vice-président du Mouvement de la Paix, coordinateur des comités de Bretagne


Le Président de la République sera vendredi 13 Juillet à l’Ile Longue en Bretagne, où sont stockées la plupart des armes nucléaires françaises, pour une communication envers les armées. Sa venue soulève la mobilisation des opposants à l’arme nucléaire qui appellent à exprimer l’exigence que la France s’engage sur la voie du désarmement nucléaire au moment de cette première visite du Chef de l’Etat.

A cette occasion Roland Nivet, coordinateur du collectif Bretagne et vice-président du Mouvement de la Paix, rappelle que la Campagne Française pour le Désarmement Nucléaire (1) qui rassemble à ce jour plus de cinquante organisations autour d'un appel commun intitulé « Désarmement nucléaire : prévu depuis 30 ans, exigeons-le maintenant » demande :
« • l'application immédiate du traité de non-prolifération nucléaire (TNP) et en particulier de son article 6 qui prévoit l'élimination des armes nucléaires sous contrôle international strict et efficace.
• que la France et l'Union Européenne prennent des initiatives majeures pour l'application du TNP »
Pour le responsable pacifiste « Si le Président de la République veut innover, il peut faire dans 3 directions :
1- annoncer que la France a enfin décidé de respecter le TNP et qu'elle prend des initiatives majeures au plan international pour la mise en œuvre de ce traité
2- annoncer qu'en conséquence la France gèle son programme de modernisation des armes nucléaires françaises et en premier lieu le programme M 51 qui constitue une violation caractérisée du TNP
3- réorienter les milliards d'euros consacrés au programme M 51 vers la satisfaction des besoins sociaux . »


Le Mouvement de la Paix appelle à soutenir ces 3 orientations qui découlent du respect du droit international en organisant partout où cela est possible des votations citoyennes (2) publiques le Jeudi 12 et le vendredi 13 juillet ainsi qu’à être présent sur le port du Fret à Crozon le Vendredi 13 Juillet à 12h30.

Contact : Roland NIVET - Vice-Président du Mouvement de la Paix - Membre de la coordination mondiale du réseau Abolition 2000 – un des responsables de la Campagne Française pour le désarmement nucléaire
Mobile : 06-85-02-87-14 / Mail : roland.nivet(a)mvtpaix.org

(1) A l'initiative de :
Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire, Artistes pour la Paix, Appel des Cent pour la Paix, Association des Médecins Français pour la Prévention de la guerre nucléaire, enseignants pour la Paix, Ligue internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté, Mouvement de la Paix, Mouvement pour une Alternative Non-violente, Observatoire des armes nucléaires françaises, Pax Christi, Stop Essais pour l'Abolition des armes nucléaires


Avec le soutien (à ce jour) de :
ANCAC, ARAC, ATTAC, CANVA, CGT, CNID, coordination de l'action non violente de l'arche, Droit Solidarité, FNTE-CGT, Femmes Solidaires, Fédération Espérantiste du Travail, Forum Plutonium, FSU, Greenpeace France, Institut Hiroshima Nagasaki, IRDP, Les Verts, les Alternatifs, Maison de Vigilance, MIR, MNLE, MOC, Mouvement des Jeunes Communistes de France, MRAP, PCF, Pionniers de France, Réseau Sortir du nucléaire, SBNAC-CGT, SNCS, SNES, SNESUP-FSU, SNTRS-CGT, UBSAC-CGT, UDB (union démocratique bretonne)


(2) Consultation nationale sur l’arme nucléaire menée par les comités du Mouvement de la Paix. Sur 30 000 personnes déjà consultées, l’immense majorité souhaite que la France prenne l’initiative « pour un monde solidaire sans armes nucléaires ».

Informations sur www.mvtpaix.org

Communiqué du Mouvement de la Paix



12/07/2007

M. Sarkozy à la base nucléaire de l’Ile Longue : quelle « rupture » pour la doctrine nucléaire française ?

Brest, le 12 juillet 2007.

Demain, le nouveau président de la République se rend sur la base nucléaire de l’Ile Longue, à Brest, qui doit accueillir d’ici 2010 les futurs missiles nucléaires d’attaque M51. C’est à l’Ile Longue qu’en janvier 2006 Jacques Chirac avait annoncé l’abandon de la doctrine classique de la dissuasion nucléaire, expliquant que le M51 pourrait être employé pour des frappes préventives destinées à « garantir nos approvisionnements stratégiques ». M. Sarkozy confirmera-t-il demain un choix moralement contestable et qui surtout, n’a fait jusqu’ici l’objet d’aucun débat dans l’opinion ou au Parlement ? Les militants du collectif « non au missile M51 » seront présents devant l’Ile Longue à partir de 10h00 pour rappeler symboliquement la nécessité d’une « rupture » avec cet alignement sur la doctrine américaine, et exiger au contraire de la France qu’elle cesse de violer le Traité de Non Prolifération (article 6). A défaut, des inspections citoyennes inopinées de la base pourraient être organisées par ses militants dans les semaines à venir.

Les missiles nucléaires d’attaque M51 font actuellement l’objet de tests au Centre d’Essais et de Lancement de Missiles des Landes (CELM). Depuis septembre 2006, des « inspections citoyennes désobéissantes » sont menées pour empêcher les tirs. A chaque fois, plusieurs dizaines de militants sont interpellés. La dernière inspection citoyenne en date, les 19-21 juin derniers, a permis de retarder de 48 heures le tir du missile. De nouvelles inspections citoyennes sont prévues en septembre au CELM, au moment du festival Peace and Landes II (21-23 septembre).

« Avec la nouvelle doctrine Chirac, le pétrole est intégré pour la première fois dans l’histoire de la Bombe française parmi les « intérêts vitaux » pouvant justifier l’usage de bombardements nucléaires contre des populations civiles, s’indigne Xavier Renou, porte-parole du collectif « non au missile M51 ». « M. Sarkozy, qui trouve à juste titre que le budget de la Défense est bien trop important, serait bienvenu d’arrêter le programme de construction des missiles M51, qui coûte 15 milliards d’Euros et ne sert qu’à accroître les tensions avec des pays comme l’Iran, qui sont directement menacés par lui ! »

Deuxième plus grande base nucléaire d’Europe (après Faslane, en Ecosse), l’Ile Longue fait actuellement l’objet de travaux colossaux destinés à permettre l’accueil des futurs missiles nucléaires d’attaque, dont l’assemblage final avec leurs têtes nucléaires sera effectué dans ses ateliers de Guenvenez. Les 48 missiles M51 équiperont finalement les 4 Sous-Marins Nucléaires Lanceurs d’Engins de l’Ile Longue, en 2010.

Contact : Xavier Renou (Réseau Sortir du Nucléaire), porte-parole national du collectif « non au missile M51 » : 06 64 18 34 21 ; xrenou2(a)wanadoo.fr
Web : www.nonaumissileM51.org

Le collectif « non au missile M51 » rassemble des organisations telles que le Réseau Sortir du Nucléaire, le Mouvement de la Paix, Stop Essais, ATTAC, la flottille « rade de Brest pour une mer propre », AE2D, le MAN, l’Union Pacifiste, etc.

Communiqué du collectif « Non au missile M51 »



12/07/2007

M. Sarkozy en visite à la base des sous-marins nucléaires de l'Ile-Longue : la France fait partie des 'Etats voyous' dotés de l'arme atomique

Un rassemblement de protestation a lieu à 10h vendredi 13 juillet

En se rendant à la base des sous-marins nucléaires de l'Ile-Longue près de Brest, le Président de la République se place malheureusement dans la continuité de ses prédécesseurs, tous persuadés que la possession d'armes atomiques est un bienfait pour la France.

Au contraire, l'arme nucléaire est ruineuse pour le pays et s'avère inutile face aux dangers actuels comme celui du terrorisme. Il est par ailleurs nécessaire de rappeler les responsabilités écrasantes de la France dans la prolifération nucléaire, en particulier en direction des pays du Moyen-Orient :

- Israël : la France a participé dans les années 1960 à la construction de la centrale de Dimona, dans le désert du Néguev, sur le modèle de celle de Saclay (Région parisienne)

- Iran : en passe d'accéder à l'arme atomique, ce pays reçu de la France pendant deux décennies, de l'uranium enrichi issu de l'usine Eurodif d'enrichissement située Pierrelatte (Drôme), usine dont l'Iran est aujourd'hui encore actionnaire à hauteur de 10%.

- Irak : le 6 Septembre 1975, Jacques Chirac accueillait à Cadarache un certain Saddam Hussein qui venait acheter le réacteur Osirak, copie du réacteur français Osiris... pour produire le plutonium nécessaire aux armes atomiques.

De façon générale, les 5 pays officiellement dotés de l'arme atomique (France, USA, Russie, Chine, Grande-Bretagne) sont les premiers responsables de la prolifération nucléaire... qui leur sert de prétexte pour conserver et développer leurs armes atomiques.

Aujourd'hui encore, la France gaspille de lourdes sommes d'argent public dans le nucléaire en général et dans les armes atomiques en particulier : simulation des essais nucléaires avec le Laser Mégajoule (en construction près de Bordeaux), mise au point du missile M51, sous-marins atomiques, etc...

Le Réseau 'Sortir du nucléaire' rappelle que le nucléaire militaire et le nucléaire dit 'civil' sont intimement liés et doivent être combattus simultanément. L'actualité montre que, sous prétexte de développer une industrie nucléaire dite 'civile', divers pays (Iran, Corée du nord, etc) tentent d'accéder à l'arme atomique.

En faisant la promotion du nucléaire dit 'civil' dans divers pays, comme il l'a fait ces derniers jours dans les pays du Maghreb, M. Sarkozy prend le risque d'aggraver la prolifération de l'arme atomique. Sa venue à l'Ile Longue est donc doublement symbolique : les citoyens doivent protester contre tous les projets nucléaires de M. Sarkozy, qu'ils soient militaires ou 'civils' (projet de construction du réacteur nucléaire EPR à Flamanville, Manche).

Le Réseau 'Sortir du nucléaire' soutient l'appel à rassemblement devant l'Ile-Longue lancé pour vendredi 13 juillet à 10h par ses associations locales et le Collectif 'Non au missile M51'

Réseau 'Sortir du nucléaire' - Fédération de 800 associations - Communiqué du jeudi 12 juillet 2007 - Contact : 06.64.100.333



11/07/2007

Centrale nucléaire de Brennilis : Une inspection menée par l'Autorité de sûreté conforte les accusations portées par le Réseau 'Sortir du nucléaire'

Communiqué du mercredi 11 juillet 2007

Cf document Autorité de sûreté nucléaire (pdf) : Inspection du 31/05/2007 - Brennilis

En obtenant du Conseil d'Etat, le 6 juin dernier, l'annulation du décret autorisant EDF à effectuer le démantèlement complet de la centrale nucléaire de Brennilis, le Réseau 'Sortir du nucléaire' avait bien précisé qu'il ne s'agissait pas seulement de pointer des infractions administratives commises par EDF, mais aussi (et surtout) de dénoncer un véritable tour de passe-passe : en 'magnifiant' le chantier de Brennilis, EDF tente d'abuser l'opinion en lui laissant croire que le démantèlement d'un réacteur nucléaire ne pose pas de problèmes… et qu'il est donc justifié d'en construire de nouveaux (cf projet EPR à Flamanville dans la Manche)

Alors que le Réseau 'Sortir du nucléaire' a d'ores et déjà pointé des problèmes importants (*) concernant le démantèlement de Brennilis, une inspection menée par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) vient confirmer que ce chantier se déroulait de façon tout à fait anormale. Cette inspection a été menée le 31 mai 2007, le compte-rendu est daté du 20 juin, mais ce n'est que ce mardi 10 juillet 2007 qu'il a été (discrètement) mis en ligne sur le site web de l'ASN. On s'étonnera d'ailleurs que cette dernière n'ait pas donné plus de publicité aux graves problèmes mis à jour. Le Réseau 'Sortir du nucléaire' s'en charge donc. En voici quelques exemples :

- une corrosion externe assez prononcée d'environ 20% des fûts de déchets radioactifs : les inspecteur notent que 'l’examen visuel des fûts de déchets radioactifs entreposés dans le local 154 de l’enceinte réacteur qui contiennent des déchets produits en 2004 et 2005 met en évidence qu’environ 20% des fûts présentent des signes de corrosion externe assez prononcée. '

- De lourdes erreurs de décomptage des déchets nucléaires : 'une incohérence complète (en termes de nombre de colis, de tonnage de déchets et d’activité des déchets nucléaires, des données de production, d’évacuation et des bilans d’entreposage)' pour l'année 2006

- Mais aussi : une 'forte sous-évaluation, d’un facteur 30 à 200, de l’activité radiologique de certains déchets tritiés traités par CENTRACO' et 'une expédition de déchets nucléaires pour laquelle les documents d’accompagnement ne correspondaient pas au colis envoyé'. Aucune de ces deux fautes 'n’a fait l’objet ni d’une déclaration adaptée à l’ASN, par le biais des bilans semestriels notamment, ni d’une intégration appropriée dans le dispositif interne de gestion des non-conformités'

- Des déchets nucléaires stockés de façon à créer des risques d'incendie… alors que des brumisateurs sont hors-service : 'la zone où sont regroupés les déchets nucléaires présentant des risques chimiques (piles, aérosols, batteries, acides,…) est trop proche de l’entreposage de déchets tritié'. De surcroît, 'le brumisateur d’extinction d’incendie semble ne pas pouvoir arroser la zone n°100 où le risque d’ignition spontanée ne peut pourtant pas être écarté.' Encore pire : 'le brumisateur d’extinction de la zone n°157 était hors service le jour de l’inspection.'

- EDF atteint même le ridicule lorsque les inspecteurs notent que 'le local dédié à l’entreposage des déchets radioactifs amiantés est normalement fermé à clé (…) mais le local est directement accessible par le local adjacent dont l’issue externe est barrée par trois bandes de ruban adhésif.'

- D’une manière plus générale, 'les inspecteurs ont relevé que les inventaires réguliers des entreposages de déchets radioactifs de l’enceinte réacteur méritaient d’être mieux tenus à jour, notamment pour veiller également à la cohérence de la gestion globale des charges calorifiques.'

- Enfin, diverses autres non-conformités ont été pointées concernant 'les dossiers d’expédition de déchets radioactifs', mais aussi 'la protection contre la foudre des conteneurs de déchets combustibles solides', ou 'la gestion des déchets du chantier assainissement chimique des murs des locaux à risque mercure.'

Cette inspection menée par l'Autorité de sûreté nucléaire conforte donc largement les accusations portées par le Réseau 'Sortir du nucléaire' concernant les opérations menées par EDF à Brennilis. Le démantèlement d'un réacteur nucléaire est une opération lourde, chère et dangereuse, qui ne saurait être menée à l'emporte-pièce.

L'affaire Brennilis n'est de toute évidence que le prélude à de très graves déconvenues lors du démantèlement du parc nucléaire d'EDF (environ 70 réacteurs, dont 58 encore en activité qui sont beaucoup plus gros que celui de Brennilis). Il faut prendre conscience que, contrairement à ce qui est hélas affirmé la plupart du temps, l'option nucléaire imposée en France est une très lourde erreur que les citoyens vont tôt ou tard payer très cher. Il convient donc, avant tout, de ne pas construire de nouveaux réacteurs pour ne pas perpétuer et démultiplier ce grave problème.

(*) Il n'existe pas actuellement de solution pour les déchets les plus radioactifs générés par le démantèlement de la centrale de Brennilis. Il semble que EDF envisage de les expédier vers le centre nucléaire du Bugey (Ain) mais… le site d'entreposage n'existe pas (il est annoncé pour 2015). De toute façon, cet entreposage ne serait pas une solution pérenne : si les déchets de Brennilis sont envoyés au Bugey, ils devront tôt ou tard être expédiés ailleurs, ce qui démultipliera les coûts, les transports et les dangers associés.

Réseau 'Sortir du nucléaire' – Fédération de 800 associations - http://www.sortirdunucleaire.fr



09/07/2007

Plongée au coeur de la nouvelle dissuasion française


Le SNLE de nouvelle génération le Triomphant.

Nicolas Sarkozy visitera le 13 juillet les forces nucléaires françaises.

CE SONT les soldats de la guerre des « sans jour ». Ni jour, ni nuit, une vie qui refuse de s'écouler selon le rythme des 24 heures mais se découpe en tranches artificielles. Les sous-mariniers du Vigilant vivent de quart en quart, de quatre heures en quatre heures. En patrouille, le temps perd son cours naturel pour n'être plus qu'une suite de moments, d'actes. D'attentes aussi. Veilleur silencieux des profondeurs, le SNLE (sous-marin nucléaire lanceur d'engins) semble détaché du temps politique ou diplomatique. Aussi insensible aux soubresauts météo de la surface qu'aux vitupérations d'Ahmadinejad ou de Kim Jong-il.

L'accélération du monde, la désinvolte irruption de nouveaux acteurs dans le petit club nucléaire n'ont rien changé au rythme des patrouilles. Quand il « débouque » du goulet de Brest, le sous-marinier nucléaire sait qu'il ne reverra pas le jour avant 70 lunes. En surface, le fuselage noir qui écarte fermement la mer donne une formidable impression de puissance. Le sous-marin roule un peu, comme si la mer voulait lui faire payer le prix de son imminente intrusion. La prise de plongée est toujours un moment fort. À 5 degrés d'inclinaison, on ne sent pas grand-chose. À 10 degrés, la précaution de ne pas trop remplir l'aquarium du carré des officiers prend tout son sens. « C'est un immeuble de quatre étages et de 140 mètres de long qui s'incline et s'enfonce dans les profondeurs », commente le capitaine de vaisseau Franck Magarian, commandant du Vigilant. Une petite centrale EDF, aussi ; car, avec sa propulsion nucléaire, le sous-marin pourrait alimenter une ville de plus de 100 000 habitants. Avant d'être une boule de puissance, le SNLE est un incroyable concentré de savoir-faire technologique avec la maîtrise de l'énergie nucléaire embarquée comme la capacité à tirer un missile balistique sous l'eau. « Pour longtemps, les nouveaux pays nucléaires devront se contenter de missiles tirés depuis la terre, explique un officier, la dissuasion sous-marine reste l'apanage de grandes puissances. »

Bruit mystérieux

La limite du plateau continental atteinte, les grands fonds s'offrent au grand squale noir. Le Vigilant fait d'abord une pause à une profondeur d'une vingtaine de mètres, à l'immersion périscopique. Dernières vérifications. Les « yeux » rentrés, le pacha ordonne la plongée. Sur un écran à cristaux liquides, les chiffres s'égrènent insolemment : 50, 100, 200, 300 mètres. Le Vigilant va descendre jusqu'à « P », la profondeur maximale qui doit rester secrète. Ici, pas de craquements inquiétants rappelant la folle pression de l'eau sur la coque, comme sur les légendaires U-Boot allemands... Seul le bruit mystérieux des échos sonar donne des couleurs intemporelles à la « sous-marinade ». Casque sur la tête, les « oreilles d'or » - des spécialistes de l'identification acoustique -, analysent, décortiquent, font le tri entre les sons « biologiques » (poissons ou cétacés) et les bruits mécaniques des bâtiments. Leur mémoire sonore, mariée aux banques de données des ordinateurs, leur permet de reconnaître un croiseur russe, un sous-marin américain... Le moteur d'un cargo peut s'entendre à plusieurs dizaines de kilomètres. À l'intérieur du sous-marin, le bruit est chassé en battue. Toutes les machines, le moindre tuyau de douche sont isolés. « Nous devons nous diluer dans l'océan », commente joliment le commandant Magarian.

Discrétion, silence, osmose océane. Et permanence. « Le contrat fixé par la République est clair, explique l'amiral Yves Boiffin, le patron de la Force océanique stratégique (ALFOST) : à tout instant, au moins un SNLE à la mer, et un deuxième si les circonstances l'exigent. » Un rythme qui nécessite d'avoir quatre sous-marins, pour se jouer des périodes d'entretien. Ce format à quatre SNLE a été décidé en 1996, la France en ayant aligné jusqu'à six aux grandes heures du choc des idéologies (les premières patrouilles ayant commencé en 1972). Le Vigilant, avec Le Téméraire et Le Triomphant, est l'un des trois sous-marins de « nouvelle génération ». Le quatrième, L'Inflexible, sera remplacé en 2010 par Le Terrible, actuellement en chantier à Cherbourg. Entre les deux générations, 26 années d'écart et 5 000 tonnes de plus (Le Vigilant jauge 14 000 tonnes, soit le poids de la tour Eiffel), mais 20 hommes d'équipage en moins. Et surtout, la capacité d'emporter le futur missile M51.

« Poste de combat stratégique ». Le Vigilant chasse l'eau de ses ballasts pour remonter à un palier qui, lui aussi, ne doit pas être divulgué. C'est la profondeur de tir.

Menace mieux calibrée

Même s'il s'agit d'un exercice, le CO (centre opérations), coeur nerveux du navire, est gagné par une certaine gravité. Le lancement d'une salve complète va être testé. Seize silos contenant 16 missiles M45 à têtes multiples. Quelque 85 % des têtes nucléaires françaises sont emportées par la composante sous-marine, le reste étant confié à la composante aéroportée (lire ci-dessous). Au CO, le pacha du Vigilant rentre le fameux code nucléaire. Un pont plus bas, au PC missiles, le second du sous-marin fait de même : une procédure immuable pour que le feu nucléaire ne puisse être déclenché par la volonté d'un seul homme. Sur un écran lumineux, l'un après l'autre, les seize tubes virent du jaune au vert. La salve part dans un laps de temps étonnamment court.

Quelles sont les cibles promises à la dévastation, si l'impensable devait se produire ? Le secret est l'un des mieux gardés de la République. Les sous-mariniers ne savent rien des objectifs que leurs ordinateurs digèrent et le capitaine de vaisseau Magarian n'est pas plus au fait qu'un cafetier du port de Brest. Tout au plus peut-il esquisser un certain nombre d'hypothèses. L'époque de la guerre froide, celle de la « destruction mutuelle assurée » et des représailles massives anti-cités, est révolue. Face à une puissance régionale agressive, la menace d'un tel type de frappes ne serait pas très crédible. Un tyran régional ne croirait en effet pas au risque d'une attaque pouvant détruire une partie de son pays. Mieux calibrée, la menace n'en est que plus crédible. Comme l'explique l'amiral Thierry d'Arbonneau, ancien patron de la Fost (*), on peut « garantir à l'adversaire potentiel que ses centres de pouvoir politique, économique et militaire seront détruits s'il s'aventure un cran trop loin ». Lors de son discours à l'île Longue en janvier 2006, Jacques Chirac a pour la première fois placé dans le collimateur du nucléaire les États qui auraient recours au terrorisme.

Une inflexion dans la doctrine qui se traduit par une évolution des armes. On n'en est pas aux « mininukes », ces minibombes nucléaires dont on prête un peu vite aux stratèges américains l'intention de se doter, mais l'heure est aux charges moins dévastatrices. On sait, depuis le discours de janvier 2006, que la France « panache » désormais ses missiles, certains portant six têtes nucléaires, d'autres une ou deux seulement peut-être. Et le futur missile M51, dont le deuxième test a été effectué avec succès il y a deux semaines, devrait permettre d'apporter encore plus de souplesse. Il pèse 56 tonnes, soit l'équivalent d'un char Leclerc qui parcourrait Paris-Marseille en moins de 5 minutes ! Sa portée - secret défense, mais bien supérieure aux 6 000 km de l'actuel missile M45, de l'ordre de 8 000 km -, permettra d'atteindre facilement toutes les nouvelles cibles potentielles. L'effort français pour la dissuasion reste important puisqu'elle représente 18 % des investissements de la défense et 10 % du budget total (en 1965, on était monté à 50 % du budget d'équipement...).

Prolifération en cascade

Le chef d'état-major de la marine, l'amiral Oudot de Dainville, est venu redire l'importance de leur mission aux marins du Vigilant. « La fin de la guerre froide a pu créer quelques états d'âme, dit-il ; la gravité des crises de prolifération actuelles et la résurgence toujours possible d'une menace majeure donnent à la dissuasion tout son sens. »

L'amiral d'Arbonneau raconte qu'au moment de la chute du mur de Berlin il était en patrouille et que ses hommes pensaient alors, non sans humour : « Ces cons-là vont nous mettre au chômage... » Un peu plus tard, le drame du 11 Septembre a amené certains à décrire l'Occident comme un « Gulliver nucléaire empêtré » face aux lilliputiens fanatisés de la secte Ben Laden. Puis, les crises iranienne et nord-coréenne sont montées en puissance, avec en sus une menace de prolifération en cascade. Un rapport de la CIA évoque la possibilité de 25 pays nucléaires à l'horizon 2015. Sans conclure à une irrationalité des nouveaux acteurs nucléaires, on peut craindre qu'ils n'aient pas l'expérience du sage exercice de la dissuasion forgée pendant les décennies de la guerre froide.

Durant la campagne, Nicolas Sarkozy avait réaffirmé l'importance de la dissuasion, sans s'interdire une réflexion sur la doctrine d'emploi et les moyens, voire la coopération avec les alliés. Toujours à l'île Longue, Jacques Chirac avait lui aussi montré une conception élargie des intérêts vitaux, en évoquant la protection des « alliés ». La question du positionnement des armes nucléaires françaises ou britanniques dans la défense européenne est donc ouverte, même si le nucléaire restera un outil de souveraineté par excellence. Un gage de stature, aussi. « Si j'avais eu la bombe, jamais je n'aurais quitté Suez », avait dit Guy Mollet. Quatre ans plus tard, quand la première bombe française avait explosé au Sahara, Michel Debré, premier ministre du général de Gaulle avait réveillé ses enfants au milieu de la nuit pour leur dire : « Aujourd'hui, la voix de la France existe à nouveau ! »

(*) Les Sous-Marins français d'aujourd'hui, avec Michel Bez, Éditions du Chêne, 2004.

De notre envoyé spécial à bord du Vigilant ARNAUD DE LA GRANGE.

Note du Réseau 'Sortir du nucléaire' : écoeurante magnification de la guerre, des armes, et des armes nucléaires en particulier. Le Figaro produit régulièrement des articles de très bonne tenue sur les questions scientifiques mais, ici, il s'agit de désinformation et non de journalisme. Certains y verront le poids de l'idéologie guerrière et mercantile du propriétaire du Figaro (Dassault)...

Le Figaro 9 juillet 2007



06/07/2007

Sans réponse de M. Borloo concernant le réacteur EPR, le Réseau 'Sortir du nucléaire' désapprouve le 'Grenelle de l'environnement'

Alors qu'il présente aujourd'hui le processus du 'Grenelle de l'environnement', M. Borloo n'est toujours pas revenu sur les déclarations de son prédécesseur M. Juppé selon lequel il était hors de question de remettre en cause le nucléaire et, en particulier, la construction du réacteur EPR.

Certes, le Ministère de l'Ecologie a depuis 'arrondi les angles' en concédant qu'il serait quand même possible de 'parler du nucléaire' lors du Grenelle, mais il est clair qu'il ne s'agira... que d'en parler. D'ailleurs, M. Borloo n'a pas répondu au courrier que le Réseau 'Sortir du nucléaire' lui a adressé le jour même de sa nomination le 19 juin 2007 (*).

Le Réseau 'Sortir du nucléaire' demande toujours à ce que le 'préalable pronucléaire' du gouvernement soit levé, c'est à dire que soit abrogé le décret qui autorise EDF à construire le réacteur nucléaire EPR (**). Ce décret a été pris par le gouvernement Villepin dix jours avant l'élection présidentielle, méthode choquante et antidémocratique.

Il est d'ailleurs curieux que M. Sarkozy, qui a fait campagne sur la 'rupture', estime impossible de revenir sur le décret signé par son prédécesseur. Qui plus est, un précédent renforce la revendication du Réseau 'Sortir du nucléaire' : avant d'ouvrir des négociations avec les syndicats d'enseignants, M. Sarkozy a accepté d'abroger les décrets Robien, pris eux aussi juste avant l'élection présidentielle. Ce qui est possible dans le domaine de l'Education doit certainement aussi pouvoir l'être concernant l'Environnement...

Pour le Réseau 'Sortir du nucléaire', il n'est pas acceptable de participer au 'Grenelle de l'environnement' alors que, pendant ce temps, EDF tente de rendre irréversible la construction du réacteur EPR. A moins que le Président de la République n'annonce au plus vite l'abrogation du décret autorisant la construction de l'EPR, le Réseau 'Sortir du nucléaire' ne participera pas au 'Grenelle de l'environnement'.

Contact Réseau 'Sortir du nucléaire' : 06.64.100.333

(*) accusé de réception du cabinet Borloo daté du 21 juin.
(**) ainsi que les décrets préfectoraux grâce auxquels EDF a commencé les travaux préparatoires au chantier de l'EPR

Communiqué du vendredi 6 juillet 2007 - Contact : 06.64.100.333

Réseau 'Sortir du nucléaire' - Fédération de 800 associations



30/06/2007

Le Réseau 'Sortir du nucléaire' et l'ouverture du marché de l'électricité (au 1er juillet 2007)

Garder le tarif 'administré' ou quitter EDF : 'Sortir du nucléaire' ne donne pas de consignes mais conteste la 'compétitivité' de l'électricité nucléaire.


Déjà effective depuis plusieurs années pour les industriels, l'ouverture du marché de l'énergie concerne aussi les particuliers à partir du 1er juillet 2007. EDF et GDF perdent le statut de 'monopole d'Etat' et sont donc confrontés à la concurrence d'autres opérateurs.

Les nombreux citoyens qui sont opposés à l'énergie nucléaire ont, c'est le moins que l'on puisse dire, de lourds griefs à l'encontre des dirigeants d'EDF qui imposent cette industrie depuis 50 ans. Pour autant, la situation reste complexe et le Réseau 'Sortir du nucléaire' ne saurait proposer à ses adhérents et sympathisants des réponses 'clé en main'.

En premier lieu, le Réseau 'Sortir du nucléaire' rappelle qu'il a développé depuis plusieurs années une campagne intitulée 'Pour un vrai service public de l'électricité... sans nucléaire'. Attaché aux valeurs de respect des citoyens et de solidarité, le Réseau se prononce en faveur du service public, tout en exigeant qu'il soit démocratisé, décentralisé, déconcentré. Et donc dénucléarisé.

Le positionnement du Réseau 'Sortir du nucléaire' reste d'autant plus d'actualité que, contrairement à ce qui est parfois dit, il est illusoire d'espérer que la privatisation et/ou le démantèlement d'EDF suffirait à remettre en cause le nucléaire. En effet, dans divers pays, les centrales nucléaires sont exploitées par des compagnies privées. Cela ne les empêche d'ailleurs pas de recevoir les fortes aides publiques sans lesquelles il n'y aurait pas de nucléaire.

Le libéralisme ne 'tuera' donc pas le nucléaire. Du point de vue purement antinucléaire, la privatisation d'EDF et l'ouverture du marché ne changent finalement pas grand-chose. Les restrictions budgétaires qui aggravent le risque nucléaire (déjà très important sans cela) ont été mises en ˛uvre depuis plusieurs années, avant même l'ouverture du capital d'EDF. Et les deux plus graves accidents nucléaires de l'Histoire, Tchernobyl et Three mile island, ont eu lieu respectivement en Union soviétique et aux USA, ce qui montre bien que, public ou privé, le nucléaire est toujours extrêmement dangereux.

Ceci dit, de nombreux citoyens se posent aujourd'hui la question de quitter ou non EDF au profit d'un autre opérateur comme par exemple la coopérative Enercoop qui propose des offres 'vertes', c'est-à-dire l'achat d'électricité d'origine renouvelable.

Cependant, des associations de consommateurs déconseillent vivement de 'quitter EDF' car la première conséquence de ce choix serait la perte définitive du tarif dit 'administré', c'est-à-dire du prix de l'électricité fixé par l'Etat. Le risque pour les 'audacieux' est de voir tôt ou tard leurs factures augmenter brutalement, contrairement à celles des 'prudents' qui bénéficieront encore (mais pour combien de temps ?) de la protection de l'Etat.

C'est donc à chacun de faire son choix... et le Réseau 'Sortir du nucléaire' ne saurait donner de 'consignes'.

Par contre, le Réseau 'Sortir du nucléaire' publie un document clé qui démontre que les prétendues vertus du nucléaire sur le plan économique (prix de l'électricité, indépendance énergétique, emploi, etc), mises en avant dans de nombreux articles ou reportages, ne résistent pas à la simple étude des données officielles. L'ouverture du marché à la concurrence aura ainsi peut-être un mérite, celui d'attirer l'attention sur le coût réel de l'électricité nucléaire, un coût prohibitif mais couvert en bonne partie par l'argent public, que les centrales soient publiques ou privées...

Voir ici : Document pdf

Communiqué du samedi 30 juillet 2007 - Contact : 06.64.100.333

Réseau 'Sortir du nucléaire' - Fédération de 800 associations - http://www.sortirdunucleaire.fr



28/06/2007

De l’énergie (verte) à revendre

L’ouverture des marchés de l’énergie, le 1er juillet, permet aux particuliers de choisir leur fournisseur. Peut-on se risquer à quitter EDF ? Que penser des offres « vertes » ? Faut-il opposer service public et accès aux énergies renouvelables ?

Petite révolution culturelle française : à partir du 1er juillet, les particuliers pourront choisir leur fournisseur d’électricité et de gaz. Et donc délaisser, si l’envie leur prend, les opérateurs historiques que sont EDF (électricité) et GDF (gaz), en position de monopole depuis 1946 ! Les défenseurs du service public dénoncent les risques pour les usagers. Mais l’apologie à tous crins de ces monopoles publics à la française fait peu de cas de leur rôle dans le choix de politiques énergétiques fort peu écologiques, au point d’apparaître aujourd’hui comme contradictoires avec l’intérêt commun.

Nombreux sont ceux qui ne découvriront le bouleversement que le 1er juillet. La faute au gouvernement, qui n’a consacré que deux millions d’euros à l’information du public. Pourtant, l’ouverture des marchés de l’énergie, organisée à l’échelle européenne par des directives de 1996 et 1998, est dans sa phase finale. La France, très attachée à son service public de l’énergie et appuyée par EDF (le premier énergéticien au monde), avait à l’époque négocié de pouvoir étirer au maximum les délais d’entrée en vigueur de la concurrence entre fournisseurs : depuis 2000 pour les gros industriels, puis 2004 pour les PME et collectivités territoriales [1].

Plusieurs syndicats et associations de consommateurs s’inquiètent aujourd’hui des stratégies commerciales des opérateurs privés, qui tentent de débaucher la clientèle d’EDF en lui proposant des tarifs promotionnels alléchants ou des offres « vertes », garantissant que tout ou partie des kilowattheures fournis auront été produits par des énergies renouvelables ­ hydraulique, éolien, photovoltaïque (solaire) principalement [2].

Le passage au privé et la multiplication des concurrents peuvent-ils favoriser le développement de l’électricité verte ? Une écologie « de marché » vient-elle faire son beurre sur les brisées du service public ?

Le mouvement Attac s’est fait l’écho de ce débat. Christiane Marty, chercheuse à EDF et syndicaliste à SUD-Énergie, voit ainsi des « prestations mensongères » derrière les slogans commerciaux appelant les particuliers à acheter de l’électricité verte : cela « préserve l’environnement », « contribue à l’essor des énergies renouvelables », etc. En réalité, acheter de l’électricité verte sur le marché libre « ne contribue en rien au développement de sa production ».

En effet, analyse-t-elle, ce n’est pas la demande d’une clientèle spécifique qui soutient la production d’électricité verte, mais un régime d’aides : pour inciter des entreprises ou des particuliers à investir dans la construction d’éoliennes, de petites turbines hydroélectriques ou de panneaux photovoltaïques, la France (comme la plupart des pays européens), a choisi de fixer des tarifs attractifs [3] pour l’achat de leur électricité, compensant des coûts de production plus élevés qu’avec les énergies conventionnelles [4] et offrant même, pour les grosses centrales éoliennes, des taux de rentabilité financière parmi les meilleurs du marché.

Deuxième volet du mécanisme : EDF a obligation d’acheter tout kilowattheure (qu’il soit « vert » ou non) qu’un producteur souhaite vendre. C’est une contrepartie au monopole de la distribution qui lui a historiquement été concédé. Enfin, EDF est remboursée du surcoût que représente l’achat de cette électricité verte par le biais d’une contribution au service public de l’énergie (CSPE), qui apparaît sur la facture de tous les consommateurs d’électricité. « D’ores et déjà, les particuliers financent donc le kilowattheure vert », fait remarquer Christiane Marty.

Prix administrés, obligation d’achat par EDF, redevance des consommateurs : l’économie de l’électricité verte, en France, est donc sous régime fortement administré. Et EDF, en quelque sorte, assurerait déjà des missions de service public de développement de l’électricité verte... Conclusion de la chercheuse : quel intérêt dès lors, pour un client préoccupé par l’environnement, d’opter pour l’offre « verte » d’un fournisseur privé : « même Enercoop » ? Jacques Weber, membre d’Attac, s’inquiète du « raccourci rapide et fâcheux » consistant à assimiler cette initiative au « néocapitalisme vert » de négociants surfant sur la vague écologique pour faire du profit.

Singularité, parmi la dizaine de fournisseurs d’électricité que comptera le marché libre au 1er juillet [5], Enercoop est une société coopérative d’intérêt collectif (Scic), agréée « entreprise solidaire ». Elle a été créée en 2005 à l’initiative d’associations écologistes comme Greenpeace et Hespul, avec pour objectif de remettre en cause le modèle énergétique actuel : promotion des économies d’énergie, relocalisation de la production pour limiter le transport d’électricité sur de grandes distances (dispendieux et générateur de pertes), appui aux petits producteurs d’électricité verte.

« On voudrait parfois nous faire un sort en dépeignant une dichotomie simpliste entre un secteur public 100 % vertueux et un secteur privé 100 % néfaste pour l’intérêt collectif », s’insurge Patrick Behm, directeur d’Enercoop, qui interroge : jusqu’où l’entreprise publique s’occupant d’électricité répond-elle au besoin collectif ? A-t-elle engagé la transition énergétique, la marche active vers une réelle sobriété, la décentralisation de la production fondée sur de petites unités à énergie renouvelable, avec des choix transparents et une gouvernance démocratique ? « EDF a longtemps confondu 'service public' avec 'incitation à consommer' pour écouler sa surproduction nucléaire, souligne Benjamin Dessus, économiste et spécialiste des questions d’énergie. Le monopole public a conduit à un modèle de production hypercentralisé, basé sur le tout-nucléaire au détriment des autres filières, provoquant un important retard dans le développement des nouvelles filières d’énergies renouvelables. »

Pour Jacques Weber, la faiblesse du soutien reçu par EDF lors de son changement de statut est en partie due aux divisions qui opposent mouvements « écologistes » et mouvements « sociaux » à son sujet. « Ne nous trompons pas d’ennemi », prévient-il, distinguant même dans la coopérative Enercoop une forme représentative d’un service public moderne, décentralisé, regroupant autour d’une même table salariés, collectivités locales et usagers.
Notes

[1] Pour l’électricité, la déréglementation est en vigueur depuis 1996 en Suède, et même 1990 au Royaume-Uni.

[2] Ce débat ne concerne pas GDF ni le gaz naturel, énergie primaire non transformée à la différence de l’électricité.

[3] Jusqu’à 0,55 euro par kilowattheure pour le photovoltaïque.

[4] Nucléaire, fioul, gaz, charbon, largement subventionnés pendant des décennies.

[5] Ils ne visent pas tous les particuliers. Voir le site mis en place par le gouvernement : www.energie-info.fr.

[6] Pour l’électricité, la déréglementation est en vigueur depuis 1996 en Suède, et même 1990 au Royaume-Uni.

[7] Ce débat ne concerne pas GDF ni le gaz naturel, énergie primaire non transformée à la différence de l’électricité.

[8] Jusqu’à 0,55 euro par kilowattheure pour le photovoltaïque.

[9] Nucléaire, fioul, gaz, charbon, largement subventionnés pendant des décennies.

[10] Ils ne visent pas tous les particuliers. Voir le site mis en place par le gouvernement : www.energie-info.fr.

Politis - 28 juin 2007 - Par Patrick Piro / Réseau Sortir du Nucléaire



27/06/2007

Hoax nucléaire & piratage antipub à la TV tchèque

Voir la vidéo

Prague, 17 juin 2007. Comment un mystérieux groupe fait exploser une bombe un dimanche matin dans le programme météo d’une chaîne publique pour dénoncer l’envahissement publicitaire.

Les cas réussis de « hacking » d’un programme diffusé sur une grande chaîne de télévision sont encore extrêmement rares dans le monde. C’est pourtant ce qu’est arrivé à faire dimanche dernier à l’heure du petit-déjeuner un mystérieux commando infiltré sur les ondes de CT2, la deuxième chaîne de télévision publique tchèque.


Le nom du collectif d’artistes qui a réalisé cet exploit et plongé dans la stupeur quelques milliers de téléspectateurs mal remis de leurs agapes de la veille : Initiative Ztohoven . En langue tchèque, « ztohoven » signifie « loin de cela ». Prononcé à haute voix, le mot désigne aussi quelque chose comme « une centaine d’excréments ». Sous la houlette d’un certain Roman Tyc (outre l’évident jeu de mot, c’est également le patronyme d’un des plus célèbres culturistes tchèques, propriétaire de plusieurs centres de « fitness »), le groupe en question fédère artistes expérimentaux, hackers et autres activistes énervés par la dérive marchande et médiatique de la société.

Depuis 2003, Ztohoven s’est maintes fois illustré par des happenings transgressifs. Tantôt en déconnectant une partie de l’immense néon en forme de cœur, réalisé par l’artiste Jiri David et surplombant le château présidentiel, transformant ce symbole d’amour en un immense point d’interrogation lumineux, comme pour interroger l’opinion sur le réel bilan d’un Vaclav Havel terminant son mandat. Tantôt en détournant plus de 800 panneaux publicitaires dans le centre de Prague en les ornant d’affiches blanches marquées d’un grand point d’interrogation noir pour souligner le caractère manipulatoire et fondamentalement anxiogène de la publicité commerciale. Ou plus récemment encore, en avril dernier, en modifiant en une nuit et à la barbe de la police une bonne partie des feux piétons de signalisation en leur substituant des pictogrammes farfelus invitant le quidam à rompre avec ses attitudes rigides.

Mais concrètement, que s’est-il passé le 17 juin dernier à la télévision tchèque?

La video : à voir absolument


Comme de nombreuses chaînes, CT2 consacre chaque matin une part importante de son antenne aux prévisions météorologiques en les agrémentant de séquences parcourant les paysages bucoliques des environs de Prague, captés en direct par des caméras stationnaires à rotation panoramique, réparties en différents points du territoire. Ce matin-là, la diffusion de l’émission - fort opportunément intitulée « Panorama » - débute normalement en présentant une vue des montagnes du Krkonose prise par la webcam automatique de Cerny Dul située dans la partie Est de la Bohème. Au bout de quelques secondes, la rotation circulaire de la caméra s’arrête et laisse apparaître une soudaine et violente explosion du type de celle provoquée par une charge nucléaire. Un champignon nucléaire s’élève alors au-dessus d’un des paysages favoris des Tchèques, et le souffle de la bombe s’amplifie rapidement jusqu’à brouiller « en direct » les ondes hertziennes et transformer en « neige » les images diffusées par la deuxième chaîne ! Une vision d’apocalypse en réalité toute virtuelle… Durant une demie-minute, les vraies images de la station ont été remplacées par un faux spot du même paysage où les pirates avaient incrusté des images d’un essai nucléaire réalisé en 1952 provenant d’archives militaires aujourd’hui déclassifiées et disponibles sur le site du DOE, le Département Américain à l’Énergie et à la Sécurité Nucléaire. Malgré un montage assez sommaire, la scène parvient à faire illusion auprès d’une partie des 50 000 téléspectateurs présents devant leur poste. Seul véritable indice de la supercherie discernable à l’antenne : l’insolite inscription située en bas à gauche de l’écran, www.ztohoven.com , nom du site aujourd’hui inaccessible des auteurs de ce canular. Pendant près d’une heure, un petit vent de panique s’empare de certains téléspectateurs qui bondissent sur leur téléphone pour inonder d’appels les standards de la chaîne et des services de police. Si l’idée du déclenchement d’une agression militaire ou de l’explosion d’une implantation nucléaire a surgi ce jour-là dans la tête de plus d’un Tchèque, c’est aussi parce que l’actualité récente a largement contribué à éveiller une telle psychose. Beaucoup de propos amplifiés par les médias ont en effet commencé à alimenter l’inquiétude de la population en amont de la fiction-réalité des Ztohoven : polémique entre le gouvernement tchèque et les autorités autrichiennes sur la question de la sécurité dans les centrales nucléaires en zones frontalières, et surtout, déclarations tonitruantes de Poutine menaçant d’une réaction musclée en cas d’installation dans la région du bouclier anti-missile projeté par les Américains.

Assez rapidement après la diffusion, CT2 dément l’existence d’un accident nucléaire et révèle publiquement la mystification, tandis que le mystérieux commando de se fend de communiqués expliquant les raisons de son coup d’éclat. « Cette action vise à montrer concrètement le pouvoir d’influence mais aussi la vulnérabilité des médias à notre époque, notamment à travers l’utilisation croissante des techniques numériques, tant au niveau de la diffusion qu’à celui de la fabrication des contenus. (…) Nous souhaitons alerter le public sur la façon dont la publicité viole et exploite nos désirs, nos idées et nos perceptions des choses avec pour but exclusif de nous pousser à consommer ».
À la mi-journée, le porte-parole de la télévision publique Martin Krafl annonce que la chaîne vient d’engager des poursuites judiciaires contre les auteurs de ce « crime » (atteinte à la propriété intellectuelle et diffusion de fausse nouvelle susceptible de provoquer des troubles à l’ordre public) et précise que la police dispose d’ores et déjà du nom du propriétaire de l’adresse internet du site. Sur le papier, les impétrants encourent jusqu’à un an de prison ferme. Martin Krafl explique aussi que le canular a été rendu possible grâce à un piratage numérique très sophistiqué de la webcam automatique chargée de couvrir la région, précisant au passage – service public oblige – que la production locale des images relève d’un contractant extérieur et que la régie centrale de la télévision tchèque est hors de cause dans cette affaire. L’hypothèse, avancée par la chaîne, d’une intervention ultrasophistiquée et effectuée à distance à l’aide d’importants moyens technologiques par de super hackers paraît exagérée et finalement peu crédible quand on regarde attentivement les photos de l’action, diffusées sur feu le site de Ztohoven.

L’intervention des pirates sur le relais de Cerny Dul, tout comme leur montage vidéo mélangeant assez sommairement images numériques et images analogiques, ressemble davantage à un astucieux bricolage qu’au produit d’un implacable consortium de « geeks » surdoués. Peu importe d’ailleurs, puisque le résultat final est parvenu à faire sensation et à provoquer une grosse polémique…
Cherchant à dédouaner l’institution télévisuelle de ses responsabilités, Martin Krafl a poursuivi ses déclarations en insistant sur le fait que cet acte était « imprévisible et qu’il aurait pu provoquer une réaction de panique massive dans la population », le programme étant fort suivi durant cette période de l’année. Aux protestations de la chaîne publique se sont rapidement jointes celles des offices régionaux du tourisme qui ont vu dans l’opération une atteinte à leur image : les séquences panoramiques de l’émission matinale étant explicitement conçues comme un vecteur de promotion de l’activité touristique des sites présentés. On comprend ainsi mieux le rapport effectif entre la cible choisie par Initiative Ztohoven et les proclamations anti-publicitaires contenues dans leur message de revendication !
Source: HNS

André Gattolin pour hns-info



22/06/2007

M51 : nouveau tir réussi

ARMEMENT. --Malgré l'opposition des antinucléaires, le futur missile balistique M51 a été testé pour la deuxième fois hier à Biscarrosse (Landes)

Le deuxième tir du futur missile balistique M51 a eu lieu hier à partir de la base de lancement du Celm (Centre d'essais et de lancement de missiles) de Biscarrosse. Cet engin remplacera progressivement à partir de 2010 l'actuel missile M45 sur les sous-marins stratégiques. Il deviendra de ce fait le principal élément de notre force de dissuasion, qui inclut également des armes nucléaires à plus courte portée installées aujourd'hui sur des Mirage 2000, et bientôt sur des Rafale.
Comme ils l'avaient déjà fait en novembre dernier lors du premier tir, les mouvements antinucléaires ont tenté de s'opposer à ce lancement. Ainsi, certains militants étaient-ils parvenus à pénétrer sur le site dès mardi. Mais la Délégation générale pour l'armement (DGA), sous l'autorité de laquelle est placé le centre de Biscarrosse, affirme que cette intrusion n'a pas retardé le deuxième essai du M51.

Secret. Selon la direction de la DGA, le lancement du deuxième prototype, qui s'est déroulé hier aux alentours de 10 h 20, a eu lieu dans la première des fenêtres de tir prévues cette semaine. On se doute évidemment que l'opération ne peut pas se dérouler à n'importe quel moment. La DGA doit s'assurer qu'aucun satellite ne croise la course de l'engin, tout en prévenant les autorités internationales de la navigation aérienne du lieu et de l'heure de la retombée de ce véhicule très particulier.
Le M51 qui a été lancé hier de Biscarrosse était évidemment dépourvu de têtes nucléaires, comme cela est toujours le cas lors de ces essais. Il n'a pas eu exactement la même trajectoire que celui qui avait été testé le 7 novembre 2006, et qui avait terminé sa course au large de la Guyane. Hier, après avoir effectué l'essentiel de son trajet hors de l'atmosphère terrestre, le missile est retombé beaucoup plus au nord de l'Atlantique, dans un endroit tenu secret pour l'instant. La distance parcourue n'a pas été précisée. Mais elle est sensiblement supérieure à celle qui avait été atteinte l'an dernier. Les autorités françaises ne sont pas bavardes sur « l'allonge » précise de cet engin, qui pourrait approcher les 10 000 kilomètres, excédant largement de ce fait la portée de l'actuel M45.

Retombées. La deuxième grande spécificité de ce vol était constitué par la partie haute du M51, différente de celle qui avait été testée en novembre. La configuration de ce dernier étage préfigurait ce que devrait être la partie haute de la deuxième version du missile, aux environs de 2015. A cette date, le M51 recevra une tête nucléaire adaptée au nouveau contexte juridique international, qui interdit les essais nucléaires dans l'atmosphère. Cette tête sera conçue de façon à ce que le bon fonctionnement sur le long terme de ses armes nucléaires puisse être vérifié par des instruments de simulation comme le futur laser megajoule du Barp, et non par des essais en grandeur nature, comme à Mururoa jadis.
Avant d'être installé à bord des sous-marins, le missile sans ses armes sera encore testé à Biscarrosse. Un prochain essai devrait avoir lieu à partir d'un immense bassin creusé dans le sol du centre landais, et destiné à reproduire les conditions dans lesquelles le M51 pourrait être éjecté des sous-marins, dans l'hypothèse tragique où il aurait à servir.
Au-delà du centre de Biscarrosse, le M51 a si l'on peut dire de très fortes retombées dans la région : des centaines de salariés des établissements girondins d'EADS Astrium, de Snecma Propulsion solide et de la SNPE ont participé à ce programme dont le coût total avoisine quelque 9 milliards, soit environ l'équivalent de quelque 36 Airbus A380 ou de 8 tramways de Bordeaux.

Bernard Broustet

Sud-Ouest - 22 juin 2007



21/06/2007

La France effectue un test de missile M51 en violation de ses engagements internationaux !

Le Mouvement de la Paix invite les citoyens à protester auprès de l’Élysée et de leur préfecture.

Le test de missile M51, empêché depuis mardi par la présence d’inspecteurs citoyens, a eu lieu ce matin, jeudi 21 juin. Le nouveau ministre de la Défense s’en est félicité avant même que le missile ne soit arrivé à sa destination supposée au large de la Guyane.

« Ce tir constitue une violation manifeste de l’article 6 (1) du T.N.P. ratifié tardivement en 1992 par la France » déclare Pierre Villard co-président du Mouvement de la Paix, présent à Biscarosse le premier jour des inspections citoyennes comme porte parole du « Collectif Non au missile M51 ».

Le missile M51 est un missile d’attaque destiné à équiper les 4 sous-marins de 3 batteries de 16 missiles chacun, soit 192 exemplaires. La capacité de portée du missile est grandement augmentée pour pouvoir atteindre les 10 000 km. « Nous sommes loin d’une défense du territoire mais bel et bien dans une stratégie d’attaque en contradiction avec tous les concepts de dissuasion » indique Pierre Villard.

D’après nos informations, il semblerait que de nouveaux inspecteurs citoyens étaient présents sur le site au moment du tir. Ce serait donc malgré une présence humaine connue que le tir a été effectué.

Le Mouvement de la Paix invite le gouvernement à suspendre immédiatement le programme de missiles M51 et à prendre l'initiative pour que s'engage un processus international de désarmement nucléaire. La crédibilité internationale de la France serait accrue si elle appliquait pour elle même ce qu'elle exige d'autres États.

A l’heure où de nombreux acteurs sociaux réclament des moyens «Les 15 milliards d’euros du programme M51 peuvent être disponibles immédiatement pour une vraie politique de désarmement, la satisfaction des besoins sociaux et l'aide au développement » indique Pierre Villard.

Le Mouvement de la Paix, qui a lancé depuis plusieurs mois une consultation nationale par votation citoyenne sur les armes nucléaires et les dépenses militaires, invite les citoyens à s'opposer massivement à ce programme de modernisation des armes nucléaires françaises. « Nous invitons les citoyens à protester auprès de l’Élysée et de leur préfecture » conclue Pierre Villard.

Contact : Pierre Villard : 06-82-92-29-46
_____________

(1) Chacune des parties au traité s’engage à poursuivre de bonne foi des négociations sur des mesures efficaces relatives à la cessation de la course aux armements nucléaires à une date rapprochée et au désarmement nucléaire, et sur un traité de désarmement général et complet sous un contrôle strict et efficace.

Mouvement de la Paix - Saint-Ouen - Communiqué du 21 juin 2007



21/06/2007

Deuxième tir d'essai du missile M51 en dépit des anti-nucléaires

Reuters - 21/06/2007 - BORDEAUX - L'armée française a procédé au deuxième tir d'essai du nouveau missile stratégique M51 destiné à équiper les sous-marins nucléaires lanceurs d'engins, un test dénoncé par les antinucléaires. Hervé Morin, le ministre de la Défense, a exprimé sa grande satisfaction après le succès du deuxième vol expérimental du M51 'effectué, comme toujours, sans arme.' Le précédent tir avait été effectué le 9 novembre dernier.

Le tir de jeudi a été effectué du Centre d'essai de lancements de missiles (CELM) de Biscarosse, dans les Landes, et le missile s'est abîmé dans l'Atlantique nord. Le M51 est destiné à équiper à partir de 2010 les sous-marins nucléaires lanceurs d'engins de nouvelle génération (SNLE) de la force océanique stratégique.

Le porte-parole du collectif 'Non au missile M51', Xavier Renou, a estimé que ce tir constituait 'une violation du traité de non prolifération signé par la France'. 'La France a une nouvelle fois violé le traité de non-prolifération des armes nucléaires dont elle est signataire. C'est une véritable provocation, un message que la France vient d'envoyer au reste du monde', a-t-il dit à Reuters.

Présent au Salon aéronautique du Bourget, le ministre de la Défense s'est félicité du succès de ce deuxième tir après celui réalisé le 9 novembre dernier. 'C'est un exploit technologique absolument indispensable pour l'équipement de la nouvelle génération de missiles nucléaires que nous embarquerons sur nos sous-marins nucléaires lanceurs d'engins', a déclaré Hervé Morin à la presse. Le ministre a indiqué que la France doit sauvegarder sa dissuasion 'totalement indépendante' pour 'sauvegarder notre souveraineté et notre indépendance'.

Depuis quarante huit heures, des activistes du collectif tentaient d'empêcher ce tir en pénétrant dans le CELM. Mardi, certains avaient réussi à franchir les grillages très surveillés du camp avant d'être interpellés, puis relâchés, quelques heures plus tard. Selon Xavier Renou qui se trouvait sur place, le tir a été effectué à 10h14 alors que deux 'inspecteurs citoyens' qui y avaient passé la nuit se trouvaient encore dans le périmètre du CELM, où ils ont été interpellés.

Toujours selon le porte-parole du collectif, huit autres avaient déjà été arrêtés dans la matinée avant le tir. 'On a réussi à décaler le tir au point qu'il a été effectué dans des conditions météo épouvantables de pluie et d'orages. On a réussi à interpeller les autorités et l'opinion et désormais on nous prendra au sérieux', a-t-il assuré.

Source : Réseau Sortir du nucléaire



20/06/2007

Le tir du missile M51 empêché de nouveau par les inspecteurs citoyens !


Une dernière tentative de tir serait programmée pour demain jeudi à 9 H 30 !

Biscarrosse, Centre d’Essais et de Lancement de Missile des Landes ; 20 juin 2007 ; 21h00.


La deuxième journée d’inspection citoyenne du centre d’essais et de lancement de missiles des Landes confirme le succès d’hier et l’efficacité des inspections inopinées pour confondre les pays violateurs du Traité de Non Prolifération, dont la France. Les équipes d’inspecteurs du collectif « non au missile M51 » ont en effet veillé ce jour à ce que les essais du missile nucléaire d’attaque M51, prévus par le CELM, ne puissent avoir lieu, en dépit d’une météo encore très favorable. Une poignée d’entre eux a été interpellée sur la zone sud du CELM par les militaires du 13ème REP, spécialement dépêchés pour l’occasion, et deux autres retenus deux heures à l’entrée du centre située derrière la commune de Saint-Eulalie.

La France avait réservé un créneau de 48 heures ces mardi et mercredi 19-29 juin pour tester une seconde fois son nouveau missile nucléaire d’attaque le M51. La présence de nombreux inspecteurs dans et aux abords du CELM a permis d’empêcher cette provocation à la prolifération nucléaire et balistique. Mais la cellule d’investigation du collectif « non au missile M51 » a reçu ce jour l’information selon laquelle le tir aurait été repoussé in extremis à jeudi matin 9h30. Il est regrettable de voir que le nouveau Ministre de la Défense M. Hervé Morin persiste dans cette politique criminelle du gouvernement précédent : il maintient le programme de construction du missile M51, bien que celui-ci soit contraire à l’article 6 du Traité de Non Prolifération, qui fait obligation aux pays nucléaires comme la France de désarmer.

« Ces tirs d’essai préparés à l’insu des populations constituent de véritables provocations contre la paix », déclare Xavier Renou, porte-parole du collectif « Non au missile M51 ». « On ne peut pas à la fois accuser l’Iran de vouloir se doter de la bombe et menacer ce pays avec un nouveau missile d’attaque qui pourrait opérer des frappes nucléaires soi-disant « chirurgicales » sur la population iranienne. Encore une fois, la France joue au pompier pyromane en s’autorisant à violer ouvertement la lettre et l’esprit du Traité de Non Prolifération. Y aurait-il deux poids deux mesures pour le respect du droit international ? »

Avec le missile nucléaire d’attaque M51, la France cherche à se doter d’une arme de destruction massive capable de frapper des cibles situées à plus de 6000 km. Comme le présentait Jacques Chirac dans un discours prononcé sur la base nucléaire de l’Ile Longue (Brest), le 19 janvier 2006, l’objectif est clair : il s’agit de pouvoir frapper à l’arme nucléaire (avec des têtes nucléaires de puissance réduite, les mini-nukes) les sites stratégiques (militaires, mais aussi industriels ou politiques) d’une puissance régionale pas nécessairement dotée de la capacité nucléaire, mais qui nuirait d’une façon quelconque à nos « approvisionnements stratégiques », notamment pétroliers…

Pour Pierre Villard, également porte-parole du collectif, « après les annonces d’intention des USA d’installer dans plusieurs pays d’Europe des bases du programme de sa défense anti-missile, cette tentative d’essai ajoute à l’instabilité internationale. Il devrait vraiment y avoir d’autres priorités pour le nouveau Président de la République et son nouveau Ministre de la Défense, dont on attend qu’il s’exprime sur la poursuite ou non du programme M51. »

« Il est urgent d’arrêter le programme M51 et de réaffecter ses 15 milliards d’Euros à des dépenses qui favorisent véritablement la paix et la justice, par exemple dans la satisfaction des besoins sociaux ou le domaine de l’énergie, en encourageant la substitution des énergies renouvelables aux énergies fauteuses de guerre » conclut Xavier Renou. »

Contact : Xavier Renou, porte-parole du collectif « non au missile M51 » : 06 64 18 34 21
En cas d’impossibilité : Pierre Villard, 06 82 92 29 46.

Toutes les informations sur la campagne contre le M51 sur www.nonaumissileM51.org

Communiqué du collectif « Non au missile M51 »



20/06/2007

Tentative d'occupation d'un centre de lancement de missiles

BORDEAUX (Reuters) - Des militants antinucléaires ont tenté à nouveau de pénétrer dans le Centre d'essais et de lancement de missiles (CELM) de Biscarrosse (Landes) pour empêcher selon eux un tir d'essai du missile nucléaire à longue portée M51, a rapporté un des organisateurs.

'Quelques-uns ont tenté de pénétrer ce matin dans l'enceinte du CELM mais, soit en ont été empêchés, soit ont été interpellés par les gendarmes', a déclaré Pierre Villard, porte-parole du collectif 'Non au missile M51'.

Mardi, une partie d'une vingtaine d'activistes antinucléaires avaient selon la même source pénétré à l'aube dans le centre, une source policière confirmant que quelques-uns y étaient parvenus avant d'être interpellés, les autres ayant été empêchés de le faire par les gendarmes ou interpellés.

Selon Xavier Renou, un des organisateurs, deux personnes qui avaient réussi à rester dans le camp malgré les forces de l'ordre ont été arrêtées vers 17h00 près du pas-de-tir. Relâchés deux heures plus tard, ils devraient faire l'objet de poursuites judiciaires pour 'intrusion dans un site militaire'.

Xavier Renou avait assuré à Reuters avoir informé le directeur du CELM de la présence d'opposants au M51 sur le site. La direction s'est refusée à tout commentaire.

'Nous avons monté cette opération pour empêcher le tir et de ce point de vue-là nous avons réussi puisqu'à l'heure où je vous parle il n'a toujours pas eu lieu', a dit Pierre Villard. Le second objectif était d''attirer l'attention sur ce tir du M51 prévu dans le plus grand secret en violation de l'article 6 du Traité de Non Prolifération qu'a signé la France'.

Le M51 est un missile nucléaire de la quatrième génération pouvant atteindre une cible à 6.000 km. Succédant au M45, il sera embarqué dans les sous-marins nucléaires lanceurs d'engins et devrait entrer en service en 2010.



20/06/2007

Le M51 reste sur sa rampe

ARMEMENT. --Des militants antimissiles ont pénétré hier dans l'enceinte du Centre de lancement de missiles des Landes et réussi à empêcher le tir prévu

Au départ, ça ressemble à une partie de cache-cache, mâtinée du jeu des gendarmes et des voleurs. A l'arrivée, le Centre de lancement de missiles des Landes (Celm) n'a pas pu procéder au tir du M51. Une première concernant les essais du nouveau missile destiné à équiper les sous-marins nucléaires français.
Hier matin, il fait encore largement nuit quand une trentaine de militants antimissile nucléaire M51 convergent vers Biscarrosse. Plus le Celm approche, plus les gendarmes sont nombreux. En tenue ou en civil, en fourgon bleu foncé ou en voiture banalisée. Tous les carrefours sont tenus, les chemins forestiers aussi. C'est à pied que les jeunes militants venus de la région mais aussi de Bretagne, de Paris ou du Rhône poursuivent leur progression. Alors la chasse aux intrus commence réellement. Un hélicoptère vient en aide aux militaires au sol.

Déjà en novembre. « En novembre dernier, raconte Xavier Renou, nous étions parvenus à pénétrer dans le camp mais pas à empêcher le tir qui n'avait été décalé que d'une vingtaine de minutes. Du coup, on est pris au sérieux avec le déploiement de force qui va avec. Ils savent qu'on a des informateurs et qu'on n'a pas peur. » Les informateurs ont fait passer les détails de l'expérimentation. La fenêtre de tir, c'est hier de 9 heures à 16 heures et aujourd'hui même timing.
Beaucoup des militants qui se nomment eux-mêmes inspecteurs citoyens sont interpellés avant de pénétrer dans l'enceinte du centre. Quelques-uns y parviennent néanmoins. La plupart sont pris à l'intérieur mais au moins deux d'entre eux échappent aux recherches. Les militaires choisissent alors d'ajourner le tir initialement prévu à 9 heures. « Alors que la météo était idéale, ils n'ont pas tiré, se réjouit Xavier Renou. C'est un plein succès pour cette inspection. »
A la direction du Celm, on se refuse à communiquer. « Pas de commentaires sur ce qui se passe », se borne à lâcher un officier. Préfecture et gendarmerie ne commentent pas non plus. Les habitants de Biscarrosse en revanche confirment l'information donnée par les militants. « Compte tenu du bruit qui accompagne un tir, on l'aurait entendu », certifie un riverain.

Nouvelle fenêtre aujourd'hui. Pendant que l'hélicoptère continue de patrouiller à la recherche des derniers intrus (finalement capturés en fin d'après-midi), sur la plage, face au centre, Pierre Villard, président du Mouvement de la paix, livre la philosophie de cette action à la fois commando et médiatique.
« Nous menons une opération de salubrité publique de la paix L'objectif consiste à interpeller les citoyens et les autorités publiques sur ce à quoi va servir le missile M51. La France a signé un traité de non-prolifération et ne le respecte pas. On repart dans la course aux armements. Le budget pour le programme missile M51 est estimé à 15 milliards d'euros qui pourraient être affectés à autre chose. »
Aujourd'hui, les inspecteurs citoyens vont tenter d'empêcher à nouveau le tir du M51.
Jean-François Renaut

Sud Ouest 20 Juin 2007



20/06/2007

Un missile M51 cloué au sol à Biscarrosse

Les « inspecteurs citoyens » ont fait capoter le tir. Hier matin, ils étaient une vingtaine à pénétrer sur la base du centre d’essai et de lancement de missiles (Celm) de Biscarrosse, où un tir de test de missile M51 était prévu à 9 h. « Tant qu’il y a des gens sur place, le tir ne peut avoir lieu », explique Pierre Villard, porte-parole du collectif Non au missile M51 et président du Mouvement pour la paix.
Certains militants ont été interceptés par l’armée, tandis que d’autres, mieux cachés, étaient toujours dans la nature à 16 h, selon le collectif. « Notre objectif était de perturber le tir de manière nonviolente, précise Pierre Villard. Nous voulions également briser le mur de silence qui entoure ces programmes militaires. »
Les militants y voient « une course à l’armement » qui doit être stoppée. « La France a rejoint le traité de non-prolifération en 1992 et au lieu de montrer l’exemple, elle continue de moderniser sa force de frappe nucléaire », dénonce le porte-parole du collectif. De son côté, l’armée n’a pas confirmé l’échec de l’opération.Unpremier tir de test avait été effectué en novembre, avec succès.

20 minutes - Bordeaux - 20 juin 2007 et Réseau Sortir du nucléaire



19/06/2007

Flagrant délit pour la France : des inspecteurs citoyens empêchent in extremis un nouveau tir du missile nucléaire d’attaque M51 !


Communiqué du 19 juin 2007

Biscarrosse, Centre d’Essais et de Lancement de Missiles des Landes.


Ce jour, plusieurs équipes d’Inspecteurs citoyens du collectif « Non au missile M51 » ont procédé à l’inspection inopinée du Centre d’Essais et de Lancement de Missile des Landes. La cellule d’investigation du collectif avait en effet pu découvrir qu’un nouveau tir d’essai du missile nucléaire d’attaque français, le M51, était prévu ce matin à 9 h 00, dans le plus grand secret. Constatant le flagrant délit de violation de l’article 6 du Traité de Non Prolifération, rejoint par la France en 1992, les Inspecteurs ont immédiatement interrompu le tir et s’emploient en ce moment même à collecter les preuves du crime contre le droit international et la paix préparé au Centre d’Essais et de Lancement de Missiles des Landes.

L’inspection s’est déroulée dans des conditions extrêmement difficiles : des centaines de gendarmes et autant de militaires avaient été prédisposées depuis la veille et toute la nuit à toutes les intersections et chemins de randonnée des abords du Centre d’Essai et de Lancement de Missiles des Landes. Malgré l’interpellation d’une partie des inspecteurs à l’intérieur et à l’extérieur du CELM, le tir a été bloqué.

« Ces tirs d’essai préparés à l’insu des populations constituent de véritables provocations contre la paix », déclare Pierre Villard, porte-parole du collectif « Non au missile M51 ». « On ne peut pas à la fois accuser l’Iran de vouloir se doter de la bombe et menacer ce pays avec un nouveau missile d’attaque qui pourrait opérer des frappes nucléaires soi-disant « chirurgicales » sur la population iranienne. Encore une fois, la France joue au pompier pyromane en s’autorisant à violer ouvertement la lettre et l’esprit du Traité de Non Prolifération. Y aurait-il deux poids deux mesures pour le respect du droit international ? »

Avec le missile nucléaire d’attaque M51, la France cherche à se doter d’une arme de destruction massive capable de frapper des cibles situées à plus de 6000 km. Comme le présentait Jacques Chirac dans un discours prononcé sur la base nucléaire de l’Ile Longue (Brest), le 19 janvier 2006, l’objectif est clair : il s’agit de pouvoir frapper à l’arme nucléaire (avec des têtes nucléaires de puissance réduite, les mini-nukes) les sites stratégiques (militaires, mais aussi industriels ou politiques) d’une puissance régionale pas nécessairement dotée de la capacité nucléaire, mais qui nuirait d’une façon quelconque à nos « approvisionnements stratégiques », notamment pétroliers…
Pour Pierre Villard « Après les annonces d’intention des USA d’installer dans plusieurs pays d’Europe des bases du programme de son défense anti-missile, cette tentative d’essai ajoute à l’instabilité internationale. Il devrait vraiment y avoir d’autres priorités pour le nouveau Président de la République »

« Il est urgent d’arrêter le programme M51 et de réaffecter ses 15 milliards d’Euros à des dépenses qui favorisent véritablement la paix et la justice, par exemple dans la satisfaction des besoins sociaux ou le domaine de l’énergie, en encourageant la substitution des énergies renouvelables aux énergies fauteuses de guerre » conclut Pierre Villard.

Contact : Pierre Villard, porte-parole du collectif « non au missile M51 » : 06 82 92 29 46.
En cas d’impossibilité : Xavier Renou : 06 64 18 34 21

Toutes les informations sur la campagne contre le M51 sur www.nonaumissileM51.org

Ajout 20 Juin 2007 : Les derniers inspecteurs n’ont été interpellés hier qu’à 17 heures, après plus de 12 heures d’inspection du CEL.. Une nouvelle journée d’inspection citoyenne commence au centre d’essais et de lancement de missiles des Landes.

Ecouter les reportages sur cette inspection citoyenne en page Medias

Collectif Non au missile M51



15/06/2007

Centrale nucléaire de Brennilis : Un huissier mandaté par le Réseau 'Sortir du nucléaire' a signifié à EDF l'obligation d'arrêter les travaux

Une visite de la centrale aura lieu mardi 19 juin après-midi

Mercredi 6 juin 2007, saisi par le Réseau 'Sortir du nucléaire', le Conseil d'État a annulé le décret du 9 février 2006 autorisant le démantèlement complet de la centrale nucléaire de Brennilis.

Ce jour, vendredi 15 juin, le Réseau 'Sortir du nucléaire', représenté par son administratrice Chantal Cuisnier, s'est présenté devant la centrale de Brennilis avec un huissier afin de signifier à EDF l'obligation d'arrêter les travaux.

Les dirigeants de la centrale ont signifié qu'ils avaient accepté de se conformer à la décision du Conseil d'Etat. Quelques travaux de sécurisation sont en cours et devraient être achevés avant la fin du mois de juin. Les opérations de démantèlement sont donc bel et bien stoppées.

EDF a accepté que Réseau 'Sortir du nucléaire' et son huissier fassent une visite de la centrale, qui aura lieu mardi 19 juin après-midi, pour s'assurer de la mise en oeuvre de la décision de justice.
Communiqué du vendredi 15 juin 2007

Réseau 'Sortir du nucléaire' - Fédération de 799 associations



14/06/2007

Menaces d'intrusion au Centre d'Essais de Lancement de Missiles des Landes

A voir absolument, l'arrêté préfectoral qui se substitue aux maires pour interdire pendant une semaine toute circulation sur les plages de plusieurs communes, toute baignade, toute activité nautique, toute promenade, et toute circulation dans les alentours du CELM :

Fichier pdf, 2 Mo

Mais de quoi ont-ils peur ?

Préfecture des Landes



13/06/2007

Prison avec sursis requise contre le porte-parole du Réseau Sortir du nucléaire

L'avocat général de la cour d'appel de Bordeaux a requis mercredi après-midi une peine de prison avec sursis à l'encontre du porte-parole du Réseau Sortir du nucléaire Stéphane Lhomme, poursuivi pour rébellion et violences sans ITT sur un magistrat.

Stéphane Lhomme avait été condamné à 1.000 euros d'amende avec sursis en première instance pour les faits qui lui sont reprochés, et qu'il conteste. Le parquet avait fait appel de cette condamnation qu'il considérait trop clémente. 'Je veux bien être condamné pour des faits que j'ai commis comme arrêter un train de déchets nucléaires en gare de Bordeaux, mais pas pour des faits dont je suis innocent', a déclaré M. Lhomme mercredi.

Le 27 octobre 2006, le militant avait escaladé un échafaudage installé au Palais de justice de Bordeaux pour demander l'instruction d'une plainte déposée trois ans auparavant contre EDF et la centrale nucléaire du Blayais qui avait rejeté ses eaux de refroidissement dans la Gironde sans autorisation pendant plusieurs mois, un délit passible de deux ans d'emprisonnement, selon le militant antinucléaire.

Un officier de police était intervenu pour le faire descendre de l'échafaudage, avant qu'un substitut du procureur ne rejoigne Stéphane Lhomme à 15 mètres du sol. Ce dernier aurait ensuite refermé une trappe métallique sur la jambe du magistrat. Il affirme que le substitut a volontairement engagé son pied dans la trappe au moment où il refermait celle-ci. Il nie donc la rébellion et les violences à magistrat.

Le jugement a été mis en délibéré au 19 septembre.

Associated press - 13.06.2007



13/06/2007

On se croirait sous Chirac...

QUELQUES infos qui auraient pu (dû) faire quelque bruit. D'abord les OGM : on s'en souvient peut-être, le nouveau chef de l'Ecologie sarkozyste, Alain Juppé, avait déclaré voilà quinze jours que, puisque l'Allemagne venait d'interdire le maïs transgénique Mon 180, à la suite d'une demi-douzaine d'autres pays européens, la France pouvait «s'en inspirer» à son tour (« Le Canard », 30/5). Ce maïs étant potentiellement dangereux, c'était là l'occasion pour not' président Sarkozy et son gouvernement de prouver qu'ils étaient devenus aussi vachtement écolos qu'ils le pré tendaient.

Mais, taclé aussi sec par sa consoeur ministre de l'Agriculture, Juppé a remballé discrètement sa velléité écolo. Aujourd'hui, les 50 000 hectares de maïs Mon180 sont semés. Et les faucheurs aiguisent leur faux. On se croirait sous Chirac. Mercredi 6, le Conseil d'Etat a annulé le décret de démantèlement de la centrale nucléaire de Brennilis. Elle est arrêtée depuis plus de vingt ans. Les travaux de démantèlement, prévus pour durer jusqu'en 2018, devaient passer à la dernière phase, et s'attaquer au réacteur lui-même. Mais les écolos de l'association Sortir du nucléaire veillaient au grain : EDF, voulant passer en force (c'est une habitude) et démanteler à grande vitesse (dix-huit ans au lieu des quarante ans prévus) afin de prouver que c'est fastoche, s'est abstenue de mettre à disposition du public l'étude d'impact des travaux. Mais qu'informer le populo sur les conséquences environnementales de pareil chantier relève désormais d'une obligation imposée par l'Europe. D'où ce coup d'arrêt qui la fiche mal.

Cet épisode nous rappelle que Brennilis est un réacteur riquiqui (70 MW), qu'il va y en avoir une cinquantaine d'autres à démanteler autrement plus grandioses (jusqu'à 1 450 MW), et que ça va durer bien plus longtemps, et coûter autrement plus cher que ce qu'on nous raconte. A titre de comparaison, rappelons que l'Angleterre a évalué à 103 milliards d'euros le coût du démantèlement de ses (rares) centrales nucléaires, tandis qu'EDF se vante d'avoir provisionné 27 milliards, pas plus, pour les siennes. On se croirait toujours sous Chirac.

Le 1er juillet prochain,le marché de l'énergie sera «libéralisé», comme on dit. C'est-à-dire que des tas de nouveaux fournisseurs vont se mettre à démarcher les particuliers et à leur promettre des tarifs mirobolants, nettement moins élevés que ceux d'EDF. Or, comme le note UFC-«Que Choisir», ceux qui renonceront aux tarifs réglementés d'EDF-GDF ne pourront plus y revenir par la suite, lorsque les alléchantes offres promotionnelles se seront dégonflées et que les prix se mettront à grimper aux rideaux. Impossible de faire machine arrière ! Cette mésaventure est d'ailleurs déjà arrivée à nombre d'entreprises qui avaient fait ce choix en 2004, et ont vu ensuite leur facture bondir de 60 %. UFC-«Que choisir» a lancé une campagne sur ce sujet, afin de mettre en garde les naïfs qui s'aviseraient de craquer. Les médias ne l'ont guère relayée : comme sous Chirac...

Le Canard enchaîné - mercredi 13 juin 2007- Jean.Luc Porquet / Transmis par le Réseau Sortir du nucléaire



19/02/2007

Armées : le budget fou de Bush

Six cent vingt-trois milliards de dollars. C'est le chiffre astronomique des dépenses militaires américaines pour 2008. Il comprend le budget ordinaire du Pentagone et le surcoût de la guerre d'Irak. Il est en augmentation de 10,5 % par rapport à l'année précédente et de 62 % par rapport à 2001. Malgré cela, les chefs d'état-major des trois armes se plaignent de n'avoir pas suffisamment d'argent pour le système de communication satellitaire de pointe Tsat et déplorent la diminution du nombre de navires de guerre. Mais quelle serait l'ampleur d'un budget acceptable pour eux ? Les Etats-Unis devraient dépasser la barre des 50 % de dépenses militaires. A eux seuls, ils sont responsables de 80 % de la hausse mondiale des dépenses militaires mondiales. Pendant la guerre du Vietnam, les dépenses militaires représentaient 9,4 % du PNB américain. Elles ne sont aujourd'hui que de 4 %, mais c'est une remontée puisqu'elles n'étaient que de 3 % avant le 11-Septembre. La guerre d'Irak a d'ores et déjà coûté aussi cher que celle du Vietnam, soit 660 milliards de dollars. C'est bien une nouvelle course à l'armement qu'ont lancée les Etats-Unis, mais une course solitaire et bien inutile. En 1989, avant la chute du mur de Berlin, les Etats-Unis avaient, en dollars constants, dépensé 450 milliards de dollars. La guerre contre le terrorisme coûte donc bien plus cher que celle contre l'Union soviétique. La Chine, même si les statistiques peuvent n'être pas tout à fait fiables, réalise moins de 40 milliards de dollars en dépenses militaires, ce qui la place dans un rapport de 1 à 10, voire moins, avec les Etats-Unis. Si les dépenses militaires chinoises ont triplé depuis dix ans, elles restent bien modestes comparées à celles des Etats-Unis. Tandis qu'avec 18 milliards de dollars, la Russie est loin derrière. L'Iran, qui fait si peur aux Etats-Unis, dépense 4,5 milliards par an ! Le Royaume-Uni 50, le Japon 45, la France 41 et l'Inde 22 milliards. Tous sont des nains militaires par rapport aux Etats-Unis. Mais ces derniers en tirent-ils un avantage si évident ?

A quoi peut servir cette véritable gabegie ? L'augmentation exponentielle des dépenses militaires américaines est un défi à toute rationalité. George W. Bush peut-il dire, au moment où les besoins sociaux de son pays sont importants, où il ne semble pas que l'on ait tenu compte des leçons de l'ouragan Katrina, que c'est par ce biais qu'il peut réellement améliorer la sécurité de ses compatriotes ? Concrètement, les Etats-Unis sont-ils plus en sécurité aujourd'hui qu'il y a six ans ? C'est loin d'être certain. Faut-il rappeler que la menace terroriste est par définition asymétrique et que les attentats du 11-Septembre n'ont coûté «que» 100 000 dollars, selon un rapport de l'Organisation des Nations unies ? L'irrationalité semble aux commandes. Plus Washington augmente ses dépenses militaires, plus il est tenté d'utiliser la force et plus il développe l'hostilité à son égard, et donc son insécurité. Comment ne pas voir que l'approche du tout-militaire qui semble guider la réflexion des Etats-Unis est une impasse non seulement pour eux-mêmes, mais aussi pour le monde entier ? Les 660 milliards dépensés pour la guerre d'Irak ne sont pas venus augmenter la sécurité, mais au contraire ont développé l'insécurité et la violence. N'auraient-ils pas été mieux utilisés à des fins de développement, d'éducation ou de santé publique ? L'Organisation mondiale de la santé estime à 25 milliards de dollars par an l'effort nécessaire pour éradiquer le sida, la malaria et les maladies établies grâce à la vaccination. Cet argent n'est pas réuni et des millions de personnes, dont de nombreux enfants, en meurent chaque année.

Les Etats-Unis, avec leur armée, sont très économes avec les pays du Sud. Alors que les Nations unies ont fixé à 0,7 % du PNB des pays riches le niveau nécessaire de contribution à l'aide publique au développement pour éradiquer la misère, Washington ne consacre que 0,13 % à cet objectif.

Faut-il d'ailleurs rappeler qu'en 2006, le chiffre total de l'aide publique mondiale au développement a été de 100 milliards de dollars, dont 19 milliards qui concernent l'allègement massif de la dette irakienne ? L'Irak aura donc, outre le coût de la guerre, représenté cette année un cinquième de l'aide publique au développement.

L'ONU estime qu'avec 15 milliards de dollars par an, on pourrait fournir de l'eau potable à l'ensemble des habitants de la planète, avec 20 milliards on pourrait éliminer la sous-alimentation, tandis qu'avec 12 milliards on fournirait une éducation de base à chaque enfant. Imaginons que les Etats-Unis prennent en charge ne serait-ce qu'un de ces objectifs, au lieu d'augmenter leurs dépenses militaires, la popularité qu'ils en tireraient serait une bien meilleure contribution à leur propre sécurité.

Pascal Boniface - Libération - 19 février 2007




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