Campagnes
LES NANOTECHNOLOGIES
Constats
Il y aurait dans le monde plus de 1600 entreprises actives dans les nanotechnologies (technologies à l'échelle du nanomètre) et plus de 2000 nanoproduits déjà commercialisés sans avoir été testés pour leur innocuité.
Et ce n’est qu’un début : après l’agroalimentaire, la cosmétique, l’informatique, la téléphonie mobile, les nanotechnologies arrivent à grand pas dans l’automobile, le bâtiment, l’aéronautique, le textile, le biomédical, la biotechnologie, la biométrie, la surveillance électronique, l’armement …BASF, Bayer, Danone, Heinz, Nestlé, Unilever, l’Oréal, IBM… investissent déjà dans les nanotechnologies. Et pour cause : le marché des nanotechnologies est estimé à plus de 1700 milliards d’euros à l’horizon 2015.
Le gouvernement français, lui-même, finance, avec l’argent des contribuables, des recherches dans ce domaine (un investissement de 70 millions d’euros pour 2009 a été lancé avec le plan Nano Innov). Et c’est ce même gouvernement d’ailleurs qui a organisé fin 2009 des débats publics menés par la Commission Nationale du Débat Public sur les nanotechnologies, non pas pour débattre (les décisions, les investissements avaient déjà été faits) mais pour nous convaincre d’accepter les nanotechnologies.
Et tout ça, selon ses partisans, parce que les nanotechnologies permettraient de fabriquer des produits plus performants, plus résistants, moins chers et moins polluants tout en permettant de consommer moins de matière et d’énergie.Bref, grâce aux nanotechnologies, non seulement la planète va être sauvée, mais en plus nos vies, notre quotidien vont être « révolutionnés » : avec les nanotechnologies plus besoin de nettoyer, de réparer, de faire, de penser… les nanomachines s’occupent de tout. Dans le nanomonde, les vêtements ne se tâchent plus, les vitres s’auto-nettoient, les médicaments sont « intelligents », les emballages alimentaires nous informent quand les aliments sont périmés, les frigos font les courses à notre place, les doudous racontent des histoires à nos enfants, les objets, les citoyens, les animaux ou autres espèces vivantes et inertes sont pucés, tracés, etc.
Bref, des champs d’applications et des profits financiers prometteurs pour les industriels mais qui de toute évidence ne sont pas sans risque et sans effet sur la santé et l’environnement, sur les libertés individuelles et collectives, sur le vivre ensemble, sur le devenir Humain, sur la Vie…
Problèmes et risques
En effet, avec les nanotechnologies les risques sont bien réels :
Les nanoproduits et les nanoaliments ont été et sont encore commercialisés sans avoir été testés pour leur innocuité et en l’absence de tout débat démocratique, de tout étiquetage, de toute réglementation. La présence de nanoparticules ou nanotubes de carbone non biodégradables et potentiellement toxiques pour l’environnement et l’atmosphère pourrait être une source de danger comparable à celle de l’amiante ou de la radioactivité. Par ailleurs, comment être sûr, sans test, que les nanotechnologies qui sont censées dépolluer l’environnement seront moins toxiques que les polluants qu’elles sont censées nettoyer ? Du fait de leur toute petite taille, les nanoparticules contenues dans les nanoaliments vont pouvoir pénétrer plus facilement dans notre organisme et donc risquent d’altérer et d’endommager plus facilement nos défenses immunitaires, notre ADN. Les nanotechnologies appliquées à la biotechnologie risquent de faciliter et d’accélérer l’expansion des OGM et avec elles la privatisation du vivant via le brevetage.Par ailleurs, la maîtrise et le développement des nanotechnologies par un nombre restreint de pays (les pays riches) ne risque-t-il pas d’accélérer et d’accentuer les déséquilibres, les inégalités entre les pays du Nord et du Sud ? Et quel intérêt, quelle place pour la Vie, pour l’Homme, pour le vivre ensemble si nous n’avons plus besoin d’être, de faire, d’éduquer, de partager, de penser, de vivre … dans le nanomonde ?
Et si les nanodispositifs de surveillance, de traçabilité, d’identification de type RFID se développent, c’est-à-dire, si l'État et les industriels peuvent grâce aux nanotechnologies « tout savoir, sur toute personne, sur tout objet, à tout moment, où qu’il se trouve », quelle liberté, quel droit restera-t-il aux citoyens ? Et que dire aussi des nouvelles armes chimiques et bactériologiques permise par les applications nanobiologiques ? On le voit, les inquiétudes sont immenses, légitimes, et mériteraient un débat véritable AVANT toute décision d'investissement industriel.
Solutions
Pour lutter contre les nanotechnologies, les désobéissants :
ont soutenu les actions menées pour interrompre le faux débat public organisé pour faire accepter les nanos. défendent, y compris au moyen de la désobéissance civile lorsque celle-ci devient le seul recours, le principe d'un monde au centre duquel figurerait la logique du bien commun et non celle du profit. participent aux actions directes non-violentes des pacifistes contre l'industrie d'armement (qui explore avidement les nanosciences), et à celles des chercheurs qui résistent à la privatisation de la recherche publique.
Le débat-bidon sur les nanotechnologies perturbé par des citoyens à Lyon
Video de latelevisionpaysanne
Pour en savoir plus, pour agir
Et un livre incontournable :Pièces et main d’œuvre : Aujourd'hui le nanomonde.
Nanotechnologies, un projet de société totalitaire. L'échappée 2008.
La possession de merveilleux moyens de production n'a pas apporté la liberté, mais le souci et la famine.
Albert Einstein